FERRI-PISANI Pierre, Toussaint

Par Antoine Olivesi

Né le 30 novembre 1901 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 21 octobre 1963 à Marseille ; inscrit maritime ; syndicaliste et militant socialiste des Bouches-du-Rhône, secrétaire de la Fédération nationale des Syndicats maritimes CGT (avant-guerre), puis président de la Fédération nationale FO de la Marine marchande et du syndicat des marins (1947-1963) ; conseiller municipal (1929-1940) et adjoint au maire de Marseille ; membre du Conseil national économique (1936-1939).

Les parents de Pierre Ferri-Pisani, tous deux d’origine corse, habitaient Marseille. Sa mère était née Catherine Bartoli. Son père, Jean, Joseph, issu d’une vieille famille du village de Bocognano dont on retrouve les traces au XVe siècle, était maître d’hôtel à bord des navires . Il mourut en 1917 . Pierre Ferri-Pisani fit ses études à l’École pratique d’industrie, au lycée, puis à l’École d’hydrographie de cette ville. Il sortit de ce dernier établissement en 1918 mais ne put, en raison de déficiences visuelles, devenir capitaine au long cours comme il l’aurait désiré. En 1924, après avoir effectué son service militaire dans la marine, à Toulon, il fut admissible à l’examen d’ingénieur adjoint des travaux publics. Nommé architecte-voyer à Ferryville en Tunisie, il préféra renoncer à ce poste pour des raisons familiales et se consacra, peu après, à l’action syndicale à Marseille.

Comme son père, Pierre Ferri-Pisani n’avait appartenu jusqu’alors à aucune formation politique. La première mention de son activité syndicale date de novembre 1925. Sollicité par des militants corses de la CGT en raison de son instruction et de sa grande éloquence, il ne tarda pas, en dépit de son jeune âge, à acquérir des responsabilités importantes. La situation du syndicalisme maritime était alors très confuse, particulièrement à Marseille. À l’ombre d’Ange Rivelli, devenu dirigeant national, trois leaders se détachèrent après la Première Guerre mondiale : Charles Pasquini, secrétaire général des Agents du service général à bord (ADSG), Simon Mattei, secrétaire du syndicat des Inscrits maritimes et Toussaint Giudicelli, secrétaire adjoint. Tous subirent le contre-coup des grandes grèves de 1920 et de 1922 ainsi que celui de la scission syndicale. Simon Mattei pencha plutôt vers les communistes, Toussaint Giudicelli vers la SFIO mais tous deux s’effacèrent peu à peu après 1923. Seul Charles Pasquini conserva sa direction syndicale jusqu’en 1940. Grâce à Ange Rivelli, la Fédération nationale des Inscrits maritimes était l’un des principaux piliers de l’autorité de Léon Jouhaux à la CGT. C’est pourquoi les « minoritaires », communisants ou anarchisants préférèrent longtemps le noyautage interne à une rupture brutale.

Après l’échec de la grève des marins d’octobre-novembre 1922 et la démission de Simon Mattei, un nouveau bureau fut élu en 1923 avec, pour secrétaire général, Antoine Martres, un confédéré, socialiste et franc-maçon. Ce bureau sembla vite manquer d’autorité et Antoine Martres fut même soupçonné d’être de connivence avec les armateurs. De plus, au niveau national, la dissension éclata entre Ange Rivelli et son successeur Ehlers tandis que, sur le plan local, les communistes Figarelles, Bourges et Giudici tentaient d’investir le syndicat. La crise éclata en mai-juin 1927 lorsque Rivelli créa à Bordeaux la Fédération nouvelle, « Les Laboureurs de la Mer ». Pierre Ferri-Pisani y adhéra dans le seul but d’éliminer Antoine Martres. Ce dernier dut démissionner après une série d’intrigues complexes où se nouèrent et se dénouèrent des alliances entre quatre tendances rivales : les confédérés modérés partisans de d’Antoine Martres, les confédérés favorables à Ange Rivelli qui parvint à se rallier Simon Mattei, les communistes et, enfin, les socialistes-communistes, très influents à Marseille à l’époque, avec Simon Sabiani* et Pierre Ferri-Pisani.

Non sans mal, ce dernier s’imposa finalement. Appuyé par Ange Rivelli, Pierre Ferri-Pisani combattit à la fois les communistes et les confédérés les plus modérés. Élu membre du conseil d’administration du nouveau bureau par l’AG des marins du 18 mai 1927, il fut battu de quelques voix, le 28, par Antoine Martres pour le secrétariat de la section « Pont » puis élu à la suite d’un nouveau scrutin le 20 juin, tandis que le communiste Bourges emportait le poste de secrétaire général de la section « Machines ». La rivalité entre les deux hommes éclata très vite au grand jour. Le 27 juillet, Pierre Ferri-Pisani l’emporta et fit exclure les communistes du bureau et du conseil d’administration de l’Union syndicale des Marins de commerce. Cette dernière resta adhérente à la FNSM. Les communistes continuèrent d’agir à l’intérieur de l’Union et à l’extérieur par le biais du « Club international des Marins ». Pierre Ferri-Pisani riposta en publiant un manifeste dénonçant « la tactique de Moscou… les éléments de décomposition… les germes de putréfaction… que les prétendus amis de l’Unité introduisent dans tout organisme… au profit du dissolvant communisme russe ». L’année suivante, à la suite de l’attaque du Club des Marins de Marseille par les « chefs réformistes », les communistes lui reprochèrent ses « procédés fascistes »(L’Humanité, 15 juin 1928). Selon le rapport de police du 16 juin 1928), Pierre Ferri-Pisani, s’estimant provoqué par un article publié dans Le Cri du Marin, était venu demander des explications. Il aurait été menacé avec un revolver ce qui déclencha les incidents qui suivirent.

