CÉLERIER Auguste

Par Daniel Grason

Né le 14 juillet 1911 à Arnac-Pompadour (Corrèze), mort le 10 juillet 1991 à Brive-Lagaillarde (Corrèze) ; coiffeur ; communiste ; déporté à Dachau (Allemagne).

Fils de Fernand Léonard et de Marie Chassaing, marié, sans enfant, le couple vivait 30 rue du Moulin à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine). Fernand Léonard alla à l’école primaire, mobilisé du 1er septembre 1939 au 28 juillet 1940 à Sétif en Algérie, libéré il revint à Puteaux. En juillet 1941, sa femme Hélène sortit du logement familial et le prévint que des policiers l’attendaient à leur domicile. Une dénonciation était à l’origine de cette visite policière.
Fernand Léonard partit en zone libre, revint en août 1942. Il aurait rejoint alors l’organisation clandestine du parti communiste. Il logeait dans un logement loué par sa sœur au 8, place de l’Asile à Asnières pour son travail dans l’organisation clandestine. Il aurait rencontré « incidemment » un ouvrier dont il avait fait la connaissance dans les réunions de coiffure.
Ils se retrouvèrent dans un café dans le quartier de la gare Saint-Lazare en soirée vers 20 heures 30. Il a été présenté à un homme qui s’y trouvait, celui-ci lui proposa d’entrer dans la Résistance, il accepta. Un rendez-vous a été fixé huit jours plus tard dans un café à la gare de La Garenne-Bezons. Il lui présenta "Maxime" âgé d’une cinquantaine d’année. Il lui fixa un nouveau rendez-vous pour le jeudi suivant place de la Concorde à Paris, devant la statue d’Albert 1er à 12 heures 30. L’homme d’un mètre soixante, la cinquantaine était habillé de couleur foncé, chapeau mou assortit, petites moustaches, sans lunettes. Il devait travailler avec lui en binôme.
Nouveau rendez-vous huit jours plus tard à 14 heures 30 sur l’avenue de la Porte de Saint-Mandé dans le XIIe arrondissement. L’homme mesurait 1,70 m, 35 à 40 ans, 35 à 40 ans, cheveux châtains, parfois tête nue ou chapeau mou foncé, rasé, français, complet gris sombre. Il arriva à pied.
Interrogé sur d’autres résistants, il affirma qu’Il ne connaissait ni Eloi, ni Fabrice, ni Quincy. Il entra dans la Résistance, assuma les fonctions de responsable à l’organisation d’un secteur, participa à la distribution de tracts.
La chute de Le Pen entraîna la sienne, il a été interpellé le 14 septembre 1942 par des inspecteurs de la BS1 à 11 heures au 125, rue de Tocqueville à Paris (XVIIe arr.). Il était en compagnie d’Hermet. Fouillé, Auguste Célerier ne portait sur lui, aucun objet ou document suspect. Il était inconnu des Renseignements généraux et des Sommiers judiciaires.
Probablement frappé, il reconnaissait « avoir menti en disant que j’étais parti en zone libre, j’ai quitté le salon Jaurès coiffure […] et je suis entré comme ouvrier coiffeur dans un grand salon du boulevard Haussmann près de la place Saint-Augustin. […] Je suis resté environ deux mois, et ensuite j’ai travaillé à Levallois rue Ribet derrière le commissariat, maison Louis environ cinq à six mois. »
Il commença à militer en mars, abandonna le salon de coiffure à plein temps, y travailla à temps partiel. Il vivait avec sa femme rue de Guingamp à Levallois-Perret. Il commença à militer en mars 1942. Il eut un nouveau rendez-vous à Levallois-Perret, un inconnu lui a été présenté. Il participa à la distribution d’un numéro de L’Humanité clandestine dans une rue de Levallois-Perret. Il était en contact avec "Firmin".
Il reconnaissait avoir distribué des tracts « pendant trois ou quatre mois à Levallois-Perret. Il était en contact avec "Hamon", "Firmin" et "Perco". Il affirma ne servir « que de boîte à lettres » parce qu’il était depuis quelques mois le trésorier de l’organisation ».
Emmené au commissariat des Quinze-vingt dans le XIIe arrondissement qui avait interpellé Maurice Faterman. Il subit un nouvel interrogatoire, il affirma  : « Je n’ai jamais appartenu avant-guerre au Parti communiste ». Il eut un premier contact avec un ancien élève de l’école de coiffure dans le courant du mois de mars 1942. Les policiers lui présentèrent les photographies des résistants arrêtés, il reconnut : Hermet dit "Maxime", Sauciat dit "Petit Père" Le Pen dit "Prosper" et Henriette Ratti. Il rencontra les deux premiers lors de la remise de documents et d’argent, le troisième au dépôt de tracts de la rue de Tocqueville. Quant à Henriette Ratti, elle avait été l’amie d’un coiffeur qui travaillait avec lui.
Auguste Célerier a été inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Emprisonné, il comparut le 5 juin 1943 devant la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris, il a été condamné à trois ans de prison et 1.200 francs d’amende.
Il était le dans le convoi de 2.143 déportés à destination de Dachau en Allemagne. Il travailla au Kommando de Kaufering-Landsberg en Bavière à cinquante kilomètres au sud-ouest de Munich, puis à Allach où le 17 mai 1944 a été créé une manufacture de porcelaine, et ensuite une usine qui fabriquait des moteurs pour BMW. Matricule 72333 il a été libéré le 30 avril 1945 à Allach.
Auguste Célerier a été homologué combattant de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).
Il mourut le 10 juillet 1991 à quatre jours de ses quatre-vingt ans à Brive-Lagaillarde (Corrèze).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238396, notice CÉLERIER Auguste par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 février 2021, dernière modification le 19 février 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 1778-112614 (dossier Faterman), BA 2056. – Bureau Résistance GR 16 P 114519. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet Match ID.

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