BÉJAR TORO Francisco alias Frédéric ou Federico dans la résistance

Par Eric Panthou

Né le 17 novembre 1917 à Ceuta (ex Espagne, Maroc), mort le 14 juin 2005 à Saint-Priest-en-Jarez (Loire) ; membre du Parti communiste espagnol (PCE), membre des Francs-tireurs et partisans (FTP), Commissaire Technique (CT) du camp Woldi en Haute-Loire puis des FTP MOI ; condamné à mort puis emprisonné sous Franco.

Sans doute réfugié en France après la Guerre d’Espagne, Francisco Béjar Toro rejoignit la Résistance au sein des Francs tireurs et Partisans en Ardèche et Haute-Loire à partir d’octobre 1943.
Il devait auparavant appartenir à un groupement de travailleurs étrangers (GTE), structures créées par le Régime de Vichy chargés de surveiller et faire travailler les travailleurs étrangers à moindre coût. Il existait notamment un GTE à Paulhaguet dans la Haute-Loire d’où plusieurs Espagnols rejoignirent les maquis de résistants, comme le camp Wodli,
Francisco Béjar Toro intégra le camp Wodli en Haute-Loire.
Camille Pradet alias Gaby attestat que Francisco Béjar Toro avait été Commissaire Technique (CT) du camp de mi décembre 1943 à mai 1944. Il était chargé tout particulièrement de l’armement, du matériel et de l’approvisionnement. A ce titre, il organisa et dirigea de nombreuses opérations de récupérations de matériels et d’armes sur les dépôts allemands et vichystes. De janvier à mai, il participa aux opérations armées face aux troupes allemandes dans la région d’Yssingeaux et de Recharinges, commune d’Araules (Haute-Loire) et Rochepaule (Ardèche) et en juillet 1944 aux combats de Saint-Paulien et Bellevue-la-Montagne (Haute-Loire) contre les colonnes allemandes remontant du Puy, aujourd’hui Le Puy-en-Velay.
En août 1944, il fut détaché du camp Wodli pour prendre des responsabilités dans les groupes de combattants d’origine espagnole.
Selon Pascale Moiron, il aurait été commissaire aux effectifs (CE) au Wodli, aidant notamment à l’encadrement et à la formation des jeunes venus les rejoindre pour fuir le service du travail obligatoire (STO). Le témoignage de Camille Pradet doit être retenu en priorité.
Les Espagnols qui étaient plusieurs avec des postes à responsabilité au sein du camp Wodli, à commencer par celui présenté comme le chef, Francesco Rodamilans alias Luc, au printemps 1944, ont perdu leurs responsabilités fin mai 1944 et ont été regroupés dans les FTP MOI.
Francisco Béja Toro repartit en Espagne semble-t-il à l’issue de la Libération.

En 1944, il était secrétaire à la Propagande au sein de la direction du Parti communiste espagnol (PCE) pour la Province de Valencia, connu sous le nom de Federico. Il fut arrêté le 20 janvier 1947 en même temps que le reste des membres du Comité régional de Valencia du PCE. Il fut condamné à mort, commuée en peine de prison de 30 ans en 1964. Il fut incarcéré dans la prison de Burgos. En France, le Comité national de défense des victimes du franquisme intervint en 1964 pour réclamer pour lui et plusieurs dizaines de ses camarades ayant eu leur peine de mort commuée, une amnistie.
Il fut libéré semble-t-il peu après et revint ensuite s’installer en France dans la région où il avait agi dans la Résistance.
Dans les années quatre-vingt, il habitait Bezons (Va-d’Oise).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238521, notice BÉJAR TORO Francisco alias Frédéric ou Federico dans la résistance par Eric Panthou, version mise en ligne le 17 février 2021, dernière modification le 26 février 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : Carlos Fernandez Rodriguez, Los otros camaradas : El PCE en los orígenes del franquismo (1939-1945), Zaragoza, España : Prensas de la Universidad de Zaragoza, 2020. — Ordre de libération de prisonniers par le Ministère de la Justice espagnole en 1964. — Comité national de défense des victimes du franquisme, n°16, avril-juin 1964. — Enric Juliana, En el centenari de Manuel Moreno Mauricio : L’HOME QUE NO ES VA VOLERPOSAR DE PUNTETES. — Mail de Roger Maurin, le 17 février 2021. — Attestation à l’appui d’une demande de Carte de Combattant Volontaire de la Résistance ou de Carte de Combattant, établie par Camille Pradet à l’attention de Francisco Béjar Toro (archives Roger Maurin). — Généanet.

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