LEBRETON Jean, Raymond, Fernand

Par Pierre Alanche

Né le 8 mars 1942 à Saint-Jean-d’Assé (Sarthe) ; ouvrier tourneur, agent de méthodes puis cadre dans l’entreprise Renault ; jociste ; syndicaliste CFDT, élu DS, CE, CCE, représentant au conseil d’administration de Renault (1979-1986), président de l’INVAC (1983-1984) ; militant associatif ; conseiller municipal (1977), adhérent PS.

Jean Lebreton à la tribune du congrès de l’Union régionale CFDT de Haute-Normandie, vers 1970
Jean Lebreton à la tribune du congrès de l’Union régionale CFDT de Haute-Normandie, vers 1970

Fils de Fernand Lebreton et de Madeleine Poteau, Jean Lebreton fut l’aîné d’une famille de cinq enfants, une sœur et trois frères. Son père fut ouvrier professionnel à la fonderie Chappée de Sainte-Jamme-sur-Sarthe (Sarthe) de 1930 à 1953, à la fonderie de Renault au Mans (Sarthe) jusqu’en 1967 et à l’atelier d’usinage des boîtes de vitesses à Renault Cléon (Seine-Maritime). Sympathisant communiste, il milita à la CGT et fut élu délégué du personnel chez Chappée. Sa mère demeura au foyer. Les deux parents, bien que peu pratiquants, donnèrent à leurs cinq enfants une éducation catholique. Jean suivit les cours du primaire à l’école laïque de garçons de Saint-Jean-d’Assé, de 1948 à 1953. Boursier, il entra en pension de 1953 à 1958 au cours complémentaire de La Ferté-Bernard (Sarthe), et obtint le BEPC en 1957. Il échoua au concours d’entrée à l’École Normale du Mans en 1958 et réussit le concours d’entrée à l’école professionnelle Renault de Vaurouzé-le-Mans. Il entra en contrat d’apprentissage à la Régie Nationale des Usines Renault le 22 septembre 1958. En six ans de formation technique, il obtint le CAP de tourneur sur métaux en 1961, le CAP de décolleteur en 1962, le CAP de dessinateur industriel en 1964, le brevet professionnel de tourneur en 1964 et, la même année, le diplôme intitulé « Cours professionnels Renault du deuxième degré » (C.P.R.2), examen privé de Renault dispensant du passage devant les commissions internes pour devenir cadre dans l’entreprise. Élu « major d’estime » par ses collègues apprentis chez Renault, une fonction semblable à celle d’un délégué, il les représenta auprès de la direction de l’école et intervint auprès du préfet de la Sarthe afin de prolonger le sursis militaire pour terminer les études et faire reconnaître l’école de Vaurouzé comme école d’études supérieures. Il obtint gain de cause grâce au réseau catholique en particulier avec le concours de l’abbé Le Magrex, curé de St Jean d’Assé, ex-officier de St Cyr, connaissant Mesmer, ministre des armées. Il évita, pour lui et ses collègues, le départ en Algérie. Dans le cadre de son contrat d’apprentissage, à partir de septembre 1962, il travailla comme tourneur professionnel à l’atelier d’usinage au département entretien de Renault Le Mans jusqu’en septembre 1964 Il effectua ensuite son service militaire dans le centre d’instruction technique du train, du 1er novembre 1964 au 1er mars 1966, au camp d’Auvours, près du Mans.

A son retour, il fut muté à l’usine Renault de Cléon (Seine-Maritime), comme stagiaire technicien, le 1er mars 1966. Il occupa successivement les postes d’agent de méthodes débutant le 1er octobre 1966, agent de méthodes principal le 15 décembre 1973, agent de méthodes principal niveau V le 18 octobre 1977, contremaitre de production niveau V le 3 septembre 1987 (encadrant une équipe de cent ouvriers, deux chefs d’équipe sur la chaîne d’assemblage des boites de vitesses de la Renault 18, de la Renault 25 et de l’Espace), contremaitre de production principal, responsable d’une cellule de performances le 18 novembre 1988, responsable de la communication au département d’usinage et d’assemblage des boîtes de vitesses qui comptait (environ mille deux-cent personnes) de juin 1993 jusqu’en fin février 1999, date de son départ en préretraite dans le cadre du fonds national de l’emploi (FNE), après dix-sept mois de mi-temps en préretraite progressive.

Il adhéra à la JOC en 1959 dans une section du Mans avec l’abbé Quatre-Coups comme aumônier.

