BÉRARD Aîmée, Joséphine, Virginie (épouse Eymery)

Par Jean-Michel Steiner

Née à Saint-Étienne (Loire) le 26 décembre 1904, morte le 14 mai 1989 à Boën-sur-Lignon (Loire), ouvrière papetière, militante communiste et féministe.

Fille d’André Régis, chauffeur, né le 15 juillet 1863 à Rive de Gier, et de Claudine Chavas, née à Chagny (Saône-&-Loire) le 25 septembre 1868, Aîmée Bérard grandit dans le quartier de Tréfilerie à Saint-Étienne avec ses deux sœurs, Andrée, née en 1908 et Eugénie née en 1910.

Toutes trois devinrent ouvrières au début des années 1920 : Aîmée était papetière dans l’imprimerie Mulcey rue du Mont ; Andrée usineuse chez Legalerie ; Eugénie, usineuse chez Duprat. Aîmée Bérard travailla dans les années 1930 dans la firme d’outillage de précision Deloche et Talavigne dont elle fut licenciée le 5 décembre 1939.

Le 9 juillet 1927, elle épousa à Saint-Étienne, Louis Eymery, employé de chemin de fer, militant CGTU et communiste. Ils eurent une fille, Denise, née à Saint-Étienne en 1929.

Membre du parti communiste, Aîmée Bérard était également adhérente des Amis de l’URSS, de la Ligue des Femmes pour la Paix et la Liberté et de la Maison de la Culture. Aussi fit-elle l’objet d’une minitieuse surveillance après la déclaration de guerre et le décret du 26 septembre 1939. Enquêtant sur elle sur ordre du préfet, le commissaire Delattre écrivit le 8 mars 1940 à son propos : « Elle secondait puissamment son mari dans son action révolutionnaire. C’est une militante experte, qui poursuit son action occulte dans les milieux féminins. Dernièrement elle incita des jeunes gens de la firme où elle était employée à freiner la production ». Une notation qui lui valut d’être assignée à résidence.

Le 25 mai 1940 elle reçut l’ordre de se rendre à Saint-Bonnet le Château (Loire), dans les monts du Forez. Refusant une décision qui l’aurait obligée à faire deux heures de trajet par jour, elle continua de résider à Saint-Étienne où elle fut arrêtée le 12 août 1940 et condamnée à 15 jours de prison avec sursis par le tribunal civil de première instance. Le Procureur général ayant fait appel, la Cour d’Appel de Lyon la condamna le 17 octobre 1940 à 15 jours de prison ferme. Comme elle avait été enfermée à la prison de Bellevue du 12 au 23 août elle fut à nouveau emprisonnée, à Montbrison, du 12 au 16 novembre.

En 1946, elle était revenue à Saint-Étienne où elle résidait avec sa fille et son mari dans le quartier de Bel Air.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240237, notice BÉRARD Aîmée, Joséphine, Virginie (épouse Eymery) par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 28 avril 2021, dernière modification le 28 avril 2021.

Par Jean-Michel Steiner

SOURCES : Arch. Dép. Loire : 3E187_30, Rive-de-Gier, naissances, 1863 - Arch. Dép. Saône-&-Loire : 5 E 73/20, Chagny, naissances 1868-1872 - Arch. Mun. Saint-Étienne : 2 E 138, naissances 1904 ; 1 F 43, recensement Saint-Étienne S-E, 1926 ; 1 F 60, recensement Saint-Étienne N-W 1946.

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