EYRAUD Jean, Jacques

Par Jacques Girault

Né le 11 juillet 1922 à Périgueux (Dordogne), mort le 26 mars 1984 à Trélissac (Dordogne) ; instituteur ; syndicaliste SNI ; militant communiste de Dordogne ; adjoint au maire de Trélissac.

Son père, Paul Eyraud, commis devenu inspecteur des postes à Périgueux, militant communiste, fut révoqué en 1940 et interné. Après sa libération en mai 1942, les communistes locaux furent méfiants à son égard. Sa mère milita dans les années 1930 dans le mouvement des femmes contre la guerre et le fascisme.

Jean Eyraud, titulaire du brevet supérieur, ne put passer un concours de recrutement des PTT. Il partit aux chantiers de jeunesse en 1942 au camp de Boucone puis à Toulouse où il essaya en vain d’organiser la résistance. Envoyé en caserne à Dijon (Côte-d’Or), il partit pour le service du travail obligatoire dans les Sudètes à Goblinz (mai 1943-mai 1945). Dans les réponses aux questionnaires biographiques remplis pour le Parti communiste français à la fin des années 1950, il indiquait avoir milité « clandestinement dans les usines », avoir été élu délégué de l’usine Julius Posselt en août 1943, avoir édité un journal clandestin, organisé une école, animé un service d’entraide, avant d’être déplacé dans une autre usine en décembre 1944.

De retour en France, il devint instituteur dans des communes de Dordogne (Nontronneau, au sanatorium de La Meynardie dans la commune de Saint-Privat-des-Prés, Saint-Crépin-de-Richemont de 1950 à 1962, Annesse et Beaulieu (Gravelle) de 1962 à 1970. Il fut alors nommé directeur de l’école du quartier de Toulon à Périgueux où il prit sa retraite en 1978 et se retira à Trelissac.

Il se maria en août 1946 à Sainte-Alvere avec Marie-Louise Marty, institutrice, sympathisante puis communiste, fille d’un charpentier qui était aussi cultivateur. Le couple avait deux enfants à la fin des années 1950.

Jean Eyraud adhéra au PCF en juin 1945 à Périgueux. Il exerça diverses responsabilités dans les communes où il enseignait, membre du comité de la section communiste de Nontron en 1946, secrétaire de la section communiste de Sainte-Alvere (1948-1950), secrétaire de la section communiste de Mareuil qui comprenait la cellule de Saint-Crépin, comité de section de Saint-Astier. Il fut candidat communiste au conseil général dans le canton de Mareuil en avril 1958 et en 1964. Il fut le suppléant du candidat communiste Pierre Passérieux* aux élections législatives dans la troisième circonscription de Nontron en 1962. Il entra au comité de la fédération communiste en 1959, passa au bureau fédéral (1961-1972), revint au seul comité fédéral (1972-1979) puis à la commission fédérale de contrôle financier à partir de 1979. Il présida avec le secrétaire fédéral Yves Péron la première réunion des enseignants communistes, le 17 février 1966 avec Alfred Sorel. Les grandes questions enseignantes furent débattues. Selon le rapport de Sorel, la confusion était grande sur la question de la formation des maîtres. Peu de communistes, hormis Eyraud, militaient dans le syndicalisme enseignant en dépit de l’attitude unitaire des sections départementales et l’influence du courant anciennement « cégétiste » régressait. Il fut donc décidé de créer une commission de l’enseignement dont il fut le responsable jusqu’à la fin des années 1970.

Jean Eyraud militait dans le Syndicat national des instituteurs (SNI), membre du conseil syndical de la section départementale depuis 1948, puis membre du bureau départemental à partir de 1957. Il avait été membre de la FEN-CGT jusqu’en 1954 et était depuis les années 1950 membre du bureau départemental de la Fédération de l’éducation nationale.

Il devint en outre secrétaire départemental du Mouvement de la paix au milieu des années 1960. Il militait aussi dans les organisations laïques, et fut le fondateur de l’amicale laïque de Saint-Crépin quand il prit son poste d’instituteur. Il présidait aussi une association de parents d’élèves dans les années 1970.

Il fut élu conseiller municipal et adjoint du maire, responsable des travaux de Trelissac de 1977 à 1983, sous le mandat de Michel Grandou* puis réélu en 1983 sous le mandat de Francis Colbac*.

Alors qu’il devait participer à la conférence fédérale du PCF en 1984, Jean Eyraud mourut subitement et les militants lui rendirent hommage dès l’ouverture de la journée. Après son investissement dans la surveillance de l’école maternelle du bourg (réalisation de l’architecte Jean Nouvel), les enseignantes proposèrent, après son décès, que son nom soit donné à l’école ce qui fut accepté proposition par le conseil municipal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24029, notice EYRAUD Jean, Jacques par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 décembre 2008, dernière modification le 5 août 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements fournis par le fils de l’intéressé.

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