Un mois plus tard, Pierre Ferri-Pisani devenu secrétaire de l’Union syndicale des marins de commerce, régla aussi le conflit avec les dirigeants de la Fédération des Inscrits Maritimes, favorables à Antoine Martres qui ne renonçait pas. En compagnie d’Ange Rivelli, il fonda un journal Le Sifflet maritime, dans le but d’unifier les marins. Mais, en réalité, selon un rapport du 13 juillet 1928, il s’agissait d’un outil pour développer sa campagne contre la Fédération. Quoique fédérale, l’organisation Rivelli-Ferri-Pisani était en relations avec les « Laboureurs de la Mer » qui dominaient à Bordeaux, au Havre et à La Rochelle. Un autre rapport, le 25 juillet, signale que la manœuvre de Pierre Ferri-Pisani avait réussi puisque Ehlers, le secrétaire de la Fédération, dut démissionner et qu’un nouveau secrétaire fut élu en septembre. Le 24 juillet, Pierre Ferri-Pisani signa un appel à l’Unité.

En définitive, le syndicat des Marins avait donc trouvé un nouveau chef, jeune, autoritaire, compétent de surcroît, car la CGT manquait de cadres expérimentés. Antoine Martres par exemple, était un ancien marin qui avait cesser de naviguer pour se lancer dans le commerce et qui ne fut promu capitaine d’armement qu’à la suite de son éviction du syndicat. Pierre Ferri-Pisani bénéficia des soutiens successifs d’Ange Rivelli, des communistes, de Simon Sabiani. A la suite de sa rupture avec ce dernier, il revint au bercail confédéré. En juillet 1927, il fut du reste délégué au congrès national CGT à Paris avec Pasquini. Tous deux contrôleront, jusqu’en 1940, l’ensemble du syndicalisme maritime à Marseille.

Mais, dans l’immédiat, il fallut regagner le terrain perdu devant les armateurs. Pierre Ferri-Pisani put tirer parti, en 1928-1929, sur le plan parlementaire et municipal de l’aide de Simon Sabiani, puis, après sa rupture avec ce dernier, de celle d’Henri Tasso (SFIO) tout-puissant président de la Commission de la Marine Marchande. Il s’impliqua dans l’action directe lors des grèves pour l’augmentation des salaires, notamment à Marseille, du 18 au 29 octobre 1928. Il fut reçu à Paris par André Tardieu, alors ministre des Travaux Publics pendant les négociations.

En février 1929, Pierre Ferri-Pisani fut élu secrétaire lors du XXVIIIe congrès de la Fédération nationale des Inscrits maritimes. Il s’engagea à lutter pour une véritable journée de 8 heures chez les marins, pour l’aménagement du nouveau régime des Assurances sociales et des pensions dans le statut des Inscrits maritimes, pour le service militaire de trois ans dans la Marine. Avec le concours d’Henri Tasso, il obtint en partie satisfaction à partir de 1930, en particulier dans le domaine des pensions et des retraites. Pierre Ferri-Pisani, par ailleurs, représenta les marins au conseil supérieur d’arbitrage de la marine marchande, fut dès 1928 délégué des ouvriers à la commission administrative des bureaux de placement. Il représenta la France à la Conférence internationale du travail maritime qui se tint à Genève en 1929. Il conserva jusqu’en 1940, tant sur le plan national que sur le plan local, ses fonctions syndicales qui lui donnèrent une influence considérable. Il fut également, pendant six ans, administrateur du bureau de bienfaisance de Marseille où se déroulait, parallèlement, sa carrière politique.

Pierre Ferri-Pisani devint à la même époque le secrétaire et le principal collaborateur de Simon Sabiani au sein du Parti socialiste-communiste. Il rédigea une grande partie de ses discours et de ses tracts, participa aux luttes électorales du 4e canton, où les Corses étaient très nombreux. Devenu délégué cantonal, il contribua à la victoire de Simon Sabiani lors des législatives de 1928. Ce succès fut facilité par l’entente circonstancielle entre communistes et sabianistes face au candidat SFIO et également Corse, Jean-Baptiste Canavelli.

En février, à propos de l’affaire des mutins de Calvi et du procès qui eut lieu à Marseille, Pierre Ferri-Pisani participa à un meeting de protestation et annonça que son syndicat était prêt à se joindre, dans ce cas précis, à la CGTU et au PC pour mener toute action en faveur de ces marins.

Le 12 mai 1929, Pierre Ferri-Pisani fut, bien que figurant en 33e position sur la liste associant Siméon Flaissières et Simon Sabiani, élu conseiller municipal de Marseille. Mais, au début de l’année 1930, il se brouilla avec ce dernier. Les causes de cette rupture furent à la fois idéologiques et personnelles. Pierre Ferri-Pisani désavouait l’évolution de Simon Sabiani qui s’écartait selon lui de la ligne révolutionnaire du Parti socialiste-communiste. Il souhaitait par ailleurs obtenir un poste d’adjoint à la voirie mais ne s’était vu octroyer qu’une délégation à l’aviation et une délégation au conseil de l’Office des HBM de la ville de Marseille. Enfin, Simon Sabiani lui préféra un autre de ses partisans lors de l’élection au conseil d’arrondissement dans le 4e canton. Désormais une inimitié tenace – qui n’excluait pas, du reste, un respect réciproque – opposa les deux hommes. Elle se manifesta surtout lors des campagnes électorales – animées et parfois violentes – qui divisaient les clientèles corses du canton et de la ville.

A la suite de cette rupture, Pierre Ferri-Pisani adhéra immédiatement à la SFIO. Au second tour des cantonales d’octobre 1931, il se substitua au candidat socialiste du premier tour (Joseph Féraud*) pour affronter Simon Sabiani, le conseiller général sortant. Il présenta sa candidature comme une protestation contre l’atmosphère de corruption constante créée par Sabiani dans le canton et dans la ville, contre le « fascisme larvé » – dont « l’instrument des armateurs » était responsable – et pour la réputation de Marseille. Il dénonça le maquillage des listes électorales, la fraude, l’intimidation (les sabianistes contrôlaient la mairie depuis la mort de Siméon Flaissières). Le 8 octobre, au cours d’une réunion contradictoire à la place d’Aix (place Jules-Guesde), des bagarres éclatèrent et des coups de feu furent échangés. Simon Sabiani accusa Pierre Ferri-Pisani et les socialistes d’être responsables de l’incident tandis que son adversaire intentait une action en justice. Par 3 179 voix contre 1 568, le premier l’emporta nettement sur son adversaire à l’issue du second.

Les deux hommes se retrouvèrent face à face l’année suivante lorsque Pierre Ferri-Pisani, candidat SFIO dans la 3e circonscription, affronta Simon Sabiani, le député sortant. La campagne fut « ardente », selon le rapport préfectoral. Pierre Ferri-Pisani dénonça à nouveau la brutalité des méthodes sabianistes, sa politique de clan, ses mœurs d’aventurier, la responsabilité qu’il avait, aussi, d’avoir livré les dockers et les marins de Marseille aux armateurs Fabre et Fraissinet, la fraude, le cynisme et l’immoralité érigés en principes politiques. Dans Marseille-Libre, Simon Sabiani et ses rédacteurs ne ménagèrent pas non plus leur adversaire : « Ferri-Pisani traître à l’amitié, traître au Parti socialiste… qui vomissait hier l’injure sur Tasso, sur Cavanelli… qui admire aujourd’hui Tasso, Cavanelli… qui est le porte-drapeau du Parti socialiste », etc., pouvait-on lire dans un article signé par Sabiani lui-même « Veille de combat » dans Marseille-Libre du 22 avril 1932. Pierre Ferri-Pisani était aussi accusé d’être « payé pour ne rien faire » et de « recevoir 1 850 francs par mois des Inscrits Maritimes ».

Bien que battu à nouveau, il ne recueillit que 3 935 suffrages contre 6 748 à Simon Sabiani, Pierre Ferri-Pisani continua à faire preuve d’une grande activité. Avec la crise économique et le chômage qui frappèrent le port de Marseille, les tensions politiques et syndicales s’accrurent. Dès 1931, Pierre Ferri-Pisani dut affronter les attaques du Syndicat unitaire des Marins, animé par les communistes Dumay, Rémy, Le Minter puis faire face au Syndicat unique des Marins créé à Marseille en 1932, avec l’appui de Simon Sabiani, par Toussaint Susini pour perturber la FNSM. La tentative réussit partiellement puisqu’au congrès extraordinaire de La Rochelle, le 5 janvier 1935, la FNSM, qui avait admis le Syndicat de Susini*, décida d’exclure ceux de Ferri-Pisani et de Pasquini*. Ces derniers appelèrent à la mobilisation en leur faveur dans tous les ports. En appel, la commission administrative de la CGT, avec l’appui de Jouhaux*, donna raison à Pierre Ferri-Pisani dont l’autorité se trouva finalement renforcée. Son siège marseillais était situé 15 place de la Joliette et regroupait, en 1934, 2 600 adhérents. Au début de l’année 1933, Le Petit Provençal publia un compte rendu par Jean Tourette, d’un livre écrit par Ferri-Pisani sur Le Syndicalisme maritime, ouvrage difficile à trouver de nos jours. Le 26 février, au congrès fédéral d’Arles, il reprocha aux députés socialistes leur manque d’ardeur pour obtenir l’invalidation de l’élection de Simon Sabiani en 1932. Ce fut également à Arles que se tint le 26 juin, le congrès de l’UD-CGT où Pierre Ferri-Pisani fut élu membre suppléant à la CA. Le 4 février 1934, au congrès fédéral SFIO de Septèmes qu’il présida, il se prononça « pour un programme commun entre la SFIO et la CGT ».

