JEULIN Marcel, Henri, Pierre

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 3 février 1921 à La Trimouille (Vienne), exécuté sommairement le 20 mai 1944 à Paris (XIIe arr.) ; cheminot ; résistant des Forces françaises combattantes (FFC).

Marcel Jeulin était le fils de Georges Eugène Alexandre et de Henriette Marie Blanchard. Il se maria avec Odette Juliette Denis et fut père d’un garçon. Il était domicilié à Saint-Avertin (Indre-et-Loire).
Orphelin à l’âge de neuf ans, il avait appris le métier de forgeron à Saint-Cyr-sur-Loire. Le 7 octobre 1939 il devança l’appel et s’engagea au 49e bataillon de chars. Il fut blessé le 25 mai 1940 et nommé caporal. Il fut décoré de la Croix de guerre 1939-1945 et démobilisé le 27 juillet 1940 et rentra chez lui. Immédiatement, il refusa l’Occupation et forma avec des camarades un groupe de résistance sans lien avec un organisme officiel. Il entra à la SNCF en mars 1941 comme ouvrier forgeron auxiliaire aux ateliers de Tours (Indre-et-Loire). Il opéra plusieurs sabotages notamment en faisant sauter un train d’essence à Saint-Pierre-des-Corps et tua une sentinelle, rue du Sanitas à Tours. Repéré par la police allemande, il fut arrêté sur dénonciation, à son lieu de travail le 16 septembre 1942. Emprisonné à Tours, il rencontra Paul Jourdain du groupe Rabelais, en lien avec le BOA. Les deux hommes réussirent à confectionner des clés de leur cellule et s’évadèrent le 23 septembre 1943. Marcel Jeulin se cacha à Paris et devint agent de liaison et garde du corps de Jean-François Clouet des Pesruches, délégué militaire régional de la France libre à qui il sauva la vie en tuant deux policiers allemands venus l’arrêter place de l’Étoile à Paris. Le 10 avril 1944, il ne réussit pas à faire évader Brigitte Friang, secrétaire de Clouet mais tua dans sa fuite un policier français. Recherché activement, il fut appréhendé quelques heures plus tard par la BS2 et conduit à la préfecture de Police de Paris. Grâce à des complicités et à l’action d’Emma Klein, une jeune résistante, il put transmettre un message dans lequel il localisait l’emplacement de sa cellule au 2e étage. Ses camarades réussirent à lui faire passer passer une corde avec laquelle il put s’évader. Poursuivi, il sauta dans la Seine et se cacha ensuite avec Albert Bernard, le fondateur du groupe Rabelais, au 93 rue Général-Bizot (XIIe arr.) La Sipo-SD trouva l’adresse de la planque et les deux hommes furent cernés par une soixante de policiers allemands et de miliciens français le 20 mai 1944 au petit matin. Marcel Jeulin tua un policier et prit la fuite par les toits de l’immeuble mais il fut abattu à neuf heures d’une balle dans la tête. Sa femme était enceinte d’une fille qu’il ne connaîtra pas.
L’acte de décès fut dressé le 21 mai à l’hôpital Saint-Antoine pour un individu du sexe masculin, dont l’identité n’a pu être établie et la lettre X à la place du nom.
L’acte fut rectifié par une ordonnance rectificative du Tribunal civil de la Seine rendu le 28 juin 1946 transcrit le 28 septembre 1946 sur le registre 425 acte 3341.
Il est inhumé dans le cimetière communal de La Salle, à Tours (Indre-et-Loire).
Il obtint la mention « Mort pour la France » transcrite sur l’acte de décès le 10 octobre 1946 et fut homologué au grade de lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC).
Il fut décoré de la Croix de la Légion d’honneur, de la Croix de la Libération avec palmes et nommé Compagnon de la Libération par décret du 7 juillet 1945 et reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 22/04/1966 publié au JO le 04/06/1966. Il obtint le titre de "Déporté et interné résistant" le 23 mars 1955.
Son nom figure sur une plaque commémorative à son hommage sur le lieu de son exécution, à Paris (XIIe arr.) et sur le monument commémoratif de la Résistance, à Poitiers (Vienne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240490, notice JEULIN Marcel, Henri, Pierre par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 16 mai 2021, dernière modification le 29 mai 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : dossiers SHD, Caen, AC 21 P 56926 et SHD, Vincennes, GR 16 P 309488 (nc).— Hervé Barthélemy et Thomas Fontaine dans Cheminots victimes de la répression Mémorial 1940-1945, Perrin/SNCF, Paris, 2017.— Site Ordre de la Libération.— Wikipédia.— Mémoire des Hommes.— Mémorial genweb.— État civil (acte de décès n° 2251).

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