Il adhéra à la CFDT en juin 1968 à la section de Renault Cléon, après la grève durant laquelle il participa, comme les membres du personnel techniciens et agents de maîtrise, à des rencontres avec des responsables CFDT. Il commença son action militante avec un mandat au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) représentant le 2ème collège (techniciens, employés, agents de maitrise). Puis il fut élu et réélu : délégué du personnel de 1969 à 1979, puis de 1988 à 1999, élu du comité d’entreprise de 1974 à 1979, élu du Comité central d’entreprise de 1976 à 1979. Il fut désigné administrateur de la Régie nationale des usines Renault (RNUR) par décret du 13 juin 1979 au titre de représentant du personnel employé et des agents de maîtrise. Réélu administrateur en 1984 suite à l’application de la loi de démocratisation dans les entreprises nationalisées, il démissionna durant ce deuxième mandat, comme convenu avec les instances syndicales de l’USR CFDT, le 31 décembre 1986, pour laisser le poste à un camarade du réseau commercial, Claude Kerbrat. Durant les années 70, il participa aux activités de l’union locale CFDT d’Elbeuf, dont il devint secrétaire en 1972. Il fit partie du Bureau de l’Union régionale CFDT de Haute-Normandie de 1975 à 1979, dont le secrétaire Général était André Thioland.

De 1975 à 1978, il siégea à la commission investissement-développement de l’INVAC (Investissements-Vacances), organisme du tourisme social, proche de la CFDT) dont un des fondateurs fut Maurice Vallée*. Jean Lebreton fut élu au Conseil d’administration de l’INVAC lors de l’assemblée générale de novembre 1978 à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), au titre du collège des représentants des CE (au nom du CE de Renault Cléon). Il entra au bureau et à la commission financière et devint trésorier en 1979-1980. Il fut élu pour un nouveau mandat au conseil d’administration de cet organisme lors de l’assemblée générale de Bombannes (Gironde) en février 1983. Il fut alors désigné à la commission financière, et en devint Président en 1983-1984. Il participa au congrès du BITS (Bureau International du tourisme Social). De 1985 et 1986, réélu membre du conseil d’administration de l’INVAC, il fut trésorier. Il quitta ses responsabilités après la 9ème assemblée générale qui se déroula à Imbours (Ardèche), les 21-22-23 mai 1987.

En 1977, il fut élu conseiller municipal de la commune de Saint-Ouen du Tilleul (Eure) où il résidait depuis juin 1974, sur liste de gauche. Après l’élection, il adhéra au Parti socialiste mais en démissionna en 1979, la section du parti lui reprochant son vote positif lors de propositions élaborées par les élus majoritairement à droite alors qu’elles figuraient dans le programme écrit par la gauche avant les élections. Il participa à l’élaboration du journal communal et au comité des Fêtes du village de 1977 à 1995.

Membre actif de la fédération de parents d’élèves CORNEC de 1976 à 1985, il siégea au conseil d’établissement du collège Jean de La Fontaine à Bourgtheroulde (Eure). Il fut également secrétaire national du comité de défense des usagers des cités coopératives de juin 1977 à avril 1989. Résidant depuis juin 1974 à Saint-Ouen du Tilleul et engagé dans sa paroisse, il assura de 1999 à 2016 l’accompagnement des familles en deuil, présidant les célébrations d’inhumation à l’église en l’absence de prêtre

Il se maria le 2 mai 1964 avec Jeanine Neveu, à Saint-Jean-d’Assé (Sarthe). Son épouse, née le 5 août 1942 à Saint-Marceau (Sarthe), fut successivement, sténodactylo de 16 à 18 ans, employée dans une brasserie au Mans, employée de bureau chez Chappée à la fonderie d’Antoigné à Ste-Jamme-sur-Sarthe jusqu’en 1966 et assistante maternelle de 1977 à 1998. Elle fut élue conseillère municipale, de 1983 à 1995, à St-Ouen-du-Tilleul (Eure). En 2005, elle s’engagea comme membre bénévole à la VMEH (Visite des Malades dans les Etablissements Hospitaliers), visitant notamment les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à la maison de retraite de St-Pierre-du-Bosguérard (Eure). Ils eurent trois enfants, Patrice né le 13 février 1965, Céline née le 18 septembre 1966, Eric né le 04 novembre 1969 et huit petits-enfants, 3 filles et 5 garçons.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238230, notice LEBRETON Jean, Raymond, Fernand par Pierre Alanche, version mise en ligne le 12 février 2021, dernière modification le 12 février 2021.

Par Pierre Alanche

Jean Lebreton à la tribune du congrès de l'Union régionale CFDT de Haute-Normandie, vers 1970
Jean Lebreton à la tribune du congrès de l’Union régionale CFDT de Haute-Normandie, vers 1970
Jean Lebreton, responsable de communication d'un département, rédige une chronique dans le journal de l'usine Relief
Jean Lebreton, responsable de communication d’un département, rédige une chronique dans le journal de l’usine Relief

SOURCES : Arch. Confédérales CFDT : Fonds Arch. Renault. — Bulletin d’information de l’INVAC, n° 25, décembre 1984. — Libération, 15 mars 1984. — Entretiens avec Jean Lebreton en février 2011.

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