JACQUEMONT Maxime, Antoine alias Colt dans la résistance

Par Eric Panthou

Né le 26 novembre 1921 à à Auzolette, commune de Gourgoul (Puy-de-Dôme), exécuté sommairement le 4 juillet 1944 à Serverette (Lozère) ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Fils d’Antoine et de Rosalie, Valérie Bonnet, Maxime Jacquemont rejoignit le maquis de Haute-Lozère à une date qu’on ignore. L’ONAC a essayé de retracer son parcours.
Il devint lieutenant sous le nom de Colt. Émile Peytavin alias Ernest cite le lieutenant Colt comme l’un des participants à la réunion qui se tient à la maison forestière du Berthaldès. Il semble d’après la date de cette réunion, 16 juin 1944, que Colt les a rejoint après les combats du Mont Mouchet. Chef de l’un des deux corps-francs du groupe de la Margeride du maquis FFI de Haute Lozère, il a le grade de lieutenant. Henri Cordesse reate sa dernière action : « Dans la matinée du 4 juillet, alors que Colt, en compagnie de quelques hommes, se trouve à Saint-Alban la nouvelle d’un convoi automobile montant de Mende lui parvient. D’où vient la nouvelle ? Coup de téléphone ? Peu importe, Colt et trois de ses gars sautent dans leur traction-avant et foncent vers Serverette par la D4 qui passe à l’est de Fontans. Peu avant la jonction avec la N107, Colt la voiture camouflée, prend position pour une embuscade rapprochée. La topographie permet, de part et d’autre de la 107, un repli sous couvert ou angle mort. En vérité, le convoi est simplement une voiture de la Feldgendarmerie, hérissée d’armes automatiques."
Colt tire, ses compagnons aussi. Un homme est touché dans la voiture d’où partent immédiatement des salves nourries. "Colt le plus près de la route, certainement repéré dès le premier coup de feu, est tué net par une balle. Ses compagnons décrochent. Le corps de Colt est enlevé par les Allemands.
Ce même jour, aux environs de 16 heures, la Feldgendarmerie informe la préfecture de la Lozère qu’un jeune homme a été tué dans la région de Serverette et que son cadavre, ramené à Mende, se trouve dans un camion garé devant l’hôtel de Paris. Des démarches sont entreprises auprès de l’état-major de liaison allemand pour déposer le corps de Maxime Jacquemont à la morgue de l’hôpital et, par la suite, procéder à l’inhumation. La police effectue les constatations et la fiche établie révèle que le corps ne porte pas de chaussures, et que la place de la montre est bien visible sur le poignet gauche. Les traces de balles et les blessures sont très nombreuses : « une balle entrée à 7 cm à droite du sein droit, une balle sortie à hauteur du nombril hanche gauche, une balle entrée au côté gauche, une balle entrée fesse droite, tête très ensanglantée, bras droit cassé par une balle ayant traversée le biceps droit. »

La sépulture de Maxime Jacquemont se trouve au cimetière de Séjalan à Mende dans le carré militaire. Le jugement déclaratif de décès porte, en marge, la mention « Mort pour la France ». Une stèle est érigée à la sortie de Serverette, à gauche, en direction de Saint-Chély d’Apcher, à proximité de l’endroit où Maxime Jacquemont dit « Colt » est tombé. Depuis deux hommages par an avec dépôts de gerbes et porte-drapeaux sont organisés, l’un le 8 mai par la commune et l’autre le 11 août par l’Onac.

Son nom figure aussi sur le monument aux Morts à Courgoul. Il figure dans la liste des tués du Puy-de-Dôme dressée par les autorités en 1945, sans précision d’adresse. On peut donc supposer qu’il habitait dans ce département. Il n’a pas de dossier de résistant au service historique de la Défense.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239313, notice JACQUEMONT Maxime, Antoine alias Colt dans la résistance par Eric Panthou, version mise en ligne le 14 mars 2021, dernière modification le 4 avril 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 57831, dossier Maxime Jacquemont (nc). — Arch. Dép. Du Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945. — "Serverette souviens-toi", Le Petit Serverettois, n°8, décembre 2017->http://www.serverette.fr/bulletin-municipal/5-decembre-2017.pdf]. — Midi Libre, édition Lozère, 15 août 2013. — Mémorialgenweb.

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