Deux jours plus tard, éclatait la crise nationale du 6 février. Le 10, Pierre Ferri-Pisani lança un appel à la grève générale des marins de Marseille, sans assurance des services de sécurité à bord des navires, pour le 12 février. Le lendemain, il fit partie de la délégation reçue par le préfet. Dans les jours et les semaines qui suivirent, il dénonça le comportement ambigu de Simon Sabiani et de ses partisans « qui n’étaient pas descendus dans la rue » le 12 février. Le conseil municipal du 19 mars, l’autorisa pourtant à le représenter en qualité de délégué à la manifestation antifasciste du Vel d’Hiv à Paris. Au congrès fédéral SFIO d’Istres, le 13 mai, Pierre Ferri-Pisani reprit ses attaques contre une municipalité « qui ne représentait plus la population », approuva le projet d’États généraux du Travail de la CGT et fut délégué au congrès national du Parti à Toulouse.

Au congrès de l’UD-CGT (1er-2 juillet), Pierre Ferri-Pisani intervint contre le projet d’augmentation des cotisations syndicales, dénonça les abus du corps médical en matière d’accidents du travail chez les mineurs, se prononça en faveur de l’Institut supérieur ouvrier et de son « rôle éducateur ».

Tout au long de ce printemps 1934, Pierre Ferri-Pisani fut, parmi les socialistes, l’un des plus favorables à un rapprochement non seulement avec la CGT mais aussi avec le PC. Ses rapports avec les communistes qui l’accusaient de « démagogie », de se poser en candidat « pour être le futur maire de Marseille », d’être « le chien couchant de la bourgeoisie » et « le saboteur du Premier Mai », s’améliorèrent après le Pacte d’unité d’action. Pierre Ferri-Pisani participa au premier meeting unitaire de la gauche le 11 juillet à Marseille. Il y prit la parole au nom de la SFIO aux côtés de François Billoux*. De même, il fut présent le 29 octobre, lors d’un autre grand meeting unitaire (Duclos*-Zyromski*) à Marseille. Donnant l’exemple lui-même, il organisa une grande réunion commune, le 29 décembre à la Bourse du Travail entre Inscrits Maritimes et ADGS confédérés et unitaires. Peu avant le 2 décembre, il avait assisté, encore avec François Billoux, à un meeting en faveur de l’Espagne (répression dans les Asturies). Et quelques jours plus tard, le 7, Pierre Ferri-Pisani avait voté, comme les années précédentes, contre le budget municipal, dénonçant « le truquage » des chiffres, la mauvaise gestion de la ville en général et le problème des terrains vagues situés derrière la Bourse en particulier. Favorable à l’unité d’action et à la réunification syndicale, il participa au congrès général de fusion qui se tint à Marseille au début de janvier 1936 et y fut élu membre suppléant de la Commission de contrôle.

Lors des municipales de 1935, Pierre Ferri-Pisani se présenta dans deux sections différentes sur les listes SFIO. Il fut élu au second tour dans la 2e (5e et 7e cantons), sur la liste Ambrosini, mais fut de nouveau battu dans la 3e (4e et 6e cantons) où il affronta encore Simon Sabiani qu’il réussit cependant à mettre en ballottage. Les résultats étant très serrés, il signa avec ses colistiers une protestation contre les manœuvres frauduleuses de ses adversaires, mais celle-ci n’eut aucune suite. Le 7 février 1936, Pierre Ferri-Pisani et Simon Sabiani se battirent en plein conseil municipal, le premier ayant mis en cause la gestion financière de la municipalité sortante dans laquelle le second occupait le poste de premier adjoint. Dans la nouvelle municipalité Tasso, Pierre Ferri-Pisani fut élu troisième adjoint délégué à la voirie, à l’assainissement et au pesage. Un nouvel affrontement électoral se produisit dans la 4e circonscription lors des législatives de 1936. Pierre Ferri-Pisani se désista au second tour en faveur du communiste François Billoux qui l’emporta finalement sur Simon Sabiani.

Les grèves de juin 1936 permirent enfin aux marins de faire triompher plusieurs revendications trop longtemps refusées ou différées. Le 22 juin, ils déclenchèrent une grève totale sur le tas avec occupation des navires. La plupart des armateurs préférant, négocier, Pierre Ferri-Pisani signa un accord à Paris avec leurs délégués. Il fit, à son retour à Marseille, un compte rendu de son entrevue avec « le camarade Blum », et le bilan des résultats acquis. Comme l’armateur Jean Fraissinet refusait de céder (son mannequin et celui de Fabre furent promenés en ville et pendus à la Joliette), la grève reprit le 25. Elle affecta 6 000 marins et 78 navires français dont beaucoup arboraient le drapeau rouge, un drapeau que Ferri-Pisani et Billoux, dès le 23, avaient pourtant demandé de retirer pour ne pas effrayer la population marseillaise. Finalement, les armateurs capitulèrent et acceptèrent, du moins en apparence, les accords conclus à Paris. Car leur application lente et tardive entraîna de nouvelles grèves, en mars 1937 par exemple. Pierre Ferri-Pisani, comme tous les leaders politiques et syndicaux de la gauche, communistes compris, eut, surtout, de nouveau, un rôle de négociateur et de modérateur à la fois, d’autant plus qu’Henri Tasso était secrétaire d’État à la Marine marchande dans le cabinet de Léon Blum. C’est pourquoi il exhorta les marins du Champollion en grève à reprendre le travail. Son intervention fut, du reste, mal accueillie par la base. Plus importante encore fut la grève générale du 25 mai 1937, grève nationale sans occupation cette fois, que Pierre Ferri-Pisani salua comme une « victoire totale », devant le recul des armateurs. Il avait obtenu en effet des avantages spéciaux en faveur des marins marseillais grévistes, en négociant à Paris, au ministère. Ces conventions collectives furent appliquées jusqu’à la guerre et, plusieurs années plus tard, Pierre Ferri-Pisani les fit rétablir dans le cadre de son action à Force ouvrière.

