DIJOUX Nelly, Alice, Cécile, Elisabeth, née CARTON

Par Andre Delestre

Née le 11 novembre 1929 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), morte le 8 mars 2013 à Petit-Quevilly (Seine-Maritime) ; assistante familiale, ouvrière nettoyeuse ; Socialiste ; conseillère municipale de Petit-Quevilly (Seine-Maritime) (1977-2007) ; CCAS ; FCPE ; action catholique ; féministe ;

Son père, Louis Carton, né à Rouen le 24 août 1904, fut docker. Sa mère, Cécile Sauger, née à Saint Pierre des Fleurs (Eure) le 15 décembre 1904 fut coupeuse en chemises. Elle avait huit ans lorsque ses parents divorcèrent. Nelly Dijoux fut élevée, avec sa sœur aînée Arlette, par sa grand-mère maternelle Jeanne Sauger et vécut son enfance route de Darnétal à Rouen. À la fin de la guerre, elle fut déclarée pupille de la nation.

Le 6 août 1949, elle se maria à Paris XVIIIe, avec Louis, Guillaume Dijoux, né le 13 septembre 1921 à Saint Leu (Réunion), engagé dans l’armée française coloniale en mars 1943 et démobilisé en 1949.

En 1950, à Paris, naquît leur premier enfant d’une future fratrie de huit enfants, Michèle, Christine, Philippe, Denis, Anne-Marie, Marc, Bénédicte et Marie-Pierre née en 1969. En 1965, Claudine et Liliane furent accueillies et Claudine, à sa demande, fut adoptée.

En 1951, le couple arriva à Petit-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), rue Chevalier de la Barre, et tint une petite épicerie. Puis, la famille s’installa, rue Frédéric-Bérat. De mars 1956 à janvier 1983, Louis Dijoux fut employé de bureau à la direction du travail.

Début des années 1960, Nelly Dijoux accueillit des jeunes en difficultés. Agrémentée dans cet engagement citoyen, elle accompagna nombre de jeunes. Dans l’association des familles d’accueil, elle contribua à améliorer la qualité de l’accueil des enfants confiés par l’Aide sociale à l’enfance. Elle s’engagea, sans limite, auprès des personnes fragiles, en grande précarité.

Pour compléter les revenus du ménage, Nelly travailla à maintes reprises à l’extérieur. Elle fut veilleuse de nuit à la clinique Sainte Anne à Rouen, rue Démarest, puis ouvrière nettoyeuse chez le prestataire Archinet. Elle prit sa retraite en 1990.
Elle s’engagea dans l’association de parents d’élèves, la FCPE afin d’améliorer les conditions de la réussite scolaire et pour l’égalité des chances. Et milita afin que toutes et tous les jeunes quevillais-es puissent avoir accès aux équipements culturels dont la ville était dotée, en particulier l’École municipale de musique, de danse.

En 1974, dans la dynamique du programme commun PC, PS et PRG, Nelly Dijoux adhéra au parti socialiste. Elle fut une militante active et participa régulièrement à la fête de la rose à Grand-Quevilly. En 1977, lors des élections municipales à Petit-Quevilly, elle fut élue conseillère municipale sur la liste d’Union de la gauche pour une gestion sociale, humaine et démocratique conduite par le maire communiste Henri Levillain. La liste fut composée de 8 femmes dont Monique Léger, Nelly Brasse et Claude Michaud (PC), Christiane Bachelet et Françoise Duquenne (PS) et 19 hommes dont Jean-Claude Boutand et Pierre Hamelin (PS) et Robert Pagès, Jean-Pierre Marais, Noël Levillain, André Moutier et Daniel Lallier (PC). Elle fut membre du Centre communal d’action sociale. Discrète et écoutée, elle eut à cœur de soutenir les familles les plus fragiles de la commune. Elle fut réélue conseillère municipale en 1983, en 1995, en 2001, toujours au CCAS. En 2007, elle mit fin à 30 ans d’engagement au service de l’action sociale sur une commune des plus populaires de l’agglomération rouennaise.

En 1993, sa fille Bénédicte mourut accidentellement. Nelly Dijoux éleva ses deux petits-enfants, alors âgés de 4 et 6 ans.

Sans discontinuer, elle fut engagée dans l’action catholique, en lien avec l’ACO et la Joc mais aussi le CCFD-Terre Solidaire, le Comité contre la faim et pour le développement. Auprès de la paroisse, elle accompagna des enfants dans la catéchèse, puis plus tard le service des funérailles. Louis Dijoux fut bénévole au Foyer des marins de Rouen, à l’alphabétisation des étrangers arrivant à Petit-Quevilly en lien avec la Fraternité. Il mourut le jour de Noël 2012.

Comme mère et grand-mère, comme femme et militante, elle éleva, avec passion et amour, les enfants dans le sens de l’engagement, orienté vers les autres. Les enfants exercèrent des métiers au service du public dans la santé, l’enseignement, l’aide sociale… Ses filles soulignèrent, avec, quelle « ironie du sort », « elle tira sa révérence lors de la journée internationale de lutte pour les droits de la femme », le 8 mars 2013 à Petit-Quevilly.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240259, notice DIJOUX Nelly, Alice, Cécile, Elisabeth, née CARTON par Andre Delestre, version mise en ligne le 29 avril 2021, dernière modification le 29 avril 2021.

Par Andre Delestre

SOURCES : Archives familiales — Archives municipales de Petit-Quevilly. — Entretien avec ses filles, Anne-Marie et Marie-Pierre.

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