LEYDET Raoul, Marius

Par Jean-Marie Guillon

Né le 17 septembre 1904 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 3 juin 1962 à Marseille ; ouvrier savonnier ; communiste et syndicaliste CGT.

Fils d’Henri Leydet, journalier, et de Virginie Brun, sans profession, Raoul Leydet était entré comme mouleur à la Savonnerie marseillaise en octobre 1930. Il se maria le 21 octobre 1933 à Marseille avec Florence Sciarra, dont il eut un enfant. Militant syndical, il avait été licencié de son emploi le 1er décembre 1938 pour avoir été, d’après les Renseignements généraux, l’organisateur de la grève de septembre 1938 à la Savonnerie avec piquets de grève et violences. Il fut arrêté et condamné à trois mois de prison avec sursis. Pour les Renseignements généraux, communiste « notoire », il aurait été « chef » de cellule. Embauché à la savonnerie Malaterre, il s’y montrait un bon ouvrier et n’y avait pas d’activité syndicale. Cependant, il avait été signalé par un informateur pendant la guerre comme faisant de la propagande et considéré comme un « individu dangereux susceptible de faire partie des groupes d’action », ce qui avait motivé une proposition d’internement administratif, le 9 mars 1940, qui n’avait pas été suivie d’effet. Mais, lors de la venue du maréchal Pétain à Marseille au début décembre 1940, il fit partie des « suspects » arrêtés et placés en rade sur le Sinaïa pendant une semaine. Il fut encore arrêté et gardé à vue deux jours par la suite. Pour la police, il continuait à avoir une activité souterraine, ce qui, à ses yeux, était corroboré par le contact qu’il avait avec Lucien Nédélec. C’est ce qui motiva une nouvelle proposition d’internement. Il fut arrêté le 28 août 1942 à l’usine et, trois jours après, il était dirigé vers le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Une pétition fut signée par ses camarades de travail où ils attestaient qu’il n’avait jamais fait acte de propagande. Datée du 14 septembre 1942, elle fut transmise aux autorités avec un mot de son frère, Joseph, qui affirmait qu’il avait abandonné le parti communiste depuis, au moins, 1930 pour se consacrer en 1936 à l’action syndicale. Il ajoutait qu’il était membre du syndicat des produits chimiques depuis sa démobilisation. Raoul Leydet ne fut libéré de l’internement que le 17 mai 1944. Il avait été astreint à résider au Mans (Sarthe) par un arrêté du 13 mai précédent. Son dossier de Résistance signale son appartenance au Front national avec comme alias Moussi. Cette étiquette recouvre peut-être son engagement au parti communiste clandestin, mais on ne sait s’il concerne la période antérieure à son internement ou celle qui suivit sa libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238254, notice LEYDET Raoul, Marius par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 11 février 2021, dernière modification le 11 février 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 5 W 196 (dossier internement). — Mémoire des Hommes, SHD Vincennes, GR 16 P 370903 (nc). — État civil.

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