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THOUVENET André, Pierre

Né le 2 février 1889 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 2 février 1944 à Nieul (Haute-Vienne) ; médecin ; homologué résistant des FFI.

André Thouvenet était le fils de Pierre Jean Baptiste Albert, docteur en médecine et professeur à l’hôpital de Limoges, alors âgé de 30 ans, et de son épouse Marie Marguerite Aimée née Simon, âgée de 19 ans, marié depuis le 1er mai 1888, demeurant 9 rue Montmailler à Limoges.
Alors étudiant en médecine, André Thouvenet fut appelé sous les drapeaux en 1910, puis mobilisé dans le service de santé des armées de 1914 à 1919. Le 24 juillet 1918, il fut cité au motif suivant : “... Dans la nuit du 14 au 15 juillet et pendant la journée du 15, n’a cessé de parcourir un terrain violemment bombardé prodiguant ses soins à des soldats français et américains étrangers à l’unité”, citation accompagnée de la Croix de Guerre.
Rendu à la vie civile, il termina ses études de médecine et ouvrit un cabinet à Nantiat, au nord de Limoges, non loin de la commune de Nieul où ses parents possédaient une importante propriété. Au recensement de 1936, il résidait à Nantiat avec son épouse, Marcelle née Marquet le 28 juillet 1897 à Limoges, sa belle-mère, Franciska Marquet née Kratz le 10 janvier 1865 à Sarrebourg (Haut-Rhin), un domestique et une cuisinière.
Dans ses souvenirs (Nieul d’Antan en Limousin, op.cit.), un habitant du village de Sourue à Nieul, raconte que “le fils d’Albert Thouvenet, André, médecin à Nantiat, venait tous les jours à Sourue et connaissait tout le monde. Aucun habitant de Sourue ne payait les consultations. Il a été tué sur la route au-dessus de la Poitevine d’une façon mystérieuse, en février 1944..
Il n’est pas exclu qu’André Thouvenet ait été victime de l’épuration extrajudiciaire, à l’instar d’autres notables de Haute-Vienne. Son patronyme – sans le prénom - est cité par Xavier Laroudie dans son ouvrage intitulé “Un seul châtiment pour les traitres, Haute-Vienne, 1944” (op. cit. p.379). Certes, cet ouvrage à charge au ton polémique déroge par sa forme aux publications académiques, mais il n’en est pas moins remarquablement sourcé et les informations délivrées peuvent être vérifiées dans les archives.
Cependant, André Thouvenet avait-il rendu des services à la Résistance ? C’est probable puisqu’il obtint la mention Mort pour la France et fut homologué FFI. La consultation de ses dossiers au SHD devrait permettre de préciser son parcours sous l’Occupation et les circonstances de sa mort.
Son nom ne semble inscrit sur aucun monument aux Morts.

Par Dominique Tantin

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