Pendant la guerre civile espagnole, Pierre Ferri-Pisani fut chargé par le gouvernement Blum de l’aide aux Républicains. Il facilita le transport des armes destinées à ces derniers en utilisant, le premier, des navires sous pavillon étranger, celui du Mexique par exemple. Il joua à la même époque, un rôle important au BIT à Genève.

Dans le cadre de ses fonctions municipales, Pierre Ferri-Pisani s’attacha à améliorer la voirie urbaine et banlieusarde qui en avait bien besoin. Il invoqua « l’héritage sabianiste », l’insuffisance des ressources et des moyens, mais aussi, les nouvelles méthodes employées, l’amélioration du Cours Pierre-Puget, le square édifié derrière la Bourse – timide ébauche – pour l’époque, d’une politique « d’espaces verts », que raillait constamment la presse de droite.

Du fait de la dégradation progressive du Front populaire mais aussi à cause de son caractère entier, Pierre Ferri-Pisani eut, sur le plan local en 1938 et 1939, de nouvelles divergences avec certains membres du Parti socialiste, et, sur le plan syndical, avec les communistes. Les journaux de droite essayèrent à plusieurs reprises, de l’opposer à Henri Tasso dont il jugeait la politique municipale trop démagogique et électoraliste. Ses rapports avec ce dernier s’altérèrent rapidement. Le 28 février 1938, au cours d’une réunion privée des responsables des sections SFIO de Marseille, Pierre Ferri-Pisani reprocha pendant plus d’une heure à Henri Tasso « de se plier un peu trop devant les exigences des organisations communistes », à la fois en tant que maire et que secrétaire d’État à la Marine marchande, ce qui favorisait la propagande et les progrès du PC au sein du Syndicat des Marins. Henri Tasso ne fut sauvé que par une suspension de séance et dut accepter une motion de synthèse intégrant le point de vue de son adversaire. La réunion avait été provoquée par Pierre Ferri-Pisani, que soutenait Canavelli, qui craignait que le maire ne démissionne pour se faire réélire avec des conseillers communistes.

Cette crise aboutit, le 25 octobre 1938, à la démission de Canavelli et de Pierre Ferri-Pisani, ce dernier estimant qu’il n’avait ni les moyens ni la possibilité de mener à bien le programme des travaux publics municipaux dont il avait la charge, notamment la voirie. Ces démissions survenaient après celle de Raymond Vidal qui avait constaté l’impossibilité d’entreprendre « une politique de rigueur » dans le cadre du budget de la ville et devant l’opposition du tout-puissant syndicat des Municipaux. Elles eurent lieu quelques jours avant l’incendie des Nouvelles Galeries à Marseille en plein congrès national du Parti radical.

Pierre Ferri-Pisani se trouva en même temps opposé aux communistes qui progressaient sur le plan syndical. Le 10 avril 1938, il signa un appel favorable à la tendance Syndicats, dénonçant la colonisation systématique de la CGT par le PC. Au congrès de l’UD, le 26 juin, il présenta, au nom de la minorité, une motion contre Charles Nédelec. Estimant menacée l’indépendance syndicale, il déclara, après le rejet de sa motion, qu’il s’abstiendrait désormais de siéger à la CA de l’UD. Il encouragea par aileurs la création d’Amicales socialistes dans le plus grand nombre d’entreprises possible.

Lors de la grève du 30 novembre 1938, le Syndicat des Inscrits maritimes assura les services de sécurité et recommanda la prudence à ses adhérents en raison des mesures de réquisition. Ce comportement ainsi que la remise en cause par les armateurs des avantages acquis par la loi des 40 heures ne fit qu’accroître la tension latente qui existait entre l’UD et le Syndicat des Marins et le conflit éclata finalement en janvier 1939. Le 4, en effet, les communistes tentèrent d’empêcher une assemblée générale du syndicat des Inscrits maritimes et des Agents de service général à bord, à la Bourse du Travail. L’assemblée se transféra au siège du syndicat des marins, à la Joliette, dénonça « le coup de force exécuté par le PC » qui voulait forcer la majorité des marins hostiles à la grève, à la faire par l’intimidation et la violence. Dans les jours qui suivirent, Pierre Ferri-Pisani dénonça dans la presse, les méthodes du PC « des agents de l’étranger », des « propagateurs des mots d’ordre staliniens », des « semeurs de haine » partisans des grèves politiques. Il fit aussi le procès de la compagnie France Navigation, « agence soviétique » qui entendait faire la loi aux marins marseillais.

