GUIBOUD-RIBAUD Gaston [RIBAUD Gaston]

Par Marie-Cécile Bouju

Né le 17 août 1907 et mort 16 octobre 1986 à Gap (Hautes-Alpes), linotypiste, maître imprimeur, résistant.

Les parents de Gaston Guiboud-Ribaud étaient extrêmement modestes. Sa mère, Marie Madeleine Maillet, originaire de Gap, était couturière et son père, Henri Guiboud-Ribaud, originaire de Tullins, exerça plusieurs petits métiers pour subvenir aux besoins de sa famille. Ses parents s’installent comme glaciers à Gap en 1913.
Gaston et son frère cadet Raymond étaient engagés dans la vie du diocèse de Gap. Ils ont été responsables au sein de l’Association des scouts de France. Gaston Guiboud-Ribaud a fait partie du cercle local de la Jeunesse catholique, fréquenté les Semaines sociales et milité au Parti démocrate populaire.
Gaston Guiboud-Ribaud commença à travailler à 7 ans en vendant des journaux. Après son certificat d’études, il fit son apprentissage de typographe chez Louis Jean (Jean & Peyrot), une des plus anciennes imprimeries gapençaises. Il travailla ensuite à l’Imprimerie moderne (Muret et Clavel) à Gap, puis retourna chez Louis Jean comme linotypiste.
En 1934, Gaston Guiboud-Ribaud s’installa à son compte en fondant son imprimerie baptisée « Les Impressions commerciales. Gaston Ribaud » (6 rue Capitaine-de-Bresson, Gap). En juin 1936, il s’associa avec son frère cadet Raymond : l’entreprise devint « Les Impressions commerciales. Imprimerie Ribaud Frères ».
Gaston Guiboud-Ribaud a été mobilisé jusqu’au 16 août 1940. Il se trouvait alors à Sousse (Tunisie). Il rejoignit Gap le 23 août.
A son retour, avec son frère, il forma un groupe de résistants à Gap dans le milieu des démocrates chrétiens.
Les frères Guiboud-Ribaud mirent leur imprimerie dans la résistance. L’Imprimerie Ribaud Frères imprima en 1941 A travers le désastre (5000 exemplaires) de Jacques Maritain, à la demande de Marcel Arnaud, par l’intermédiaire de Fernand Belot.
Elle fut par la suite utilisée pour différents travaux clandestins : faux papiers (dont de fausses cartes permettant d’accéder aux ports et docks de Marseille), faux tickets de rationnellement, faux bons de réquisition, et ce jusqu’à la libération. Ils travaillèrent en particulière pour l’association La Chaîne, qui sous couvert d’entraide, fournit des faux papiers aux prisonniers évadés.
Les frères Ribaud furent également chargés de surveiller le contenu du courrier distribué à Gap.
Gaston Guiboud-Ribaud entra dans le réseau Corvette (il fournissait des clichés pour les faux papiers), et Raymond dans Action. Les deux frères firent partie de l’ORA à partir du printemps 1943 et oeuvrèrent pour les SAP de la BCRA.
Après la guerre, les frères Guiboud-Ribaud poursuivirent l’activité de leur entreprise jusqu’à leur retraite, en 1976 pour Raymond et 1978 pour Gaston. En 1978, Gaston Guiboud-Ribaud céda des parts à son fils André, qui travaillait avec son père et son oncle depuis 1954 et qui prit la direction de l’entreprise appelée désormais Imprimerie Ribaud. Elle ferma ses portes en 1983.
Gaston Guiboud-Ribaud a continué à militer dans la mouvance du catholicisme social. Il fut membre du MRP. Il fut aussi membre directeur de l’Union Départementale des Associations familiales, administrateur de la Caisse d’allocations familiales et président de la Chambre de commerce de Gap.
Gaston Guiboud-Ribaud a épousé Germain Faure à Gap le 8 septembre 1938. Le couple eut cinq enfants, dont André qui devint également maitre imprimeur.
A la libération, l’Imprimerie Ribaud Frères a imprimé une série intitulée Maquisard et Gestapo de 1946 à 1949.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238972, notice GUIBOUD-RIBAUD Gaston [RIBAUD Gaston] par Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 27 février 2021, dernière modification le 5 juin 2021.

Par Marie-Cécile Bouju

SOURCES : SHD GR 16 P 276331. – Arch. Dép. Hautes-Alpes acte naiss. n° 118 [en ligne]. - Paul Pons, « Gaston Guiboud-Ribaud (1907-1986) ». Bulletin de la Société d’études des Hautes-Alpes, 1988, p. 122-124. – Renée Bédarida. Les Armes de l’esprit : Témoignage chrétien, 1977, Ed. Ouvrières, p. 66-67. - Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Deuxième Guerre mondiale. Paris : à compte d’auteur, 1979, p. 387-388.

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