FAUVEAU Odette [née MARCHAL Odette, Charlotte]

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Née le 4 mai 1901 à Pierrelaye (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), morte en déportation le 4 mars 1945 à Ravensbrück (Allemagne) ; militante communiste de Paris ; résistante.

Fille de Jules Marchal, cantonnier, et d’Eugénie née Rasselet, couturière, Odette Marchal se maria à Paris, XIIe arr. le 4 septembre 1939 avec Georges Fauveau. Le couple demeura 31 Passage Montgallet dans l’arrondissement. Elle était membre du Parti communiste depuis 1937, cellule Lepeu de la section de Picpus, elle poursuivit son activité militante après la dissolution de l’organisation par le décret du 22 septembre 1939.

De retour d’exode en juin-juillet 1940, elle participa à la reconstitution du Parti communiste en transportant les tracts et le matériel de propagande et en accompagnant son mari dans ses voyages dans l’Ouest et le Sud-Ouest. Le matériel de propagande pour la province était fabriqué à Paris, le militant communiste Louis Coulibeuf était chargé des expéditions. Des inspecteurs de la BS1 l’interpellèrent le 25 novembre 1941, perquisitionnèrent un laboratoire et la loge où il habitait du 5 Avenue Debibour, XIXe arr. Des armes, bombes, explosifs et des munitions à profusion étaient saisis.

Louis Coulibeuf, passa aux aveux indiqua des cachettes aménagées par lui-même dans deux caves. Les policiers saisissaient des rapports politiques et des notes pour la préparation d’attentats, une quinzaine d’adresses de responsables de la région Sud-Ouest étaient découverts ainsi qu’une cinquantaine de kilos de tracts. Il indiqua aux policiers qu’Odette Marchal nom de jeune fille de l’épouse Fauveau participait à la diffusion de tracts. Elle était arrêtée le 13 décembre 1941, son mari aussi. Elle était internée à la prison de Fresnes.

Son mari Georges, responsable de l’Organisation spéciale depuis novembre 1941 se défenestra le 18 décembre des locaux de la préfecture de police où il était interrogé. Il y eut une trentaine d’arrestations dans la région Sud-Ouest. Tous comparurent le 9 septembre 1942 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait à l’Hôtel Continental. Condamnée à mort, elle obtint un sursis d’exécution et sa peine fut transformée en travaux forcés à perpétuité. En octobre 1942 elle était transférée en Allemagne à la prison de Karlsruhe, puis à celle de Lübeck-Lauerhof, et à Jauer. Les détenues furent envoyées au camp de concentration de Ravensbrück en janvier et février 1945, Odette Fauveau y fut gazée le 4 mars 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23875, notice FAUVEAU Odette [née MARCHAL Odette, Charlotte] par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason , version mise en ligne le 10 décembre 2008, dernière modification le 16 juin 2014.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0971, 77W 193. – Arch. DAVCC Caen, liste S 1744 (Th. Pouty). – Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes, Les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941, Fayard. – Livre- Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. — État civil, Pierrelaye.

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