ENNAFAA Mohamed

Par Mariem Dabbab

Né le 28 aôut 1917 à Souk El Arba (Jendouba-Tunisie), mort le 17 octobre 2007 à Tunis ; enseignant ; militant syndicaliste ; premier responsable du PCT de 1948 jusqu’en 1981.

Issu d’une famille de conditions modestes, Mohamed Ennafaa fréquenta l’École Franco-Arabe de Jendouba à partir de 1926 puis le lycée Carnot de Tunis de 1931 jusqu’en 1938. Il obtint son baccalauréat et intégra la Sorbonne pour des études universitaires en lettres classiques.
Mais suite au déclenchement de la Seconde guerre mondiale en septembre 1939, Mohamed Ennafaa quitta les bancs de l’université française et enseigna le français pendant une année au collège Sadiki de Tunis. Licencié ès Lettres (français, latin, grec) de la Faculté des Lettres d’Alger et de retour en Tunisie, Mohamed Ennafaa enseigna à partir de 1942 au lycée Emile Loubet à Tunis, au lycée de Sousse, à Monastir puis à Sfax en 1943.
A partir de la fin de 1943, il adhéra au PCT (Parti communiste tunisien) et fut secrétaire général de la section communiste de Sfax. Il participa à la reconstitution de l’Union locale de l’UD-CGT à Sfax, Gabès, Gafsa, Kasserine et Kairouan en coordonnant avec Hassen Saadaoui et Farhat Hached. À partir d’octobre 1945, Mohamed Ennafaa retourna à Tunis et fut chargé de l’organisation des réunions surtout dans la région du bassin des phosphates de Gafsa et à l’intérieur du pays.
Membre du comité central et du bureau politique lors du 2e congrès du PCT en 1946, il fut élu au poste de premier secrétaire du parti en 1948 suite à l’exclusion de Ali Jrad. Il enseigna au collège Alaoui jusqu’en 1950 et épousa Eugénie Foata, militante de l’Union des Jeunes Filles de Tunisie.
En janvier 1952, Mohamed Ennafaa fut arrêté et déporté à Remada puis transféré au camp de Ben Gardane et par la suite à celui de Zaarour. Il côtoya Maurice Nizard, Mohamed Jrad , Khémais Kaabi et Jacques Belaiche. Il entra dans la clandestinité à partir de la fin de 1952 jusqu’en septembre 1954 et fut tête de liste aux élections à l’Assemblée Constituante de la circonscription de Jendouba en 1956. Même après l’interdiction du PCT en 1963, Mohamed Ennafaa resta le premier responsable du parti pendant la période d’illégalité.
Il fut remplacé par Mohamed Harmel en février 1981 lors du huitième congrès du Parti qui ne fut à nouveau légalisé qu’à partir de juillet 1981. Il continua ses activités et fut tête de liste du PCT de la circonscription de Gafsa aux élections législatives en 1981. Il participa aux débats qui ont engendré la transformation du PCT en mouvement Ettajdid en 1993 et fut membre de son assemblée constituante.

« Durant de longues années, (dit Georges Adda) il a tenu haut l’étendard du Parti dont il avait la charge. Il n’a jamais douté du dur combat mené ni de son issue victorieuse. Je ne peux oublier toutes ces périodes faites de fraternité et de confiance qui ont consolidé notre amitié. Nos débats étaient souvent difficiles et les divergences étaient elles aussi là, mais les discussions et les confrontations avec Mohamed Ennafaa se succédaient sans heurts ni animosités. C’est qu’avec Mohamed Ennafaa il n’y avait jamais d’altercations, de cris, ni de colères. Je n’ai jamais vu Mohamed Ennafaa furieux, hargneux ou emporté. Au point qu’à certains moments, je ne comprenais pas son calme : Était-ce de l’indifférence ? Était-ce de l’impassibilité ? Etait-ce un manque de personnalité ? Non, rien de tout cela, car il était d’un grand courage.
Mais n’ayant aucun enjeu personnel ou ambition déterminée, il relativisait tout.
Il formulait clairement ses positions et propositions mais ne cherchait jamais à imposer celles-ci en faisant valoir son rang et ses responsabilités dans le Parti ou en utilisant la manipulation et le clanisme, car il n’a jamais été l’homme d’un groupe ni celui des manœuvres souterraines et inavouables. » ( « Mohamed Ennafaa :témoignage de Geoges Adda », sur ettajdid.org, 28 novembre 2007.)

Mohamed Ennafaa décéda le 17 octobre 2007 à Tunis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239790, notice ENNAFAA Mohamed par Mariem Dabbab, version mise en ligne le 4 avril 2021, dernière modification le 5 avril 2021.

Par Mariem Dabbab

Déportés communistes en 1952. De gauche à droite Mohamed Jrad, Mohamed Ennafaa, Jacques Belaiche et Maurice Nizard. Assis Khémais El Kaabi.

OEUVRE : Il était une fois…un jeune révolté, Paris, Publisud, 2000.— Chronique saharienne : Lettres d’un patriote déporté dans les camps colonialistes du Sud tunisien du 18 janvier 1952 au 6 février 1953, (introduction et notes de Habib Kazdaghli), Carthage, MC-Editions, 2011. (14)

SOURCES : Bessis (Juliette), Les fondateurs. Index Biographique des cadres syndicalistes de la Tunisie coloniale (1920-1956), L’Harmattan, Paris 1985. p. 73, 74. — « Quelques renseignements sur le parcours du militant Mohamed Ennafaa » (en arabe), sur ettajdid.org, octobre 2007. — « Mohamed Ennafaa : témoignage de Geoges Adda », sur ettajdid.org, 28 novembre 2007. — Romdhane (Habib), Biographies des militants communistes en Tunisie pendant la période coloniale et les premières années de l’indépendance 1921-1963 (en arabe), Édition Med Ali, 2021, p.. 257, 258.

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