RADIGUET Jean, Pierre

Par Daniel Grason

Né le 7 juillet 1922 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne), mort le 23 mars 1945 à Nordhausen (Allemagne) ; employé de commerce ; communiste ; résistant ; déporté.

Jean Radiguet (Arch. PPo. D.R.)
Jean Radiguet (Arch. PPo. D.R.)

Fils de Maurice et Jeanne Marie Tournier, Jean Radiguet vivait chez sa mère 2 avenue des Arts à Saint-Maur-des-Fossés. Il était titulaire du CEP, il adhéra aux Jeunesses communistes en 1936. Connu pour son militantisme du commissaire de la ville, il fit l’objet d’une visite domiciliaire dès le 3 décembre 1939, elle fut infructueuse. Une fiche fut établie à son nom avec la mention « Communiste notoire. »
Il a été parmi les responsables des Jeunesses communistes l’un de ceux qui parvint à reconstituer pendant l’occupation allemande plusieurs groupes qui furent particulièrement actifs.
Jusqu’en août 1942, Jean Radiguet exerça la profession de vendeur à la Librairie du Maréchal au 2, rue de l’Abbé de l’Epée à Paris (VIe arr.). Ce fut son dernier employeur, interrogé par la police celui-ci considérait « Radiguet comme un employé négligent et peu consciencieux. […] Il s’absentait très souvent sans motif. » Le 18 août Jean Radiguet lui écrivit qu’il était malade et qu’il était dans l’impossibilité de venir travailler.
Le 24 novembre 1942 un gardien de la paix de Rosny-sous-Bois de la circonscription de Saint-Maur-des-Fossés, Victor V. interpellait des cyclistes qui stationnaient près du pont de chemin de fer, ces derniers revolvers au poing l’entouraient. Il tenta de se défendre, son pistolet lui était immédiatement arraché. Les trois hommes enfourchèrent leurs bicyclettes, l’un jeta son arme délestée de son chargeur au policier et tous s’enfuyaient en direction de Nogent-sur-Marne.
Trois de ces hommes et trois complices Robert Radiguet, Jean Emmanuelli et Maisonneuve qui participaient armes au poing à une opération de récupération de tickets d’alimentation furent appréhendés quatre jours plus tard alors qu’ils cambriolaient la mairie de Mandres (Seine-et-Oise, Essonne).
Interrogés, ils reconnaissaient leurs participations aux actions dans les centres de rationnement de Perigny le 29 août 1942 et de Limeil-Brévannes (Seine-et-Oise, Essonne) le 26 septembre 1942.
Le 8 décembre 1942, Emmanuelli et Robert Radiguet étaient arrêtés, son frère Jean était toujours en fuite. L’enquête de la BS2 se concluait le 6 janvier 1943 par l’interpellation de Jean Radiguet à 23 heures 45 à l’hôtel situé 103 rue de Grenelle à Paris (XVe arr.).
Fouillé, il était porteur d’un tract de la Jeunesse Communiste de France. Lors de la perquisition de sa chambre les deux inspecteurs A. et B. saisissaient : un "passe" qui était destiné à Legall demeurant à Olivet Gambais (Seine-et-Oise), quatre carnets annotés, des papiers manuscrits, cinq livrets indicateurs Chaix, un plan de Bourges et deux ramettes de papier. Il était inconnu de la police judiciaire.
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, il reconnaissait sa participation à l’agression du gardien de la paix V., et assumait l’organisation des deux actions de récupération de tickets d’alimentation contre les mairies de Rosny-sous-Bois et de Sucy-en-Brie.
Une confrontation eut lieu avec le gardien de la paix Victor V. celui-ci reconnaissait Jean Radiguet qui « portait un vêtement foncé et un chapeau noir » comme l’ayant « menacé avec son revolver ».
Jean Radiguet assuma : « Si je l’ai désarmé et menacé de mon arme ce n’est pas parce qu’il m’interpellait mais parce qu’il venait de palper la musette de mon compagnon, musette dans laquelle se trouvait une arme. » Il précisa qu’il était « coiffé d’un chapeau mou de couleur grise. »
Il portait sur lui un tract du Parti communiste clandestin, un "passe" et quatre carnets annotés. Il affirma n’avoir jamais été membre des FTP. Quant au pistolet lui avait été remis par un nommé Roux.
Le 4 mai 1943 le Préfet d’Indre-et-Loire transmettait aux Renseignements généraux une information sur le cambriolage de la mairie de Brunoy par l’un des frères Radiguet chimiste à Tours (Indre-et-Loire).
Emprisonné Jean Radiguet était le dans un wagon cellulaire au départ de la gare de l’Est où étaient cinquante-six autres résistants dont son frère Robert, Henri Fongarnand et Robert Brignoli. Tous furent jugés en Allemagne, tous ont été étiquetés « NN » Nacht und Nebel (Nuit et brouillard), ce qui signifiait condamnés à disparaître sans laisser de traces. Cette expression avait été empruntée par Hitler au livret de L’Or du Rhin de Richard Wagner.
Jean Radiguet fut envoyé au camp de Dachau, puis à Gross Rosen, ensuite au camp de Dora, et enfin à Nordhausen où il mourut le 23 mars 1945.
La mère de Jean Radiguet témoigna en 1945 devant la commission d’épuration de la police. Elle déclara : « Il ne m’a pas été possible de voir mon fils après son arrestation, j’ignore donc s’il a été maltraité au cours de sa détention dans les locaux de la BS2. »
« Au cours de la perquisition effectuée à mon domicile, rien ne m’a été dérobé. »
Jean Radiguet a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239873, notice RADIGUET Jean, Pierre par Daniel Grason, version mise en ligne le 6 avril 2021, dernière modification le 6 avril 2021.

Par Daniel Grason

Jean Radiguet (Arch. PPo. D.R.)
Jean Radiguet (Arch. PPo. D.R.)

SOURCES : Arch. PPo. GB 136, 221 W 13 424-424, 1 W 710-26066. Bureau Résistance GR 16 P 497077. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

Photographie : Arch. PPo. GB 186 (D.R.)

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