CESSOU Jean-Marie

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 8 février 1925 à Rosnoën (Finistère), exécuté sommairement le 29 juin 1944 à La Rochelle-Normande (aujourd’hui Sartilly-Baie-Bocage (commune nouvelle), Manche) ; cheminot ; résistant de Libération-Nord et des Forces françaises combattantes (FFC).

Jean-Marie Cessou était le fils d’un cheminot, sous-chef de gare à Paris-Batignolles, ancien de 1914-1948 décoré de la Croix de guerre et militant syndical. Il portait le même prénom que son parrain, Mgr Cessou (1884-1945), évêque missionnaire de Lomé, vicaire apostolique du Togo et vétéran de 14/18 également. Jean-Marie passa sa jeunesse aux Mureaux (Seine-et-Oise) dans une famille catholique et patriote. Dès juin 1940, ayant eu connaissance de l’appel du général de Gaulle, il tenta mais sans succès de rejoindre la France libre. Il fit une nouvelle tentative fin 1942 qui n’aboutit pas davantage.
Après l’école d’apprentissage de la SNCF, à La Garenne-Colombes (Seine), il entra début juillet 1943 au dépôt d’Achères (Seine-et-Oise, Yvelines) comme mineur ouvrier ajusteur. À l’école il avait fait la connaissance de Jean Vauzelle qui avait ensuite rejoint la Résistance au mouvement Libération-Nord. Son camarade le fit entrer lui aussi dans son mouvement de Résistance en octobre 1943. Il prit le pseudonyme de Marcel Poulain et rejoignit le groupe constitué par Jean Vauzelle à Sainte-Pience (Manche) et trouva asile à La Rochelle-Normande. Le 4 avril 1944, l’alerte fut donnée après une rafle à Villedieu-les-Poêles (Manche) et les armes et le matériel furent évacués. deux jours plus tard, la Sipo-SD fit irruption dans la propriété du château de Sainte-Pience et arrêta le propriétaire. Jean Marie Cessou et un autre résistant André Le Gall réussirent à s’échapper. Jean-Marie Cessou se réfugia chez Marcel et Émilienne Mabille, cultivateurs à La Lande-d’Airou.
Après le Débarquement de Normandie, Jean-Marie retrouva Jean Vauzelle au Val-Saint-Père (Manche). Le 26 juin 1944, accompagnés de Louis Leboucher, ils se rendirent chez un couple de teinturiers acquis à la Résistance pour y récupérer un lot de capotes de l’armée française stocké depuis 1940. Sur le chemin du retour, à neuf heures, Jean-Marie et Louis Leboucher furent pris par les gendarmes allemands au carrefour de la place Littré à Avranches, tandis que Jean Vauzelle réussit à s’échapper. Ce dernier sera tué le 29 août 1944 à la Patte d’Oie d’Herblay (Seine-et-Oise) après avoir rejoint l’armée américaine. Les deux prisonniers furent ligotés et jetés dans un camion qui se rendit au château de La Rochelle-Normande où s’étaient repliées la Kommandantur et la Feldgendarmerie de Granville.
On ne sait pas exactement ce qu’ils devinrent. Selon le témoignage du jardinier du château, un des hommes fut abattu dans le verger en tentant une évasion et selon les voisins un autre homme jeune fut roué de coups au presbytère par les Feldgendarmes. Il fut achevé de cinq coups de revolver puis traîné dans une remise et dans la soirée le cadavre fut chargé dans une voiture. Il semblerait qu’il s’agissait de Jean-Marie Cessou dont le corps ne sera jamais retrouvé.
Un jugement déclaratif de décès a été rendu par le Tribunal civil d’Avranches le 11 juin 1947 et transcrit au Val-Saint-Père (Manche).
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué au grade de sous-lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC).
Son nom figure sur le monument aux morts, à Les Mureaux, sur la stèle commémorative de la SNCF au dépôt et la plaque commémorative en gare, à Achères (Yvelines), sur le monument commémoratif 1939-1945, à Saint-Lô (Manche).
Une plaque commémorative du Souvenir français a été apposée dans l’église de La Rochelle-Normande (Manche) le 08/02/2009 avec la mention : « Près de ce lieu a été fusillé par les nazis le 29.06.1944 Jean-Marie Cessou - 19 ans résistant "Libération-Nord" priez pour lui » et dessous a été déposée une image représentant quelques roses au dos de laquelle figure le texte suivant " Pour Jean-Marie dit le petit Marcel. Merci d’avoir su protéger toute ta famille mes parents et moi même de par ton sacrifice. Salutation".
Le 29 juillet 1948, la rue du Rû-Barré aux Mureaux prit le nom de rue Jean-Marie-Cessou.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240525, notice CESSOU Jean-Marie par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 22 mai 2021, dernière modification le 28 avril 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : AVCC-SHD, Caen, AC 21 P 40611 et SHD, Vincennes, GR 16 P 115410.— Stéphane Robine Robine dans Cheminots victimes de la répression 1940-1945 Mémorial, sous la direction de Thomas Fontaine, page 342, Perrin/SNCF, Paris, 2017.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.

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