GENVRIN Marcel, Jules, André

Par Gilles Pichavant

Né le 23 janvier 1902 à La-Tour-du-Pin (Calvados), mort le 25 août 1942 à Auschwitz (Pologne) ; Cheminot à Sotteville-lès-Rouen (Seine-inférieure, Seine-Maritime) ; communiste à Darnétal (Seine-inférieure, Seine-Maritime) ; résistant.

Marcel Genvrin naquit le 29 janvier 1902 au Pin, 13 km au nord-Est de Lisieux (Calvados), chez ses parents, Arnaud Genvrin, 50 ans, terrassier (« casseur de pierre »), et Anne Marie Croc, 38 ans, son épouse, domiciliés au hameau du Mesnil. Marcel avait deux frères et deux sœurs plus âgés : Henri, Ferdinand, Jeanne et Henriette. Leur mère mourut le 25 février 1904, âgée de 41 ans ; Marcel avait 2 ans… Lors du recensement de 1906, il ne vivait plus avec son père.

Le 22 juillet 1925, Marcel Genvrin fut embauché par l’Administration des chemins de fer de l’État. Il devint conducteur d’auto au dépôt SNCF de Sotteville-lès-Rouen, réseau de la région Ouest (n° d’agent : 44303).

Il adhéra au PCF en 1936, et fut le porte drapeau de la section de Darnétal. Chargé de l’activité en direction de la jeunesse, il fut élu président local de la JC. Il consacra une part importante de son temps à l’organisation, à l’éducation politique et aux loisirs des jeunes. Dans les années qui précédèrent la guerre, il fut l’animateur d’une forte délégation à la fête de l’Humanité à Garches.

À l’interdiction du parti communiste, il participa à la reconstitution du parti communiste dans la clandestinité. « Soupçonné de communisme », il fut arrêté le 21 octobre 1941, lors de la grande rafle des adhérents communistes et syndicalistes de l’agglomération rouennaise, et, le 22 octobre suivant, fut interné au camp allemand de Royalieu, à Compiègne (Oise).

Entre fin avril et fin juin 1942, il fut sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation avait été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.

Le 6 juillet 1942 il fut déporté à Auschwitz (Pologne), dans le convoi dit des 45000, où il arriva le 8 juillet. On lui attribua le numéro 45590. Après avoir passé 5 jours à Birkenau (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), le 13 juillet, après l’appel du soir, Marcel Genvrin fut dans la moitié des déportés du convoi ramenée au camp principal (Auschwitz-I), auprès duquel fonctionnaient des ateliers où sont affectés des ouvriers ayant des qualifications utiles au camp.

Il mourut à Auschwitz le 25 août 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp (Sterbebücher), qui indiqua « typhus » (Fleckfieber) pour cause de sa mort.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts SNCF du dépôt de Sotteville-lès-Rouen. Son nom figure également parmi ceux des 218 militants inscrits sur plusieurs plaques apposées sur un monument dans la cour du siège de la fédération du PCF, 33 place du Général-de-Gaulle à Rouen.

Le 11 avril 1925, à Darnétal (Seine-inférieure, Seine-Maritime), Marcel Genvrin avait épousé Marie Juliette Pichon, fille d’ouvriers de filature, elle-même confectionneuse.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239879, notice GENVRIN Marcel, Jules, André par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 7 avril 2021, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Gilles Pichavant

SOURCES. L’Avenir Normand, 17 juin 1949. — Service historique de la défense, dossier individuels des résistants, cote GR 16 P 251101 — Site Mémoire vive des convois 45000 et 31000 d’Auschwitz, biographie de Marcel Genvrin

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