FAUCHER Albert, Jean

Par Gilbert Beaubatie, Jean-Pierre Besse

Né le 18 mars 1901 à Limoges (Haute-Vienne), mort au combat le 7 juin 1944 à Tulle (Corrèze) ; artisan plombier zingueur ; militant communiste ; résistant, commissaire technique régional des FTP de Corrèze (mai-juin 1944).

Plaque commémorative devant le Palais de Justice de Tulle

Fils de Jean Faucher, plâtrier, et de Jeanne Lamende, lingère, Albert Faucher s’était marié le 4 avril 1925 à Limoges avec Catherine Moscavit. Il s’installa à Tulle en 1929 ; il y exerçait la profession d’artisan-zingueur. En 1939, il dirigeait l’Union locale CGT.

Après l’armistice, dans son atelier situé rue de la Barrière, se rencontraient syndicalistes et communistes ; des armes et des explosifs y étaient entreposés. Il fut l’un des organisateurs des FTP de Tulle et, en mai 1944, devint membre du comité militaire régional des FTP et commissaire technique régional sous le pseudonyme de « Gustave ».

Jean-Jacques Chapou (Kléber) était commissaire à l’organisation et André Odru* (André) commissaire aux effectifs. Ce dernier se souvient que lorsqu’il fallut trouver une personne au poste de commissaire technique, Pierre Ganne*, le responsable du PC, n’hésita pas longtemps et prononça aussitôt le nom d’Albert Faucher. Odru poursuit :
« Je pénètre dans l’atelier de chaudronnier d’Albert Faucher, plombier-zingueur que je connais depuis quelques semaines, et dont je sais le rôle considérable qu’il a joué dans l’armement des FTP à l’origine. Dès les premiers mots, il m’arrête. Il n’est pas question pour lui, à son âge, de quitter son travail, sa clientèle, sa femme, ses deux enfants. Le travail clandestin, au Parti communiste comme aux FTP, il y a longtemps qu’il le mène depuis ce qui est son meilleur poste de combat : son atelier. Des quantités d’armes et d’explosifs ont déjà transité par là. Il connaît tous les gars, à la Manufacture d’Armes, à la Marque, à la Ville. C’est ici, à Tulle, que son travail est le plus efficace.
« Et pendant qu’il me dit tout cela, avec son fort accent de Limoges, Albert Faucher ne cesse pas de travailler. Son ombre trapue va, vient, fébrilement, dans la demi-obscurité de l’atelier qu’éclairent seulement l’ouverture sur la rue et les braises de la forge. Son marteau sur le fer rougi frappe, frappe, et le bruit me fait mal aux oreilles.
« À ma visite suivante, lorsque je pénètre dans son atelier, c’est par un éclat de rire et la main largement tendue qu’Albert Faucher m’annonce qu’il accepte. »

Il participa le 2 juin, à Clergoux, à l’ultime mise au point avant l’attaque de la ville de Tulle. Le 6 juin, après avoir appris le débarquement des Alliés, Marcel Godefroy* (Rivière) réunit le comité militaire pour savoir s’il fallait engager l’attaque comme prévu le 7 juin. Albert Faucher et André Odru étaient partisans de le faire, Marcel Godefroy et Jean-Jacques Chapou, réticents, souhaitaient attendre une journée. La décision fut prise, l’attaque eut lieu le 7 au matin. Albert Faucher y participa et fut tué par un tir venu des fenêtres de l’hôtel Moderne. Il tomba devant le tribunal. Une plaque fut apposée à cet endroit pour entretenir sa mémoire. Une couronne de fleurs y est déposée chaque 9 juin pour lui rendre hommage. Le Comité de Libération de Jules Lafue du 30 août 1944 décida de nommer l’ancienne place Général Nivelle place Albert Faucher dans le quartier de Souilhac. Cette
place est l’endroit où la population masculine de la ville a été rassemblée par les SS de la Das Reich en début de journée le 9 juin 1944.
Albert Faucher avait le grade de lieutenant FTP.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23961, notice FAUCHER Albert, Jean par Gilbert Beaubatie, Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 24 septembre 2014, dernière modification le 6 juin 2021.

Par Gilbert Beaubatie, Jean-Pierre Besse

Plaque commémorative devant le Palais de Justice de Tulle
Portrait d’Albert Faucher

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 217011, dossier résistant pour lbert Faucher (nc). — Jean-Jacques Fouché, Gilbert Beaubatie, Tulle, nouveaux regards sur les pendaisons et les événements de juin 1944, Lucien Souny, 2008. — Témoignage d’André Odru. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément