CANETE JIMENES Alfonso

Par Daniel Grason

Né le 14 mai 1920 à Montalban de Cordoba (Espagne), mort le 17 octobre 2013 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ; soudeur ; communiste ; déporté en Allemagne.

Les souvenirs de la guerre d’Espagne ne le quittèrent pas : « Nous habitions dans la zone occupée par les fascistes. Moi je suis parti dans la zone républicaine. Je me suis engagé dans l’armée, c’était une brigade mixte, la 6e division de l’armée espagnole. » Il en avait gardé de solides convictions : « On tue les fascistes ! Ou les fascistes, ils vous tuent. »
Sergent dans l’armée républicaine, il se retrouva derrière les barbelés du camp d’internement de Barcarès (Pyrénées-Orientales). Il en garda un souvenir amer : « Les camps de concentration, ça a été pour nous comme si nous étions des ennemis jurés de la France. Au mois de janvier et février nous étions sur la plage, il y avait beaucoup de monde. Il y avait des gens, des Français, qui nous apportaient des paniers de chocolat, de pain… »
Il sortit du camp le 30 avril 1939, se retrouva incorporé dans la 27e Compagnie de travailleurs étrangers (CTE) pour aller travailler au camp militaire de Suippes dans la Marne. En septembre 1939, il se retrouva sur les fortifications de la ligne Maginot. Lors de l’offensive allemande, il était près de Saint-Dizier en Haute-Marne, tous furent faits prisonniers.
En janvier 1941, il a été transféré dans au stalag XII D à Trèves en Allemagne. Le 3 avril 1941 il était envoyé au kommando extérieur de Steyr puis à Gusen, où il a été l’un des organisateurs du Parti communiste d’Espagne. Matricule 3872, il fut libéré ainsi que ses compagnons le 5 mai 1945.
Il travailla de 1946 à 1979 comme soudeur chez Chausson à Gennevilliers usine G où il était en relations militantes avec Paul Deruelle. Il vivait à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Alfonso Caňete participa à tous les débrayages, à toutes les grèves de la période de la guerre froide.
« On disait que Chausson était l’usine où il y avait le plus de grèves en Région parisienne. Je me rappelle, c’était rare les mois où l’on ne faisait pas deux, trois jours de grève. Une après-midi, une grève complète, il y avait un élan continuel. Il y avait un mouvement syndical formidable avec la CGT. On se faisait respecter vis-à-vis des chefs ! J’étais content. Il y avait beaucoup de camarades formidables qui travaillaient avec moi. Quand il y avait grève, j’éteignais mon chalumeau, mon chalumeau était pendu, éteint… »
Il participa aux grèves de 1968 et de 1975, cette dernière a été la plus grande grève avec occupation de l’usine, elle dura deux mois. En 1979, il raccrocha une dernière fois son outil de travail, le temps de la retraite était arrivé.
À Ivry-sur-Seine, il participait aux activités du Parti communiste espagnol (PCE). Il mourut à l’âge de 93 ans le 17 octobre 2013 au Kremlin-Bicêtre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240110, notice CANETE JIMENES Alfonso par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 avril 2021, dernière modification le 18 avril 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Témoignage d’Alfonso Caňete Jimenez recueilli par Paul Deruelle et Daniel Grason. – Chausson : une dignité ouvrière, Bernard Massera & Daniel Grason, préface de Michel Verret, Éd. Syllepse, 2004. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet Match ID.

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