DER-MARDIROSSIAN Nechan dit Michel [pseudonyme dans la Résistance : Richard]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 22 février 1922 à Constantinople (Turquie), tué le 22 mars 1944 à Nice (Alpes-Maritimes) ; étudiant ; Franc-tireur et partisan-Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI).

D’origine arménienne, Nécham Der-Mardirossian habitait à Marseille (Bouches-du-Rhône), Notre-Dame de Consolation. Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), probablement militant communiste, il s’était engagé dans les FTP-MOI par l’intermédiaire d’un autre militant, Mardikian, qui travaillait avec l’un de leurs responsables, le « technique » interrégional Cot (Dimitri Koturovic ou Coturovich qui fut tué en avril 1944 par la bombe qu’il fabriquait). Il participa aux actions du détachement Marat à Marseille, puis fut envoyé à Nice en renfort du groupe FTP-MOI qui s’y trouvait. Il fut tué le 22 mars 1944 par la police française lors de l’assaut de ce que la presse régionale a appelé le « Fort Chabrol de la rue de France ». Mourut avec lui Francesco Pauselli, tandis que Bruno Ratti, grièvement blessé, fut condamné à mort par la cour martiale de la Milice et fusillé par les gendarmes le 29 juin suivant.
Les trois hommes avaient été contrôlés dans la vallée du Paillon, le 21 mars 1944, par des agents cyclistes au retour d’une mission. Pour les uns, ils venaient d’effectuer un sabotage de voie ferrée (d’après le témoignage recueilli par Léo Lorenzi et Pascal Posado). D’après Nathan Chapochnik, ils transportaient des armes provenant d’un parachutage dans l’arrière-pays. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ouvrirent le feu sur les agents, tuant l’un d’eux et blessant grièvement l’autre. La police put les retrouver car, toujours selon Chapochnik, ils avaient laissé une pièce d’identité aux mains des agents. Le meublé qu’ils avaient loué rue de France fut cerné par la police de Sûreté et la police urbaine, ils résistèrent quelques heures avant l’assaut final. Ce fut un coup très dur pour les FTP-MOI dont plusieurs durent quitter Nice.
Une plaque au 9 rue de France rappelle que les trois hommes furent « assassinés par la police hitlérienne de Darnand ». Le nom de Nichan Der-Mardirossian fut donné à une traverse du quartier populaire (et immigré) de La Cabucelle, dans le 15e arrondissement de Marseille, le 27 juillet 1946.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239066, notice DER-MARDIROSSIAN Nechan dit Michel [pseudonyme dans la Résistance : Richard] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 2 mars 2021, dernière modification le 20 mars 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Marseille, Éditions Jeanne Laffitte, 2002, p. 286. — Grégoire Georges-Picot, L’innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944, Paris, Éditions Tiresias, 2000, p. 233. — Léo Lorenzi, Pascal Posado et 150 témoins, 1938-1945, les communistes dans la tourmente dans les Bouches-du-Rhône, Marseille, Fédération des Bouches-du-Rhône du P.C.F. et l’amicale des vétérans, 1995, p. 82. — Jean-Louis Panicacci dir., La Résistance azuréenne, Nice, Serre, 1994.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément