VINCENT Fernand, Hippolyte

Par Michel Thébault

Né le 24 décembre 1875 à Saint-Pathus (Seine-et-Marne), massacré le 26 août 1944 à Saint-Pathus (Seine-et-Marne) ; ouvrier agricole ; victime civile.

Fernand Vincent était le fils d’Auguste Vincent, marchand de vins et d’Eugénie Hémet. Sa mère mourut alors qu’il était âgé de 13 ans, le 12 avril 1889. Il apprit le métier de charcutier qu’il exerçait lorsqu’il fut appelé pour le service militaire en novembre 1896. Libéré des obligations militaires en septembre 1899, il se maria peu après le 11 décembre 1899 à Saint-Pathus avec Aurélie, Marie, Eugénie Bouché, couturière, née à Saint-Pathus le 10 février 1874. Ils eurent deux enfants, deux filles, Marie Louise, Eugénie née le 15 septembre 1900 et Fernande, Marie, Eugénie née le 24 octobre 1912. Au recensement de 1911, la famille habitait au lieu-dit Le jardin Dieu et Fernand Vincent était marchand de vins, à la suite de son père. Il fut mobilisé le 1er août 1914 dans le 36ème Régiment Territorial d’Infanterie et fit toute la Première guerre mondiale dans des régiments territoriaux. Il fut démobilisé le 6 janvier 1919. il s’installa alors comme cultivateur au lieu-dit Le Bourget. Mais au recensement de 1936, ses filles parties après mariage, il demeurait avec son épouse au lieu-dit Le Jardin Dieu et était ouvrier agricole à la ferme Pluvinage, une grosse exploitation agricole de Saint-Pathus. Sa situation était inchangée en 1944.

En 1943, son patron Mr. Pluvinage accepta de fournir un emploi clandestin à des jeunes réfractaires du STO et le chef de culture Florimond Leuridan constitua en avril 1943 un groupe de résistants. Le 25 août 1944, le capitaine Leuridan fut chargé de préparer la venue, le lendemain, du bataillon Hildevert, venant du Raincy réceptionner à Oissery (Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-et-Marne), aux alentours de l’étang de Rougement, un parachutage d’armes et de soldats canadiens. Mais dans ces journées de la Libération de Paris, les forces allemandes étaient encore très présentes dans l’est de la capitale. Les mouvements des résistants furent découverts par une unité allemande la 49e Panzerbrigade S.S, Le 26 août 1944, Oissery et ses alentours furent le théâtre de violents combats, mais la disproportion des forces et des armements aboutit à un véritable massacre dans les rangs des résistants. Le jour même et le lendemain 27 août, alors même que les forces américaines de la IIIème Armée US venant du sud approchaient, parvenant le 28 août à Saint-Pathus, les troupes allemandes procédèrent à un intense ratissage du secteur pour retrouver les résistants qui étaient parvenus à s’échapper. Le 26 août 1944 à Saint-Pathus, les Allemands à la recherche de résistants trouvèrent Fernand Vincent, ouvrier agricole à la ferme Pluvinage, occupé à dépecer un cochon. Ne répondant pas assez rapidement aux injonctions d’un soldat allemand, il fut aussitôt abattu. Il était âgé de 68 ans.

Il fut inhumé dans le cimetière communal de Saint-Pathus et son nom est inscrit sur une plaque du monument aux morts du village, avec celui de Florimond Leuridan.

Oissery, Forfry et communes alentour (Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-et-Marne), 26 et 27 août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240309, notice VINCENT Fernand, Hippolyte par Michel Thébault, version mise en ligne le 2 mai 2021, dernière modification le 2 mai 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Marne (état civil, registre matricule, recensements) — site internet Musée de la Résistance en ligne [http://museedelaresistanceenligne.org/media10048-Plaque-en-hommage-A] (qui donne un lien vers le tapuscrit de Raymond-Robert Pezant, Florimond Leuridan, 1902 – 1944, Combat et Résistance, 2018 — Mémorial Genweb.

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