PETIT Léon

Par Michel Thébault

Né le 18 novembre 1900 à Saint-Coutant (Deux-Sèvres), exécuté sommairement le 24 août 1944 à Chaunay (Vienne) ; cultivateur ; résistant FTPF maquis Noël.

Léon Petit était le fils de Louis Petit, âgé de 36 ans, cultivateur et de Clémentine Ricard âgée de 32 ans, tous deux domiciliés au lieu-dit Verdoux, commune de Saint-Coutant. Il fit son service militaire au 89ème Régiment d’Infanterie. Muté en décembre 1920 au 22ème Régiment de Tirailleurs Algériens, il participa à la campagne du Levant jusqu’en novembre 1921. Il fut démobilisé le 15 mars 1922 et se maria à Chaunay (Vienne) le 9 août 1922 avec Lydie Marteau. Ils eurent trois enfants, trois filles Aimée, Suzanne et Carmen. Au recensement de 1936, la famille résidait au lieu-dit Les Chemerault, commune de Brux. Au sein d’une famille élargie, le couple cohabitait avec les grands-parents Victor et Ernestine Pommier-Marteau, mais aussi avec Ernest Marteau, le beau-frère de Léon Petit , lui même marié à Andrée Beauchamps et père de deux filles Monique et Marie. Tous étaient cultivateurs employant de surcroît deux domestiques, l’un comme cultivateur et l’autre comme berger. Léon Petit fut rappelé pour l’armée début mars 1940, affecté au 109ème bataillon de l’Air. En 1944, il était toujours agriculteur aux Chemerault, commune de Brux, ferme fortifiée où eurent lieu des parachutages alliés.

Il s’engagea dans la Résistance en mai 1944 rejoignant le maquis FTPF Noël, dont il devint un cadre officier, sous-lieutenant, commandant du détachement pour le secteur Chaunay – Rom. Il fut exécuté sommairement suite à une dénonciation le 24 août 1944 à Chaunay où il avait été attiré dans un guet-apens. Un rapport rédigé le 12 avril 1947 pour le dossier d’homologation du groupe Noël (op. cit.), par Gabriel Thiant, ex-commandant Noël, précise les circonstances : « Le 24 août le capitaine Picard, le sous-lieutenant Petit, le volontaire Bernard, sont attirés dans un guet-apens, par le maire du village de Chaunay. Collaborateur notoire durant l’occupation celui-ci s’était rallié à la Résistance et le capitaine Picard, assez naïf, s’est laissé prendre à ses paroles et lui a confié un poste important. Mais il se confirme que cet individu trahit. Son groupe est dissous, ses armes récupérées fin juillet. Thomas (c’est le nom du maire) incriminé fait demander au capitaine Picard de reprendre contact avec lui, d’amener avec lui le commandant Noël. Confiant, Picard accepte et le 24 se rend au rendez-vous. Les Allemands prévenus s’emparent de Petit et de son neveu et d’un autre volontaire Texier, charron du pays. Tous trois sont fusillés, le capitaine Picard est poursuivi mais réussit à s’échapper par miracle. La culpabilité du maire, sa femme et sa fille est bien vite établie, ils sont fusillés après jugement et après avoir avoué leur trahison ». Un récit postérieur de quelques années, écrit pour une commémoration par le même commandant Noël précise plusieurs points : « Depuis deux jours, le sous-lieutenant Petit persuade le capitaine Picard d’accepter de se rendre au rendez-vous que nous a donné le maire de Chaunay. La raison ? La restitution d’armes demeurées en la possession de certains habitants du pays et que nous voulons récupérer. Parti en liaison dans le secteur de Lencloître, je ne pourrai me rendre à cette invitation et surtout m’y opposer. Je n’ai aucune confiance en cet individu qui nous a déjà trahi une fois en immobilisant un important stock d’armes… [après la découverte du guet-apens par la présence d’Allemands dans le village] Picard alerté, cherche refuge au café Texier, un de nos amis… Brusquement les Allemands surgissent dans la salle, s’emparent de Texier et l’emmènent, d’autres passant par l’atelier de charronnage essaient de pénétrer dans la cour où s’est réfugié Picard. Il ne doit qu’à la présence d’esprit de Mme Texier de pouvoir s’échapper... Texier refuse de parler et une rafale le couche au coin de la borne où il a été arrêté.. Alertés au café Motillon, Petit et son neveu Raymond Petit… quittent le café, traversent la place et s’engagent dans l’allée qui prend juste devant le café Texier. Mais le traître qui les a amenés dans ce guêpier les a vus cherchant à s’échapper… Ramenés sans résistance, Mme Texier les voient échanger quelques paroles, l’oncle et le neveu s’étreignent et une balle dans la tête les couchent côte-à-côte… Leurs corps resteront plusieurs heures sur ce coin de route, foulés aux pieds par les hordes ignobles d’Hindous, serviteurs zélés de leurs dignes maîtres, les Allemands ».

Il obtint la mention mort pour la France, fut homologué FFI et reçut le statut interné-résistant (DIR). Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 7 novembre 1958. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Chaunay et sur la stèle commémorative, Grand-rue, près de la mairie avec l’inscription "Ici furent assassinés par les allemands le 24 août 1944 – Souvenez-vous". Des cérémonies commémoratives annuelles ont toujours lieu pour honorer leur mémoire.

Emmanuel, Olivier Thomas, boulanger, maire de Chaunay, âgé de 48 ans, sa femme Hélène Bellot, âgée de 45 ans, sa fille Éliette, âgée de 23 ans furent arrêtés, jugés et fusillés dans les Bois de Mauprié ,commune de Lusignan le 28 août 1944 (leur acte de décès fut dressé à Lusignan après l’exhumation des corps à la date du 18 mai 1945).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239587, notice PETIT Léon par Michel Thébault, version mise en ligne le 24 mars 2021, dernière modification le 29 mars 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne (état civil, registre matricule, recensements) — SHD Vincennes GR 16 P 471562 et SHD Caen AC 21 P 127397 (à consulter) — Archives collectives des Forces françaises de l’intérieur (site Mémoire des Hommes) FTPF groupe Noël GR 19 P 86/47 — Renseignements et archives Jacqueline Dribault dont le discours commémoratif du commandant Noël — Renseignements Loïc Richard VRID — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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