FINCK Édouard

Par Michel Dreyfus, Yves Lequin, Claude Pennetier

Né le 28 mars 1891 à Paris (XIe arr.), mort le 1er mai 1979 à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ; cocher livreur ; syndicaliste et militant communiste, membre de la commission exécutive de la CGTU (1931-1935) puis de la CGT (1935-1939), secrétaire général de la Fédération de la Chimie (1936-1939), élu à la commission administrative de la CGT de 1945 à 1947 (sept mandats confédéraux consécutifs après-guerre) ; président de la Fédération CGT des Produits chimiques en 1965 ; membre du Conseil national économique (1936-1940) ; membre de la commission nationale interprofessionnelle d’épuration (1944) ; conseiller municipal (1947-1977) et maire adjoint (1965-1977) d’Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis).

Fils d’un garçon brasseur originaire d’Alsace (Émile Finck) et d’une blanchisseuse originaire de Paris-La Villette (Suzanne Nidercour, parfois avec un t), qui ne se marièrent que dix-huit ans plus tard, légitimant ainsi six enfants, Édouard Finck suivit sa famille à Saint-Ouen puis à Aubervilliers. Il joua un rôle important dans l’histoire d’Aubervilliers et dans la branche de la Céramique-produits chimiques.
Domicilié chez ses parents, 88 rue de la Goutte-d’Or à Aubervilliers, Édouard Finck travaillait depuis longtemps dans cette ville comme cocher livreur à la Maison Mortiz et Cie, lorsqu’il adhéra au Parti communiste en 1926.

Le 10 juillet 1930, il fut nommé secrétaire général du syndicat ouvrier de la céramique, des industries chimiques et parties similaires de la région parisienne. Charles Tillon qui marqua sa vie, était alors l’homme influent de la fédération. Il entra dans le même temps à la commission exécutive de la Fédération nationale des mêmes secteurs affiliée à la CGTU quand furent éliminés ses dirigeants hostiles à la ligne générale de la confédération et à ce qu’ils considéraient comme son suivisme à l’égard des analyses du Parti communiste, dont Édouard Finck était lui-même adhérent. En août 1930, il fut désigné pour représenter les différentes organisations où il assumait des responsabilités au Ve congrès de l’Internationale syndicale rouge (ISR), à Moscou.

En 1935, au moment de la réunification syndicale, Édouard Finck entra à la commission administrative de la CGT et y siégea jusqu’en 1939. Il fut particulièrement actif pendant les grèves de juin 1936. Léon Blum l’aurait consulté sur l’approvisionnement en énergie de la France. Il était, en 1936, secrétaire général de la nouvelle Fédération de la Chimie, où les anciens « unitaires » étaient nettement majoritaires, et il fut réélu en juin 1938. Quelques mois plus tard, il fut des signataires de la motion « Vie ouvrière », où se retrouvèrent les anciens unitaires, à la veille du congrès confédéral de Nantes tenu en novembre 1938.

Enfin, Édouard Finck avait été, en mars 1935, désigné avec Robert Doury au conseil d’administration de la Caisse interdépartementales des Assurances sociales de la Seine et de la Seine-et-Oise, la CIAS qui regroupait alors à elle seule un septième des bénéficiaires de ce système pour toute la France. Toutefois, à cette date, la CGTU, hostile aux Assurance sociales n’avait créé aucune caisse, à la différence de la CGT confédérée. Robert Doury et Édouard Finck qui refusèrent ensuite la proposition qui leur fut faite d’entrer au bureau de la CIAS défendirent une orientation proche de celle des confédérés : hostilité aux placements financiers, préférence pour la gestion directe des œuvres sociales et défense du personnel. Mais leur présence à la CIAS fut intermittente, signe sans doute d’un manque d’intérêt pour cette activité (Édouard Finck en fut absent d’avril 1936 à février 1937) avant qu’ils en soient déchus par un arrêté pris le 8 janvier 1940.

Conseiller prud’homme de la région parisienne, Édouard Finck fut révoqué comme communiste le 13 février 1940. Il était en fait emprisonné depuis octobre 1939 et fut, par la suite déporté en Algérie puis libéré en 1943. En 1945, il retrouva à la fois le secrétariat général de la Chimie 1944-1957 et la Commission administrative de la CGT 1945-1957. Il fut également membre de la commission nationale interprofessionnelle d’épuration (arrêté du 1er décembre 1944).

Édouard Finck avait été élu conseiller municipal communiste d’Aubervilliers avec Charles Tillon, en mai 1935, mais le conseil de préfecture l’invalida sous des motifs contestables . Il fut déporté en Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale. A la Libération, il reprit la direction de la Fédération des produits chimiques de la CGT.

Domicilié 95, avenue Jean Jaurès, il reprit place au conseil après les élections des 19 octobre 1947 (7e), 8 mai 1953 (11e), 8 mai 1959 et fut maire adjoint après celles des 4 mars 1965 et 14 mars 1971. Même s’il ne se solidarisa pas avec Charles Tillon, il semble avoir subi le contrecoup de la mise à l’écart de son ami. Président de l’Union des vieux suivait particulièrement le bureau de bienfaisance et la situation des personnes âgées. Le conseil, issu des élections du 13 mars 1977, le nomma maire adjoint honoraire.

Édouard Finck avait épousé Renée, Constance Lenoble à Aubervilliers le 30 septembre 1939 et était père d’une fille. Mort à l’hôpital de Bobigny le 1er mai 1979, un hommage lui fut rendu dans le hall de la mairie d’Aubervilliers le 5 mai, avant ses obsèques au cimetière d’Aubervilliers. Dans son discours, André Karman avait rappelé son compagnonnage avec Charles Tillon en concluant "C’était un bon ouvrier à qui ses camarades ont fait confiance et lui ont donné des tâches difficiles qu’il a toujours accomplies, conscients de ce qu’exigent ceux qui vous ont fait confiance."

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23968, notice FINCK Édouard par Michel Dreyfus, Yves Lequin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 décembre 2008, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Michel Dreyfus, Yves Lequin, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. PPo. 300 et 316. — Arch. Dép. Seine, DM3. — Charles Tillon, On chantait Rouge, R. Laffont, 1977. — D. Stéphany, Le personnel de la CGT de 1936 à 1939, op. cit. — S. Courtois, Le PCF dans la guerre, Ramsay, 1980. — M. Dreyfus, M. Ruffat, V. Viet et D. Voldmann, Se protéger, être protégé. Une histoire des Assurances sociales en France, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006. — Renseignements fournis par la mairie d’Aubervilliers. — Aubervilliers, bulletin d’information municipal, juin 1979. — État civil de Paris (XIe arr.).— Il n’y a pas de dossier à son nom dans le fonds biographique du Komintern, RGASPI, 495 270.

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