MILON Gérard alias Col alias l’Aigle alias Gaul le parisien alias Gramme dans la résistance

Par Eric Panthou

Né vers 1920 à Saint-Étienne (Loire) ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP), camp Wodli.

L’identité de cet ancien responsable du camp FTP Wodli est incertaine.
Selon les recherches de Lucien Bastet, il aurait été le chef de la Brigade spéciale (BC) du camp Lavalette, dans le secteur de Saint-Jeures (Haute-Loire), et du camp Lamandie dans une forêt de la commune de Cistrières (Haute-Loire).
Ce résistant, inconnu jusqu’alors du maquis FTP Wodli, installé depuis le printemps 1943 en Haute-Loire et parfois aux marges de l’Ardèche, fut nommé à la tête de ce camp pendant une période très courte -placée entre fin mai 1944 au plus tôt et début juillet 1944 au plus tard- quand le chef du camp, Théodore Vial alias Massat fut rappelé pour trois semaine par l’état-major régional des FTP. Il était probablement membre du Parti communiste pour être nommé à un poste aussi important.
Décrit comme parisien dans les études de René Gentgen et désigné par ce dernier sous le nom de guerre de Gaul ou de Col, sous le nom de Gramme par Théodore Vial et Camille Pradet alias Gaby, ou l’Aigle dans les notes de Lucien Bastet, cet inconnu se serait alors livré à plusieurs pillages dans le secteur de Trabesson, commune de Montclard (Haute-Loire). Selon Théodore Vial, le dénommé Gramme aurait commandé l’exécution d’un soi-disant collaborateur, Jules Bard. En réalité, il voulait s’approprier sa moto et Jules Bard n’était pas un collaborateur.
Le 19 juillet, il est arrêté par Antoine Angeli alias John qui veut l’abattre sur le champ dans le hameau de Trabesson où les faits se seraient déroulés. Mais Jean-Eugène Chalus alias Leduc, commandant régional FTPF, s’y oppose et ordonne le transfert de Gramme par la B.S du Wodli au maquis Vaillant Couturier pour y être jugé par Jean Sosso alias Jean Guillemot. Au cours de son transfert, la B.S est prise dans une fusillade avec des GMR à Chabreloches. Plusieurs maquisards sont gravement blessés, Noël Patriarca, chef de la brigade spéciale de Wodli, est tué, et Gramme parvient à s’enfuir. On ignore ce qu’il est devenu immédiatement après ces événements mais Théodore Vial le retrouva en 1949 à l’occasion d’un procès où Gramme était poursuivi pour ses actes commis au Wodli. Vial-Massat vint témoigner contre lui devant le tribunal militaire de Lyon, en 1948 ou 1949. Entre-temps, Gramme avait perdu une jambe aux combats sur le territoire allemand.
Son nom ne sera jamais mentionné comme ayant occupé des postes à responsabilités dans le maquis. Son nom n’apparaît pas sur la liste nominative des membres de la formation Camp Wodli dans le dossier d’homologation de cette unité combattante.
Alors qu’il est présenté comme né à Saint-Étienne (Loire), le 31 décembre 1920 ou 1921, il n’y a pas d’acte de naissance le concernant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238872, notice MILON Gérard alias Col alias l'Aigle alias Gaul le parisien alias Gramme dans la résistance par Eric Panthou, version mise en ligne le 6 janvier 2022, dernière modification le 6 janvier 2022.

Par Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincenne, 19 P 42-10 : dossier homologation unité combattante Camp FT Wodli Loire. — René Gentgen, Résistance Loire. Les formations militaire : ORA, ASU, SOE, FTP. Montferrat, Esperluette, 1993. — René Gentgen, Département de la Loire. FFI-FTPF. Monographie du Camp Wodli. Annecy-le-Vieux, 1988, dactyl. (archives Roger Maurin). — Camille Pradet et Théo Vial-Massat. Témoignages recueillis par Lucien Bastet et Roger Maurin le 16 mai 2006 à Saint-Paulien (archives Roger Maurin). Notes issues d’un travail en cours part Julien Ouguergouz.

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