En même temps, Pierre Ferri-Pisani et Pasquini firent organiser systématiquement des référendums sur chaque navire pour démontrer qu’ils avaient la confiance de la grande majorité des marins et des agents. Le conflit entre l’UD et le syndicat des IM dut être arbitré par les instances nationales de la CGT. Celle-ci fit savoir, le 15 février, qu’elle ne reconnaissait que l’autorité de Pierre Ferri-Pisani et de Pasquini, qu’elle désapprouvait l’attitude de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône à leur égard et qu’elle l’invitait à respecter la discipline syndicale. La presse communiste reprochait de son côté au syndicat de Ferri-Pisani d’être subventionné par une grande entreprise de fournitures alimentaires à bord des navires. La querelle se prolongea pendant tout le premier semestre de l’année 1939. Il y avait, en fait un syndicat dissident des marins communistes, exclus en janvier mais soutenus par l’UD, (cf. A. Fressinet).

Au congrès fédéral de juin 1939, le syndicat majoritaire réitéra son opposition et, le 4 avril, Pierre Ferri-Pisani fit procéder à un nouveau référendum qui lui assura une très forte majorité dans les sections Ponts et Machines. L’avant-veille, en tant qu’élu socialiste, il avait été présent à un grand meeting organisé en faveur des employés municipaux licenciés par les décrets-lois du gouvernement Daladier-Reynaud, avec toutes les formations de la gauche, y compris le PCF.

Lorsque Marseille fut mise en tutelle par décret-loi, Pierre Ferri-Pisani fut l’un des plus ardents à harceler le préfet-administrateur, Surleau, tout en rappelant au passage, que depuis des années, il avait lui-même dénoncé, mais presque seul, au conseil municipal, de nombreux abus, dans les services hospitaliers notamment. Dès la première séance, le 5 mai 1939, il protesta contre les calomnies dont Marseille était la victime et, très applaudi, déclara : « Notre dignité est de ne point partir. » Dans des articles ultérieurs, il critiqua vigoureusement l’installation interminable, l’inefficacité, l’improvisation de la nouvelle administration qui tenait systématiquement les élus à l’écart ou les consultait pour la forme. Cette prise de position favorisa l’union momentanée de la gauche marseillaise au milieu de l’été 1939 et entraîna une trêve dans le conflit des marins.

Le Pacte germano-soviétique permit à Pierre Ferri-Pisani de justifier ses positions antérieures. Réélu secrétaire général de l’Union des Inscrits maritimes, il fit adopter le 26 août, une résolution dans laquelle il déclara que « les événements confirment les accusations portées par le syndicat des Inscrits maritimes contre les agents communistes, agents de la Russie et ennemis de la France » et que « la conjonction du totalitarisme allemand et du totalitarisme russe, prévue par nous depuis deux ans, réalise contre l’ouvrier français la pire des alliances ». Pierre Ferri-Pisani renouvela aussi ses attaques contre France-Navigation. Pour parer à une mobilisation éventuelle, il délégua ses pouvoirs à deux de ses adjoints du syndicat, Barthélémy Angelini, secrétaire de la section des Ponts, et Dominique Roncelli, secrétaire de la section des Machines et trésorier de l’Union.

Pierre Ferri-Pisani fut effectivement mobilisé à Toulon puis à Marseille. Après la défaite, il fit partie, avec Canavelli, d’une délégation spéciale nommée par décret du maréchal Pétain qui administra Marseille du 20 septembre au 24 novembre 1940. Il avait accepté cette nomination avec l’assentiment de Léon Jouhaux auquel il était très lié et qu’il hébergea clandestinement l’année suivante. Il collabora à Gringoire en 1940 et 1941. Pierre Ferri-Pisani fit ensuite partie des groupements de résistance organisés par les syndicats. Il entra en contact avec Yvon Morandat en novembre 1941, créa un journal clandestin, organisa au début de l’année 1943 le MOF (Mouvement ouvrier français) d’inspiration socialiste, mais en relation aussi avec des syndicalistes chrétiens. Son réseau reçut la caution et l’aide financière de Londres et du CNR (Jean Moulin) puis, pour lutter contre le STO, se fondit dans l’Action ouvrière dirigée par Degliame-Fouché, proche des communistes. Surveillé par la police de Vichy, Pierre Ferri-Pisani avait aussi beaucoup d’ennemis tant parmi les sabianistes du PPF redevenus tout-puissants à Marseille que dans les réseaux communistes avec lesquels il était en relation. Il déclarera plus tard, preuves à l’appui, avoir été dénoncé par un militant de ce parti. Quoi qu’il en soit, ce fut à la suite de la manifestation du 14 juillet 1942 et de la répression brutale qui en résulta à Marseille, que Pierre Ferri-Pisani fut assigné à résidence à Pélissanne (Bouches-du-Rhône) puis arrêté le 19 avril 1943. Le rapport « Flora » le concernant, rédigé par la SFIO de Marseille, en date du 19 juillet de la même année, mentionne qu’il était « secrétaire au service de la navigation, journaliste, fournisseur d’armes au Parti communiste espagnol, chef politique du mouvement Franc-Tireur des Bouches-du-Rhône ». Il fut transféré à Fresnes, le 28 juin 1943, puis à Compiègne (Simon Sabiani essaya de le délivrer), déporté en Allemagne, à Buchenwald tout d’abord, dans les mines de sel de Magdebourg ensuite. Libéré par les troupes russes mais toujours surveillé, Pierre Ferri-Pisani parvint à s’évader de l’hôpital de Prague et ne revint à Marseille, où on le croyait mort, qu’à la fin de l’été 1945, extrêmement affaibli par les souffrances endurées dans les camps de concentration.

