CATTO Gabriel, Maurice

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 5 novembre 1917 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 24 septembre 1984 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; apprenti forgeron, puis plus tard docker (chef d’équipe) ; militant communiste de Martigues ; résistant.

Grève de 1936 aux Chantiers et Ateliers de Provence de Port-de-Bouc. Gabriel Catto est en bas à gauche, un foulard autour du coup. [photo extraite de l’ouvrage de Jacky Rabatel - p.41]

En 1936, Gabriel Catto était apprenti-forgeron aux Chantiers et Ateliers de Provence de Port-de-Bouc. Il participa à la grève du mois de juin. Encouragés par la signature des Accords Matignon les 7 et 8 juin, les ouvriers de l’entreprise se mirent en grève le 8 pour obtenir des augmentations de salaires, des mesures de sécurité et d’hygiène et de nouveaux statuts pour le personnel. Le travail reprit le 15 juin, car les grévistes avaient obtenu des augmentations de 13% et la signature de contrats collectifs. Leur succès servit de modèle à d’autres entreprises dans les villes voisines qui se mirent aussitôt en grève.

Chef d’équipe aux Établissements Maritimes de Caronte (Martigues), il témoigna avoir été recruté par Paul-Baptistin Lombard en juin 1942 pour entrer dans la résistance (il avait alors vingt-cinq ans). Formant un triangle clandestin avec un certain Carabadjal et un Algérien que Jacky Rabatel nomma Tayeb B., Gabriel Catto recueillait des renseignements sur le port et sabotait comme il pouvait le trafic destiné à l’Allemagne, par exemple en ajoutant du ciment aux phosphates et en introduisant du sable dans les boîtes de graisse des essieux des wagons.

Plus tard il se fit embaucher à la CFR, raffinerie de La Mède, sur la commune voisine de Châteauneuf-les-Martigues, avec son camarade Carabadjal. C’est Catto qui indiqua à Paul-Baptistin Lombard comment dérober des bidons d’essence dans l’entreprise en passant par le "rak" (pipeline reliant la raffinerie à l’étang de Berre) qui surplombait la route. Le 22 février 1944, deux voitures de FTP vinrent faire le coup après la tombée de la nuit : une Peugeot 402 (avec à son bord Maurice Tessé et Jacques Vridas) et une traction avant (avec Henri Bonifay, Marius Arnaud, Henri Arnaud et Auguste Tolosano [orthographié Tolozano par Rabatel]).

Le 22 août 1944, alors que les habitants de Martigues fêtaient leur libération ayant eu lieu la veille, c’est Gabriel Catto qui fut le premier à voir arriver le détachement de trois chars américains envoyés dans leur ville pour y tenir les ponts. Il était alors en faction au nid de mitrailleuses installé sur le château d’eau de la raffinerie de La Mède.

Il est enterré à Martigues au cimetière Saint-Joseph dans une tombe adjacente à celle du résistant Paul Di Lorto.

Le site "Mémoire des Hommes" mentionne son nom. Le Service historique de la Défense de Vincennes dispose de documents le concernant à la cote GR 16 P 112151 de ses archives.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238080, notice CATTO Gabriel, Maurice par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 20 février 2021, dernière modification le 7 février 2021.

Par Renaud Poulain-Argiolas

Gabriel Catto [photo extraite de l’ouvrage de Jacky Rabatel - p. 223]
Grève de 1936 aux Chantiers et Ateliers de Provence de Port-de-Bouc. Gabriel Catto est en bas à gauche, un foulard autour du coup. [photo extraite de l’ouvrage de Jacky Rabatel - p.41]

SOURCES : Mémoire des Hommes, SHD Vincennes, GR 16 P 112151 (nc). — Jacky Rabatel, Une ville du Midi sous l’Occupation : Martigues, 1939-1945, Centre de Développement Artistique et Culturel, 1986 (pp. 41, 42, 156, 224, 255, 294). — Données du site Généanet. — Cimetière Saint-Joseph de Martigues.

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