VILLAIN Maurice, Achille, Joseph

Par Daniel Grason

Né le 25 septembre 1922 à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 20 juillet 2009 à Bouffémont arrondissement de Montmorency (Val-Oise) ; communiste ; résistant.

Fils d’Achille et d’Angèle née Tholot, Maurice Villain vécut à partir de 1940 chez Georges Munier au 40 rue Henri Poincaré à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Célibataire, manœuvre à l’entreprise T.E.M à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), il vivait chez Georges Munier au 40 rue Henri Poincaré à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Il était chargé de livrer des paquets de tracts à des militants qui les distribuaient.
Lors de l’arrestation de Faterman au 11 rue des Récollets à Paris (XIe arr.), les policiers saisissaient dans le local une bicyclette, immatriculée sous le n° 5633 Y.C.3 elle portait une plaque d’identité au nom de Lagneau, Foyer du Fonctionnaire 44 à Eaubonne (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), et était immatriculée sous le n° 5633 Y.C.3.
Interrogé Lagneau déclara avoir vendu son vélo à Maurice Villain. Ce dernier, interpellé par des policiers a été emmené pour interrogatoire au commissariat du quartier des Quinze Vingt à Paris (XIIe arr.). D’emblée il déclara : « Je loge chez Munier depuis le mois de février 1941. Je suis au parti communiste depuis un an environ. J’y suis entré pour voir comment c’était. »
Il reconnaissait avoir acheté un vélo à monsieur Lagneau qui habitait Essonnes, « Il y a un an environ et par la suite je ne m’en suis pas beaucoup servi ». Il avait travaillé six mois au service rural et l’hiver du fait du mauvais temps, il ne l’utilisa pas. Il assuma le fait de ne pas avoir effectué le changement de carte grise. Toutefois, il l’utilisait parfois, mais rarement et le l’avait prêté à personne.
Il vivait chez Munier, il avait bien remarqué la ronéo, mais ne l’utilisa jamais. D’ailleurs Munier ne lui demanda pas. Mais il lui était « arrivé parfois de lui donner un coup de main à porter ses colis, tantôt près du cimetière [rue du Ménil], tantôt rue des Bourguignons. » Il affirma n’avoir « jamais apporté de tracts à l’usine ». Étant hébergé, il précisa « nous partagions les dépenses. »
Il reconnaissait avoir donné le 11 janvier 1942 la carte de la bicyclette à Faterman, dont il ignorait le nom avant son arrestation. Ce jour-là, il le rencontra près du cimetière dans la rue du Ménil.
Le 23 septembre 1942, Maurice Villain était inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Pour avoir été « Hébergé par le militant important Munier, il n’ignorait rien de l’activité clandestine de ce dernier. » Il avait reconnu « avoir été en rapport grâce à Munier avec des militants notoires et plus spécialement avec Faterman. » De plus il reconnut « avoir accepté de livrer à Faterman, sur rendez-vous, des tracts confectionnés par Munier ». Enfin, « il reconnaissait faire partie de l’organisation communiste actuelle. »
Maurice Villain comparut le 5 juin 1943 devant la Section Spéciale de la Cour d’Appel de Paris, en compagnie de Marcel Le Pen, Auguste Celerier, Georges Munier, Paul Hermet, Eugène Sauciat et Henriette Ratti. Il fut condamné à un an de prison et 1 200 francs d’amende.
Son nom ne figurant pas sur les listes de déportés de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, il a été probablement interné.
Il mourut à l’âge de 87 ans le 20 juillet 2009 à Bouffémont arrondissement de Montmorency (Val-Oise).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238145, notice VILLAIN Maurice, Achille, Joseph par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 février 2021, dernière modification le 17 février 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 1778-112614 (dossier Faterman), BA 2056. – Bureau Résistance GR 16 P 494898 (non homologué).

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