Presque aussitôt, Pierre Ferri-Pisani se heurta à Gaston Defferre et à Francis Leenhardt, les nouveaux dirigeants d’un Parti socialiste marseillais soucieux de renouveler ses cadres et d’écarter le clan corse. Le premier était un militant SFIO peu important avant la guerre. Le second, adhérent de fraîche date, venait du MLN et de l’UDSR. Or, Pierre Ferri-Pisani, dont le caractère était toujours intransigeant, avait gardé des partisans nombreux au sein des anciennes équipes socialistes. Il prétendit jouer un rôle de premier plan dans la fédération départementale,. Pour les élections du 21 octobre 1945 à l’Assemblée constituante, il exigea d’être être placé en deuxième position derrière Gaston Defferre sur la liste SFIO. Une réunion houleuse se tint à ce sujet le 5 octobre. Elle déboucha sur la dissolution de la fédération des Bouches-du-Rhône par le comité directeur national, l’arbitrage de Jules Moch en faveur de Defferre et la reconstitution, section par section, d’une nouvelle fédération placée sous la direction de Félix Gouin. Pierre Ferri-Pisani fit scission, entraînant avec lui la 4e section et des éléments d’autres sections. La liste socialiste de l’arrondissement de Marseille qu’il constitua pour l’occasion fut très nettement battue (conservées à la bilbiothèque de l’OURS, plusieurs brochures contradictoires rendent compte du déroulement de cette crise). Lors des élections de juin 1946, Pierre Ferri-Pisani présenta sous l’étiquette RGR une nouvelle liste dans la 1re circonscription de Marseille. Il n’obtint que 7 214 voix sur 355 501 inscrits.

Pierre Ferri-Pisani cessa toute activité politique mais une autre épreuve l’attendait sur le plan syndical. avant qu’il ne revienne de captivité, les communistes, au sein de la CGT à nouveau réunifiée, étaient parvenus à conquérir le syndicat des Marins le dernier grand bastion qui leur échappait dans les Bouches-du-Rhône. Le référendum réclamé par la majorité de l’UD conduisit, à partir de février 1945, à l’élection d’un nouveau bureau à majorité communiste. Selon le témoignage de Lucien Molino*, Pierre Ferri-Pisani aurait essayé de l’intimider, pour qu’il abandonnât, en sa faveur, la direction de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône qui, aurait-il dit, « lui revenait de droit ». Redevenu minoritaire et opposant actif au sein de l’UD, il passa à FO au moment de la rupture, devenant président de la Fédération nationale de la Marine marchande et des marins de la nouvelle centrale. Dans le contexte de Guerre froide et dans une perspective anticommuniste, Pierre Ferri-Pisani, en liaison aec Irving Brown* dirigea le comité méditerranéen anti-Kominform relié à la Fédération internationale des Transports, elle-même filiale de l’AFL américaine. Il écrivit aussi dans Le Syndicaliste, le bulletin de ce comité.

Pierre Ferri-Pisani fut également antigaulliste. Il désapprouva dès les débuts de la Ve République la politique algérienne du chef de l’État. Malade, déçu par l’évolution générale de la conjoncture, estimant surtout, conformément aux principes stoïciens qui l’animaient, que ses capacités physiques ne répondaient plus à ses objectifs, il se suicida le 21 octobre 1963. Ses obsèques se déroulèrent dans l’intimité le 24 à Marseille.

Pierre Ferri-Pisani était officier de la Légion d’honneur. Il avait aussi reçu la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23824, notice FERRI-PISANI Pierre, Toussaint par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 2 décembre 2008, dernière modification le 10 novembre 2010.

