CRUTEL Octave, Louis, Charles, Célestin

Par Andre Delestre

Né le 4 décembre 1879 à Ancretiéville-Saint-Victor (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 28 mars 1961 à Rouen (Seine-Maritime) ; médecin à Rouen ; radical-socialiste ; conseiller général de Rouen (1928-1940), député (1932-1942) ; résistant, déporté.

Octave Crutel fit des études de médecin, puis, après son doctorat, s’installa comme médecin à Rouen en 1911. Il fut engagé pendant la première guerre mondiale, envoyé au front, il fut blessé trois fois. Son courage lui valut d’être décoré (voir ci-dessous).

Après sa démobilisation, il retourne exercer à Rouen, puis, s’engage en politique, dans les rangs du Parti Radical. Le Dr Crutel fut élu conseiller général de Seine-Inférieure en 1928, puis constamment réélu jusqu’en 1940. En 1932, il devint député de la 2ème circonscription de la Seine-Inférieure. Il siégea dans le groupe radical et radical-socialiste.

Pendant son premier mandat, il appartient aux commissions de la Marine, du Suffrage universel, et du travail. Ses propositions de loi et ses interventions en matière sociale le situèrent à l’aile gauche du Parti radical. Il demanda l’instauration de la retraite obligatoire et l’application rigoureuse de la loi de 1919 sur la journée de huit heures.

En 1936, il fut réélu et resta à la commission du Travail et à celle du Suffrage universel, mais quitta celle de la Marine, et siégea à celle de la Prévoyance sociale. Dans le prolongement de ses positions précédentes, il déposa, en 1937, une proposition de loi visant à créer un service public qui contrôlerait la gestion financière des assurances sociales (confiées par les lois de 1928 et 1930 à des mutuelles). Pendant son deuxième mandat, il fut vice-président du groupe radical-socialiste à la Chambre des députés. Il fut aussi secrétaire général de la délégation des gauches de 1937 à 1940.

Il était en relation avec le docteur Gallouen qui présidait le comité rouennais du Front populaire. Le 14 juillet 1937, le docteur Crutel, député, conduisit le cortège sottevillais venu manifester place de l’Hôtel-de-ville de Rouen pour l’union, pour l’application du programme du Front populaire, et la solidarité avec la République espagnole. Ce jour là, plus de 10.000 manifestants furent dénombrés. Au mois de juin précédent, il avait accepté de présider l’Amicale des vieux travailleurs de Saint-Clément et Rouen-gauche, créée par des militants communistes, dont Fernand Guéroult, le secrétaire de la cellule du Pcf du quarter.

Par décret de juillet 1939, le mandat des députés élus en mai 1936 fut prorogé au 31 mai 1942. Le 10 juillet 1940, Octave Crutel vota contre les pleins pouvoirs à Pétain. Il s’engagea ensuite dans la Résistance. Sa maison, situé rue d’Elbeuf à Rouen fut partiellement détruite par les bombardements le 4 septembre 1943. Arrêté par la Gestapo à la fin de 1943, il fut déporté à Buchenwald (Allemagne). Rentré en France en avril 1945, il siégea à l’Assemblée Consultative provisoire et rompit avec le parti Radical. Il créa un éphémère mouvement républicain. Après des échecs électoraux, il se retira de la vie politique.

Il fut fait chevalier de la légion d’honneur à titre militaire en 1925 et croix de guerre 1914-1918. En 1996, la municipalité d’union de la gauche, dirigée par le socialiste Yvon Robert, donna son nom à une rue dans le quartier de St-Sever, à Rouen.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article239912, notice CRUTEL Octave, Louis, Charles, Célestin par Andre Delestre, version mise en ligne le 28 avril 2021, dernière modification le 28 avril 2021.

Par Andre Delestre

SOURCES : Archives municipales de Rouen — Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF (1960). — Olivier Wieviorka, Les orphelins de la République : destinées des députés et des sénateurs français, 1940-1945, Paris, Seuil, coll. « L’univers historique », 2015 (1re éd. 2001), 472 p. — Édouard Barthe, Le combat d’un parlementaire sous Vichy, Éd. Singulières, 2007. — l’Avenir normand, journal régional du PCF.

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