LIARD Claude, Georges, Charles alias Benjamin dans la résistance

Par Brigitte Dumas, Eric Panthou

Né le 15 mars 1929 à Garches (ex Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine), tué le 19 août 1944 à Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire) ; étudiant ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Stèle élevée sans doute par les parents de Claude Liard, en bordure de la route de Chomelix à Craponne.

Fils de Fernand, Jean, Désiré, agent d’assurances, et de Marie Françoise Lauprêtre, sans profession, Claude Liard était fils unique. Il perdit sa mère à l’âge de 3 ans et fut élevé à Garches par son père et sa grand-mère.
Alors que Garches est durement touchée par l’Occupation allemande, son père l’envoie dans le Puy-de-Dôme pour le mettre à l’abri et pour qu’il souffre moins des restrictions.
Il est considéré comme étudiant, célibataire. Il aurait habitait Ambert (Puy-de-Dôme) dans un premier temps. En juin 1944, Claude Liard arriva chez un cultivateur du hameau de La Fayolle, commune de Meynerolles (Haute-Loire). Sans expérience de la vie à la campagne, il fut affecté à la garde des vaches.
Au mois de juillet 1944, un groupe de résistants se replie dans une ferme voisine et fascine l’adolescent. Leur chef, le capitaine Antoine, lui promet de l’emmener dans le maquis comme agent de liaison malgré son jeune âge.
Il partit un matin avec les maquisards et rejoignit un hameau de Saint-Sauveur-la-Sagne à près de 1 200 mètres d’altitude. Il commença par des actions d’agent de liaison, transporta des explosifs servant à des attentats sur des ponts, échappa à l’arrestation lors d’un contrôle par les Miliciens.
"Le 18 août, une colonne allemande part du Puy en direction de Saint-Étienne. La compagnie se met en embuscade au village d’Estables sur la commune de Félines. Le lendemain, le capitaine Antoine reçoit l’ordre d’occuper le nord de Chomelix afin d’arrêter les Allemands à leur sortie du bourg. Ce dernier ne veut pas que Claude Liard participe à cette intervention qu’il juge beaucoup trop dangereuse. Mais Claude insiste tellement qu’il obtient finalement gain de cause. Il est placé comme sentinelle à l’orée d’un bois…" (L’éveil de la Haute-Loire, 1er avril 2021).
Le 19 août 1944, les échanges de tirs durèrent trois heures au village d’Estables et firent deux morts côté allemand. D’autres tirs eurent lieu à Chomelix, pendant une heure. Claude Liard qui avait été placé sur une position jugée plus sûre se retrouva seul face à une unité SS qui avait contourné Chomelix. Il tira plusieurs balles, se déplaça, blessa deux allemands, mais fut touché au thorax. Il aurait plutôt été tué par un canon antichar de calibre 44 qu’une automitrailleuse comme le pense Brigitte Dumas. Selon le témoignage de François Brunel, qui recueillit le corps de Claude Liard, tenant encore sa carabine, il avait été tué par un éclat de mortier ou d’obus.
Il n’y avait pas d’automitrailleuse dans le premier convoi d’ouverture de route, mais les allemands avaient mis un petit canon en batterie lors des combats des Fauchers car ils avaient été sérieusement accrochés par 3 détachements de maquisards, celui d’Antoine, celui de Claude et la B.S. du Wodli. Claude Liard n’a pas été tué à l’endroit où se trouve la stèle à son nom, mais à l’intérieur du bois. Le corps du jeune Liard avait été déposé dans une cabane près de la route avant d’être conduit à la morgue de l’hôpital de Craponne.
" La ville lui organise une grande cérémonie d’hommage puis, au début de l’après-midi, un camion du maquis l’emmène à Saint-Sauveur-la-Sagne. Il est inhumé dans le cimetière de la commune après une cérémonie religieuse". Il fut plus tard inhumé à Garches.
A Craponne-sur-Arzon, le même jour, deux prisonniers sont abattus froidement : Émile Chevalier, du camp Wodli, blessé au cours d’un combat, et Jean Vauris.

Claude Liard était âgé seulement de 15 ans.
Il a été reconnu Mort pour la France. Claude Liard a reçu à titre posthume le 26 mars 1945, la Croix de guerre avec palme.

Une plaque en sa mémoire a été apposée dans le bourg de Chomelix (Haute-Loire) en bordure de la route allant de Bellevue-la-Montagne à Craponne-sur-Arzon. Son nom a été donné à une rue de Garches et figure sur le monument aux Morts de la commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238024, notice LIARD Claude, Georges, Charles alias Benjamin dans la résistance par Brigitte Dumas, Eric Panthou, version mise en ligne le 5 février 2021, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Brigitte Dumas, Eric Panthou

Stèle élevée sans doute par les parents de Claude Liard, en bordure de la route de Chomelix à Craponne.

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 84588, dossier Claude Liard (nc). — Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983. — Estivareilles-1944-un-parcours-de-la-memoire. — Brigitte Dumas, "Claude Liard, un Résistant de 15 ans, mort pour la France à Chomelix", L’éveil de la Haute-Loire, en ligne, 1er avril 2021. — Mémorialgenweb. — Généanet. — Mail de Roger Maurin, le 8 avril 2021. — État-civil Craponne-sur-Arzon et Garches.

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