Par Antoine Olivesi

ŒUVRE : Ferri-Pisani a écrit, avant la guerre, un ouvrage, Le Syndicalisme maritime et des articles dans Le Petit Provençal, Le Populaire de Provence, Marseille puis Provence socialiste, Le Midi syndicaliste et divers bulletins syndicaux, tel Le Sifflet, ainsi que dans des feuilles électorales éphémères, comme La Défense ou Les Élections, en 1928, sans oublier, après la guerre, Le Syndicaliste, organe anti-Kominform.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, II M2/359 et 360 ; VM2/276, 282, 283, 289, 290 ; M 6/10807, rapports des 11 février et 16 juin 1928 ; M 6/10793, rapport du 23 février 1938 ; M 6/10823, rapports des 10 août et 2 septembre 1939 ; M 6/10839, 10843 et 11379, M 6/13302, rapports des 3, 10 janvier et 20 février 1945 ; M 6/13705, rapport du 2 décembre 1944 ; M 6/13308, rapport du 10 février 1947 ; M 6/15229 ; M 14/5785 (mars 1946). — Nombreuses liasses dans les séries XIV M 24 et XIV M 25, notamment, XIV M 24/60, et 24/61, rapports des 24 mai, 13 et 25 juillet 1928 ; XIX M 24/62, rapports du 22 janvier 1935 et du 2 août 1939 ; XIV M 25/58 à 78, 83, 109, 133 et 149 (communiqué et appel communs du Syndicat des IM et des ADSG, dénonçant « le coup de force communiste » du 4 janvier 1939, et résolution d’exclusion définitive de ces deux syndicats « des éléments assujettis au Parti communiste ». — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1935. — Le Petit Provençal, 18 au 29 octobre 1928, avril-mai 1929, 9, 10, 22, 23, 25, 26, 30 octobre (photo) 1931, mars-avril 1932, 3 février 1933 (compte rendu de livre et photo, 27 février, 25 mars, 21, 25 et 26 juin, 4 août, 9 et 18 septembre 1933, 20 janvier, 2, 4, 5, 10, 13 et 19 février 1934, 3, 6, 20 mars, 14 mai, 30 juin, 1er, 2, 12, 24 juillet, 30 août, 9 et 18 septembre, 29 et 31 octobre, 1er et 25 novembre, 26 et 29 décembre 1934. Fréquentes citations lors des consultations électorales, congrès politiques et syndicaux en 1935-1936, notamment avril-mai 1935 (photo le 2 mai), janvier-février 1936, avril-mai-juin 1936 ; 1er octobre 1937 ; 13 avril, 26 juin et 31 octobre 1938 ; 26 octobre 1938 ; janvier-février 1939, 27 août 1939. — Le Petit Marseillais, 5 janvier 1939 et jours suivants jusqu’au 14 janvier. — Marseille-Matin, 9 et 10 octobre 1931 et dans les périodes électorales ultérieures, ainsi que le 27 août 1939. — Massalia, 15 février 1930. — Marseille Libre, (journal sabianiste), notamment en avril 1932. — Marseille socialiste, notamment, les 25 février, 25 avril, 1er mai 1936, 27 juin et 17 décembre 1937 (nombreuses photos du militant). — Provence socialiste, 29 avril 1938, 23 juin, 14 et 28 juillet, 4 août 1939 (citations dans la biographie). — Marseille, revue municipale, 1936-1939. — Le Midi syndicaliste, février 1932, 15 janvier 1936, 20 juillet 1938. — Rouge-Midi, notamment les 27 janvier, 17 mars, 12 mai, 7 et 14 juillet, 3 novembre et 8 décembre 1934. — L’Humanité, 15 juin 1928. — Le Provençal, 6, 9, 11, 21 octobre 1945. — La Marseillaise et Rouge-Midi, 7 et 8 octobre 1945. — Le Provençal, 23 octobre 1963 (simple avis de décès). — La Vérité sur la dissolution de la fédération des Bouches-du-Rhône, et Rapport aux fédérations socialistes… sur la dissolution de la fédération des Bouches-du-Rhône, brochures d’octobre 1945, citées (30 pages environ chacune), OURS, Paris. — B. Georges, D. Tintant et A.-M. Renault, Léon Jouhaux et le Mouvement syndical, op. cit., p. 282-284. — Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, t. II, p. 206 et 493. — Antoine Olivesi, La Situation sociale en province : Marseille et le Sud-Est, in Édouard Daladier, chef de gouvernement, sous la direction de René Rémond et Jeanne Bourdin, p. 178 et suivantes, Paris, 1977. — Le Mémorial des Corses, t. VI, chap. 3, « Les Corses à Marseille, la vie politique et syndicale », par Antoine Olivesi, p. 464 à 477. — J. Derogy et J.-M. Pontaut, Enquête sur les mystères de Marseille, Paris, 1984, p. 357, 367, 370, 372-374. — G. Rocher, Marseille. Les Années Defferre, op. cit., p. 58 et 96. — J.-L. Vaucoret, Un homme politique contesté : Simon Sabiani (biographie), thèse de 3e cycle, 2 vol. dactylographiés, Aix, 1978. — R. Mencherini, L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône… , op. cit., thèse de 3e cycle, 2 vol. dactylographiés, Aix, 1985 (index). — M. Baudoin, thèse citée, t. 1, p. 71. — Monique Tournier, Les grèves à Marseille de 1937 à 1939, mémoire de maîtrise cité. — M.-A. Stagliano, Le Midi syndicaliste…, op. cit. — Véronique Avellan, Le Syndicat des marins à Marseille 1919-1938, mémoire de maîtrise, Aix, 1978. — Renseignements communiqués par Madeleine Baudoin à propos du rapport « Flora » cité. — Entretien avec Charles Ferri-Pisani fils du militant. — Renseignements fournis par Marcel Acquaviva. — Gringoire, n° 627, 12 décembre 1940. — Ferri-Pisani Pierre, Discours à l’occasion du lancement du Comité méditerranéen, janvier 1951 à Marseille. AFL-CIO archives, Silver Spring, Maryland (selon W. Barrett Dower, voir le notice Irving Brown*)

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