PEYRON Baptiste

Par Michelle Destour

Né le 22 avril 1907 à Séneujols (Haute-Loire), victime civile le 20 juillet 1944 au lieu-dit "Tournant Saint-Simon" à Lavoûte-sur-Loire (Haute-Loire) ; chauffeur-mécanicien du service des Ponts et Chaussées.

Fils de Léon et de Bonnefoy Elise. Marié, père d’un enfant, il était domicilié rue des Capucins, au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

Le 20 juillet 1944, une douzaine de maquisards du Groupe Lafayette, cantonnés à Présailles (Haute-Loire), étaient en embuscade au-dessus de la falaise qui domine le grand virage Saint-Simon. Guettant un éventuel passage de militaires allemands de la garnison du Puy-en-Velay et ne voyant rien venir, ils s’installèrent vers midi pour manger au soleil. Vers 13 heures, ils entendirent un bruit de moteur qui les mit en alerte : onze camions convoyant des soldats arrivaient sur la route. Une erreur de commandement - un coup de sifflet répercuté par l’écho - signala leur présence à l’ennemi mais leur position dominante leur permit d’ouvrir un feu nourri de fusil-mitrailleur Bren contre l’adversaire à découvert. La riposte ne se fit pas attendre et les maquisards durent décrocher. Ils se replièrent sans trop d’encombre, ce qui ne fut pas le cas des camions ennemis. Le 21 juillet, le commissaire de police du Puy signala ainsi l’engagement au préfet : « le 20 juillet 1944 à 13 heures, un convoi militaire allemand a été attaqué par un groupe de "maquisards" à 7 kilomètres du Puy sur la route de Lavoûte-sur-Loire… deux soldats allemands ont été blessés. On ignore jusqu’à présent s’il y a d’autres victimes de part et d’autre. {} »

Au moins une autre victime fut découverte dans le convoi allemand ainsi stoppé : Baptiste Peyron, chauffeur-mécanicien au service des Ponts et Chaussées, qui avait été réquisitionné par les autorités allemandes, avait perdu la vie dans l’engagement. Son décès fut constaté par le docteur Maleysson requis par l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. Un certificat signé le 25 novembre 1944 par le Lieutenant-Colonel Gévolde, commandant de la subdivision militaire de la Haute-Loire, atteste que Baptiste Peyron a été victime d’un fait de guerre et émet un avis favorable à l’inscription de la mention « Mort Pour La France » sur son acte de décès. Son nom figure sur la plaque commémorative de la mairie du Puy-en-Velay et sur le monument aux morts de Séneujols. Il n’est pas retrouvé sur le Site de Mémoire des Hommes.

Lucien Volle, qui commandait le détachement venu de Présailles, fait le récit de l’embuscade des années plus tard mais la situe au 17 juillet 1944. Il fait alors état de 20 soldats de la garnison allemandes du Puy décédés ce jour-là.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238144, notice PEYRON Baptiste par Michelle Destour, version mise en ligne le 8 février 2021, dernière modification le 8 février 2021.

Par Michelle Destour

Sources : Lucien Volle, La Résistance, des maquis de Haute-Loire jusqu’au bord du Rhin, la singulière épopée du Groupe Lafayette, 4ème édition à compte d’auteur, imprimerie Jeanne d’Arc, 30 janvier 2010. — Site MémorialGenWeb - Arch. Dép. Haute-Loire : Fonds Séjalon 300J64. — Régistres militaires, année 1927, matricule 515, dossier Baptiste Peyron (nc). — État-civil de Séneujols.

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