ROUSSILLON Jean-Pierre dit Jean

Par Jean-Michel Steiner

Né le 26 novembre 1907 à Saint-Étienne (Loire), mort à Saint-Étienne le 23 mai 1967 ; ouvrier mouleur, militant CGT et PCF, membre du comité de la fédération PCF de la Loire (1946-1950) ; responsable de l’Union départementale CGT des métaux ; membre du secrétariat de l’Union départementale CGT de la Loire de 1956 à 1967.

Congrès des métaux Saint-Étienne 1963
Congrès des métaux Saint-Étienne 1963
À la tribune, de gauche à droite : Henri Tronchon, Jules Daumur, Jean Roussillon, Jeanine Bulcourt, Jeanine Theolet, Mathilde Rocher

Son père, Jean-Pierre Roussillon, fils d’un agriculteur de Poncins commune de la plaine du Forez, né le 12 octobre 1881, wagonnier à la Cie PLM, s’était installé à Saint-Étienne dans le quartier du Soleil, près de la gare de Châteaucreux. Sa mère, Eugénie, Marguerite Oudin, née le 29 octobre 1888, fille d’un mineur du quartier du Soleil, travaillait comme cylindreuse lorsqu’ils se marièrent le 20 juillet 1907.

Jean-Pierre Roussillon a passé son enfance entre le quartier du Soleil et celui de la plaine Achille où ses parents s’installèrent rue de l’École. Deux frères sont nés : Claude en 1909 et René en 1913. Pendant la Grande guerre, le père fut mobilisé comme affecté spécial à la gare de Châteaucreux.

Devenu ouvrier métallurgiste Jean-Pierre Roussillon travailla comme mouleur, notamment à l’usine Leflaive dans le quartier de la Chaléassière de Saint-Étienne. Militant CGTU, il participa à la grève de la métallurgie stéphanoise de 1924 : il avait à peine 16 ans. En 1936, il appartenait au syndicat réunifié des métaux CGT de St-Étienne.

Le 17 octobre 1935, il épousa à Saint-Étienne, Madeleine, Constance, Joséphine Mathey, sténodactylographe, née le 26 décembre 1907, fille d’un métallurgiste. Le 3 octobre précédent, il avait reconnu comme sa fille, Andrée, Josephe, Pierrette, que Madeleine Mathey avait mise au monde le 17 novembre 1927 à Saint-Étienne.

Incorporé le 12 mai 1928, Jean-Pierre Roussillon effectua son service militaire dans le 23e Régiment d’Infanterie coloniale et devint caporal le 21 novembre 1928. Rappelé le 28 août 1939, il fut envoyé en Algérie pour être successivement affecté au dépôt de tirailleurs de Miliana (18 octobre), puis à Oran, au 2e Régiment de Zouaves (20 décembre), et enfin au dépôt d’artillerie de Maison Carrée (8 juin 1940).

Rentré à Saint-Étienne, il participa pendant l’État Français au noyautage des syndicats de la Charte du Travail. À la Libération Jean-Pierre Roussillon fut élu secrétaire du syndicat des métallurgistes de la Loire et en 1950, devint membre de la Commission exécutive de la Fédération Nationale de la Métallurgie, où il resta jusqu’en novembre 1966.

Adhérent au PCF en 1944, il milita à la cellule du Crêt de Roc. Il fut membre du Comité fédéral de la Loire de 1946 à 1950, et figura sur la liste conduite par Claudius Buard pour les élections municipales en 1947 à Saint-Étienne.

Élu au secrétariat de l’UD-CGT en 1956, Jean-Pierre Roussillon assura la conduite du comité de coordination des syndicats des Métaux de la Loire jusqu’en 1966. Avec le souci de s’appuyer sur les principaux dirigeants des syndicats des entreprises métallurgistes stéphanoises - Roger Moulin, Louis Vial, J. Chirat de Saint Chamond, Nomon des ICT Firminy – Roussillon conduisit de nombreuses négociations paritaires à l’ASMPL. Henri Tronchon se souvient d’un homme aux « interventions calmes, mesurées, argumentées, bien ciblées » et de « son souci d’aboutir à des positions revendicatives communes ». Il attribue à son habileté dans les négociations et à son sens du rapport des forces l’obtention en 1965 d’un relèvement de 19% de la grille minima et l’amélioration de la convention collective.

Secrétaire de l’UD CGT de la Loire, Jean Roussillon fut l’organisateur de la Fête de l’Union départementale, à Saint-Étienne au printemps 1964. Il mourut à Saint-Etienne le 23 mai 1967. Le 26 mai, une cérémonie fut organisée à la Bourse du Travail au cours de laquelle Joseph Sanguedolce, secrétaire général de l’Union départementale CGT, Salvador Lombardo, secrétaire de la Fédération PCF de la Loire, et Jean Breteau, secrétaire de la Fédération nationale de la Métallurgie lui ont successivement rendu hommage.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238398, notice ROUSSILLON Jean-Pierre dit Jean par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 16 février 2021, dernière modification le 17 février 2021.

Par Jean-Michel Steiner

Congrès des métaux Saint-Étienne 1963
Congrès des métaux Saint-Étienne 1963
À la tribune, de gauche à droite : Henri Tronchon, Jules Daumur, Jean Roussillon, Jeanine Bulcourt, Jeanine Theolet, Mathilde Rocher

SOURCES : Arch. Dép. Loire : 1 R 1876, registres matricule classe 1927, n°1416 - Arch. Mun. Saint-Étienne : 2 E 144 (naissances, juillet – décembre 1907) ; 1 K 13, liste électorale 1925 ; 3 E 168 (mariages, 24 août-31 décembre 1935) - Cahiers de l’IHS-CGT Loire, Benoit Frachon. — La Tribune, 27 mai 1967. — Témoignage d’Henri Tronchon. — La Vie ouvrière, nº 1029, 20 mai 1964, p. 12, nº 1188, 7 juin 67, p. 15.
BIBLIOGRAPHIE : Luirard Monique, La Région stéphanoise dans la guerre et dans la paix (1936-1951), Saint-Étienne, PUSE - CIER/SR, 1980. — Steiner Jean-Michel, Le PCF dans la vie stéphanoise (1944-1958). Communisme et anticommunisme dans une grande ville ouvrière sous la IV° République. Université J. Monnet St-Étienne. Décembre 2005. 832 p. — Hervé Bleterry, Le mouvement ouvrier dans la Loire sous la IVè République, MM, 1985, Université Saint-Étienne - Pierre Héritier, Roger Bonnevialle, Jacques Ion, Christian Saint-Sernin, 150 ans de luttes ouvrières dans le bassin stéphanois, Saint-Étienne, Le champ du possible, 1979, 356 p. — Cedmo 42, Annuaire photographique historique de militants communistes ligériens. 1940 – 2000, 2020, sp - Jean-Paul Burdy, Le Soleil noir. Un quartier de Saint-Étienne. 1840-1950, Lyon, PUL, Centre Pierre Léon, 1989, 270 p.

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