CHRISTOU Christo

Par Armande Collin

Né le 20 octobre 1927 à Saint-Rambert-d’Albon (Isère) ; manutentionnaire ; syndicaliste CGT à la Rhodiaceta ; militant communiste de Péage-de-Roussillon ; militant du Mouvement de la paix.

Le père de Christo Christou, Démosthène Christou (1887-1945) naquit dans un village de Thrace, entre la Bulgarie et la Grèce. Il arriva en France, sans papiers, à la fin de la Première guerre mondiale, en 1918. Il passa par Marseille et la région parisienne avant de s’arrêter à Saint-Rambert-d’Albon. Après avoir travaillé dans une usine qui produisait du soufre, il se fit embaucher à la filature Rhodiaceta textile. En 1925 Demosthène avait épousé Catina (1902-1976), née à Aïvallé, en Turquie à la frontière avec la Grèce. Après Christo, naquirent une sœur puis un frère et une autre sœur. Christo Christou termina sa scolarité à l’école Ollier au Péage-de-Roussillon en 1941 après avoir obtenu son Certificat d’études primaires. Son père le fit embaucher à l’usine Rhodiaceta.

Le 8 mai 1942, Christo Christou commença à travailler à l’usine Rhodiaceta comme ouvrier spécialisé (OS) sur des machines textiles. Christo alors adolescent, disposait de la carte de « travailleur de force » qui lui donnait droit à 50 gr de pain en plus, 350 g pour la journée, et l’usine distribuait une soupe le matin. Il gagnait 3,67 F de l’heure alors que les adultes touchaient 6 F. Il resta manutentionnaire jusqu’à ses vingt ans, puis, après son retour de l’armée, il travailla à l’entretien.

Christo Christou partit pour le service militaire en décembre 1947, pendant le mouvement de grèves. Les trains ne circulaient pas, il eut le plus grand mal à rejoindre la région parisienne et Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis), son lieu d’incorporation, dans l’artillerie. Bon gymnaste qu’il pratiquait au Rhodia club, il fut finalement affecté à Provins (Seine-et-Marne) et nommé un temps instructeur. Il put accompagner une équipe au championnat de France militaire et eut la chance de s’entraîner avec les gymnastes de la garde républicaine. Le sport, avec le Rhodia club, tinrent toujours une place importante dans sa vie. Il entraîna l’équipe féminine de gymnastique jusqu’en 2015. Il fut juge lors du championnat de France féminin à Annecy et de la Coupe de France masculine à Monaco.

Christo Christou adhéra à la CGT à la Libération en 1945. En 1950, il fut élu au comité d’établissement (CE), chargé de la culture, et membre du CHSCT. La culture était modestement représentée par une bibliothèque minuscule. Les livres choisis étaient commandés au Centre de diffusion du livre et la presse (CDLP) créé en 1932 par le Parti communiste. Le nombre de femmes travaillant à l’usine augmentant, le CE mit en place des garderies pour les enfants et « la goutte de lait » pour les bébés. Il y eut aussi la mise en place d‘une commission culturelle avec les trois syndicats. Outre la bibliothèque, la commission s’occupait aussi du cinéma, de la discothèque, des ateliers photos, des expositions et organisa aussi des spectacles. Dans les années 1960 et 1970, l’offre culturelle s’enrichit avec des thèmes scientifiques et philosophiques. L’arrêt de la fabrication du fil d’acétate à la filature de Péage-de-Roussillon, en septembre 1976, entraîna l’occupation du site pendant 29 mois jusqu’à ce qu’un accord soit signé en février 1979. Christo Christou resta élu CGT au CE jusqu’à la fermeture de l’usine Rhodiaceta en 1980 qui marquait en même temps la fin de sa carrière professionnelle.

Christo Christou fut parallèlement un militant politique, après son adhésion au PCF en 1960. Après la mutation de Louis Fichet en 1979, il reprit la responsabilité des deux cellules d’entreprise de Rhodiaceta. Ensuite il fut élu au comité puis au bureau de la section locale. À l’époque, Roussillon comptait une section locale et la section d’entreprise Rhône Poulenc.

En 1983, Christo Christou participa au renouveau du Mouvement de la Paix à Péage-de-Roussillon. Après un premier essor en 1950, dans le prolongement de l’appel de Stockholm, le mouvement s’était étiolé localement. Lorsqu’un nouveau bureau fut constitué, Christo Christou fut interviewé par le journal le Progrès. En 2019, au cours d’une assemblée générale de l’Institut d’histoire sociale CGT de l’Isère Rhodanienne, Christo Christou proposa de monter une exposition pour le 1er mai 2020 afin de sensibiliser l’opinion sur les enjeux liés à la lutte pour la paix. L’épidémie de covid-19 et les mesures sanitaires qui suivirent rendirent cet événement impossible.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239210, notice CHRISTOU Christo par Armande Collin, version mise en ligne le 8 mars 2021, dernière modification le 8 mars 2021.

Par Armande Collin

SOURCES : Archives personnelles de Christo Christou. — Entretiens avec Christo Christou par Armande Collin.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément