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GUILLEN Victor, Siméon, Joseph

Né le 9 novembre 1901 à Martigues (Bouches-du-Rhône), mort le 21 juin 1968 à Martigues ; instituteur ; radical-socialiste ; résistant membre du réseau Brutus.

Le père de Victor Guillen s’appelait Esprit, Marius, Thomas Guillen ; il était marin et né à Martigues. Sa mère, Marie Eulalie Corradi, était laceuse de filets et elle aussi née à Martigues.
En 1931, Victor Guillen vivait rue Lamartine, dans le quartier de Jonquières à Martigues, avec sa femme Rosita Eygasier et leur fils Max.

Instituteur à Martigues depuis 1920, il était également connu dans la commune en tant que correspondant local du journal régional Le Petit Provençal et pour avoir été directeur adjoint de la Défense passive au début de la guerre. Radical-socialiste et franc-maçon, selon Jacky Rabatel, c’est grâce aux relations qu’il avait nouées dans ces réseaux qu’il rencontra fin 1941 à Marseille un des trois frères Barthélémy du réseau Brutus (voir Joseph Barthélémy). Le réseau, d’abord implanté dans les milieux socialistes, essaima progressivement sur toute la zone sud. Barthélémy proposa à Guillen de créer à Martigues une antenne du réseau - ce qu’il fit.
À partir de début 1942, il chercha des personnes pouvant lui fournir des renseignements. Il trouva Paul Gillone aux Établissements Maritimes de Caronte, qui avait l’œil sur le trafic du port, M. Féraud, chef de gare, et Jules Habert, pontier au pont tournant du quartier de Jonquières. Habert était un radical qui n’avait pas accepté la défaite de juin 1940. Fidèle de la BBC, il avait suivi les consignes de de Gaulle et tracé deux croix de Lorraine sur le quai, dont il se servait de repère pour manœuvrer le pont.

Max Guillen, fils de Victor Guillen, témoigna en 1982 que son père transmettait les renseignements à Marseille de deux manières différentes. D’abord en allant à la rencontre d’un certain Péquinot, qui tenait « Le Fétiche », un kiosque à journaux de la Canebière, et servait d’agent de liaison. Victor Guillen faisait semblant de venir échanger un livre dans lequel il introduisait les renseignements qu’il avait collectés à Martigues. Un agent de liaison passait également chez les Guillen, un certain Salson (on peut supposer qu’il s’agît de « Colson », l’agent de liaison de Wilfred Botté), probablement ancien « sous-officier à la base aéronavale de Berre », arrêté pendant l’année 1943. Max Guillen logeait alors chez un oncle à Marseille. Comme il devait se rendre tous les lundis matin dans cette ville, son père lui demandait parfois de remettre une enveloppe à son oncle, qui la faisait passer à Péquinot. Si le père taisait à son fils la nature du contenu des courriers, celui-ci confia à Jacky Rabatel qu’il s’en doutait.

En 1947, Victor Guillen fut médaillé de l’Ordre de la Libération (décret du 11/03/1947, date de publication au Journal officiel le 27/03/1947).
Sur le site "Mémoire des Hommes" il est mentionné comme membre des forces françaises combattantes (FFC), des forces françaises libres (FFL) et du réseau Brutus. Les archives du Service historique de la Défense de Vincennes disposent de documents en lien avec lui à deux cotes différentes : GR 16 P 278728 et SHD/ GR 28 P 4 21 608.

Son fils Max, Esprit Guillen, né le 4 juillet 1925 à Martigues et décédé le 17 septembre 2014 dans la même ville, fut lui aussi reconnu comme membre des « forces françaises combattantes » (FFC) et du réseau Brutus. Le Service historique de la Défense de Vincennes possède des informations le concernant aux cotes GR 16 P 278724 et SHD/ GR 28 P 4 9 195.

Par Renaud Poulain-Argiolas

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