FELCE Pierre

Par Louis Botella, Michel Dreyfus

Né vers 1920 ; agent de maîtrise puis cadre ; syndicaliste FO, secrétaire général de la Fédération des Transports, membre de la commission exécutive confédérale (1950-1954, 1956-1959, 1961-1968) ; membre du Conseil économique et social (1964) ; membre du conseil d’administration de la RATP au titre de la CGC (1985-1988).

Pierre Felce, agent de maîtrise puis cadre à la Compagnie du Métropolitain de Paris, la future RATP, fut élu membre du bureau de la Fédération FO des transports dont le congrès constitutif eut lieu les 10 et 11 avril 1948 à Paris et dont le premier secrétaire général fut Maurice Gellibert. Lors du second congrès tenu le 23 octobre 1950, Pierre Felce devint secrétaire général adjoint.

À la suite du décès de Maurice Gellibert, intervenue le 24 août 1951, l’intérim fut assuré par Pierre Felce. Puis, le comité national de cette fédération, réuni les 19 et 20 janvier 1952, le porta à sa tête. Pierre Felce assuma cette fonction pendant plus de vingt ans.

En 1953, un conflit interne éclata au sein de cette fédération. L’un des syndicats de la RATP, celui du personnel d’exécution, avec à sa tête Yves Bourgoin, quitta sa fédération pour rejoindre la Fédération des travaux publics et des transports. Désaccords politiques, idéologiques, incompatibilité d’humeur entre ces deux dirigeants syndicaux ? La question fut finalement tranchée par le congrès confédéral de 1961 ; une commission de conciliation fut mise en place et un accord fut trouvé. Ce syndicat rejoignit sa fédération d’origine.

Pierre Felce siégea à la commission exécutive confédérale Force ouvrière de 1950 à 1954, de 1956 à 1959 et, enfin de 1961 jusqu’en 1968. Il en démissionna en Mai 68 pour protester contre l’attitude confédérale qu’il jugeait trop critique à l’égard du général de Gaulle. À l’issue de discussions préparatoires à un débat consacré au « syndicalisme dans la société », Pierre Felce adressa aux membres du comité confédéral national un document résultant d’une session de formation, consacré peu auparavant à ce thème. Opposé à l’orientation proposée par le comité exécutif, se proclamant fidèle à l’objectif d’André Begeron de maintenir l’unité de la confédération, Pierre Felce présenta ce texte comme une contribution permettant aux « réalistes » d’exister face aux « révolutionnaires ». Il critiquait le document fédéral qu’il trouvait trop vague, confiné dans des généralités et voulait mettre en lumière les traits spécifiques du syndicalisme dans la France des années 1970. Il estimait que le syndicat devait jouer un rôle « concertataire » et constituer un « corps intermédiaire ». Dans cette vision, le rôle du syndicat était de contribuer à la régulation du corps social en proposant des solutions au pouvoir comme à l’opposition,

Toutefois, cette orientation, qui représentait de facto une forme de soutien au gaullisme, ne rencontra qu’une audience limitée au sein de FO, comme en témoigna la marginalisation rapide de Pierre Felce après 1968. Le congrès confédéral de mars 1969 mit en évidence cette réalité.

Il avait été nommé membre de la section de la conjoncture et de revenu national du Conseil économique et social en janvier 1964.

Pierre Felce démissionna de toutes ses responsabilités syndicales et quitta Force Ouvrière en décembre 1972.

Il rejoignit par la suite la CGC et devint président de son syndicat des cadres de la RATP. Il cessa cette fonction à l’automne 1982. Il fut alors remplacé dans cette fonction par Robert Jung.

Lors du premier scrutin en 1984 pour l’élection des représentants des salariés au conseil d’administration de la RATP, Pierre Felce fut élu dans le collège cadre sous l’étiquette CGC.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23885, notice FELCE Pierre par Louis Botella, Michel Dreyfus, version mise en ligne le 10 décembre 2008, dernière modification le 2 mars 2013.

Par Louis Botella, Michel Dreyfus

Il fut l’auteur de Traminot, mon ami, Éditions de la Fédération FO des transports, 1953, 20 p.

SOURCES : Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 15 avril 1948, 9 novembre 1950, 24 janvier 1952, 9 décembre 1954. - Comptes rendus des congrès confédéraux FO de 1954 à 1971. - Etudes sociales et syndicales, septembre 1979. Pressebericht de l’ITF, 31 juillet 1950 ; Arch. de la Fondation Friedrich Ebert. - Rapports et comptes rendus des congrès de l’ITF ; Arch. de la Fondation Friedrich Ebert. — G. Adam, La CGT-FO, A. Colin, 1965. — Karel Yon, Retour sur les rapports entre syndicalisme et politique : le cas de la CGT-FO. Éléments pour la sociologie d’un « monde de pensée », thèse de sciences politiques, Université Paris I, 2008, p. 320-322. — Site Internet de la CGC RATP, avril 2009. — Robert Jung in Métro, Boulot...Passion, Éditions de l’Harmattan, 2004.

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