TRANCHANT Émilien

Par Michel Thébault

Né le 15 juin 1906 à Jardres (Vienne), exécuté sommairement le 25 août 1944 à Chauvigny (Vienne) ; manœuvre ; résistant AS maquis Baptiste.

Émilien Tranchant était le fils de Pierre Tranchant âgé de 62 ans (né le 22 novembre 1843 à Leigné-les-Bois, Vienne), carrier et de Pauline Maillet âgée de 37 ans (née le 23 décembre 1869 à Bonnes, Vienne). Ses parents s’étaient mariés à Jardres le 8 juillet 1903. Son père veuf en premières noces de Madeleine Ledour, décédée en janvier 1895, et sa mère, domestique, avaient alors reconnu et légitimé un fils, Désiré, né d’eux le 27 mars 1902 à Lavoux (Vienne). Émilien était donc leur deuxième enfant. La famille s’installa rapidement à Chauvigny. Émilien Tranchant se maria dans la commune voisine de Saint-Martial (maintenant annexée à Chauvigny) le 29 janvier 1927 avec Yvonne Blanchard (née le 30 mars 1908 à Saint-Martial). Au recensement de 1936 il demeurait rue des Corderies à Chauvigny et exerçait la profession de manœuvre. Le couple avait alors cinq enfants nés entre 1927 et 1936.

A l’été 44, Émilien Tranchant s’engagea dans la Résistance comme de nombreux jeunes de Chauvigny et des communes voisines et rejoignit le maquis AS « Baptiste », appartenant au groupement Gilles (commandant Ferron). Début juin 1944 le groupe Baptiste s’installa dans une zone boisée en bordure de la route départementale 54 allant de Chauvigny à Leignes-sur-Fontaine (Vienne) à quelques kilomètres du département de l’Indre.
Le 19 août 1944 un ordre de repli général fut donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest. Le passage par le seuil du Poitou devint un enjeu stratégique essentiel, du fait de l’impossibilité de remonter ni par le Limousin (à cause de la Libération de Limoges) ni par l’axe traditionnel de la RN 10 vers Tours (à cause de l’avancée des troupes anglo-américaines). Les unités allemandes de la colonne Elster (groupement de marche du sud-ouest qui réunissait environ 25 500 hommes sous les ordres du général Botho Elster) tentèrent à partir de Poitiers de marcher vers l’est et le nord-est de la Vienne, utilisant les axes secondaires, vers Chauvigny et Lussac-les-Châteaux et circulant de jour comme de nuit pour échapper aux attaques de l’aviation alliée et au harcèlement des forces FFI. Le contrôle des ponts sur la Vienne à Chauvigny devint un enjeu majeur. Le 25 août à l’approche d’une forte colonne allemande, le maquis Baptiste tenta de ralentir l’avancée du convoi faisant sauter le pont principal (entraînant la mort de son chef Pierre Blanchier, alias Baptiste). Dans ces combats du 25 août, Émilien Tranchant fut vraisemblablement capturé et immédiatement fusillé, exécuté sommairement.

Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Martial (Vienne). Il figure également sur la plaque commémorative, dans la salle de conseil de la mairie de Chauvigny, dédiée « aux Victimes des Guerres - Tous conflits, autres que 1914-1918 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239898, notice TRANCHANT Émilien par Michel Thébault, version mise en ligne le 8 avril 2021, dernière modification le 9 avril 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 576566 et SHD Caen AC 21 P 164723 (à consulter) — Arch. Dép. Vienne (état civil, recensements) — Archives collectives des Forces françaises de l’intérieur (site Mémoire des Hommes) AS Maquis Baptiste GR 19 P 86/32 — Christian Richard Groupement Le Chouan, maquis Est et Nord-Est de la Vienne, Lagardère, Le Chouan, Masier Michel Fontaine Ed. 2015 — site VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation). — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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