MORO Salvatore

Par Eric Panthou, Antonio Bechelloni

Né le 1er juin 1902 (ou le 22 octobre 1901 d’après deux sources italiennes) à Oniferi (ou à Lula, d’après les sources italiennes les deux communes étant situées dans la province de Nuoro, Sardaigne, Italie), mort vers 1958 dans la région de Beaucaire (Gard) ; militant communiste ; évadé de la prison du Puy ; résistant.

Avis de recherche pour Salvator Moro suite à son évasion du 1er octobre 1943

Fils de Salvatore Moro et d’Agatha Dala [ou de Antonio e Rosaria Porcu d’après une source italienne], Salvatore Moro [Salvator selon son décret de naturalisation] était en Italie ouvrier avant d’émigrer en France, à Longlaville (Meurthe-et-Moselle) en 1924. Militant communiste, il est probable qu’il ait rejoint la France pour fuir le fascisme. Peu de temps après les débuts de la guerre d’Espagne, il s’engagea dans le camp républicain et en janvier 1937 se bat dans le bataillon Garibaldi. Blessé, il repart au combat dans celle qui est devenue entre-temps la brigade Garibaldi. Blessé une deuxième fois, il rentra en France et nous le retrouvons cultivateur, domicilié en 1941 à Beaucaire (Gard).
Il fut arrêté en mars 1942 pour activité communiste et condamné le 22 juillet 1942 à dix ans de travaux forcés par le tribunal militaire (section spéciale) de la 15e Région militaire de Marseille. Il avait été arrêté après une enquête concernant des distributions de tracts communistes dans le secteur d’Arles et de Beaucaire par des militants communistes italiens. Le même jour que lui furent ainsi condamnés Oscar Vannini (10 ans de travaux forcès), Vasco Corsi (perpétuité), Bruno Dall’Oppio (5 ans de prison).
Il est probable qu’il ait été, comme beaucoup de ses camarades avec qui il s’évada un an plus tard de la prison du Puy, d’abord emprisonné à Lodève puis au camp de Mauzac (Dordogne). Les militants communistes s’organisèrent dans chacune de ses prisons, assurant la solidarité mais aussi la formation politique des militants par des cadres comme François et Philomen Mioch puis Jean Burles.
Il s’évada de cette prison le 1er octobre 1943 avec 79 autres prisonniers et fit partie du groupe principal envoyé vers le maquis FTP Wodli en Haute-Loire, implanté alors dans le secteur de Queyrières. C’est par le biais de son témoignage auprès de la veuve de Pietro Tresso que cette dernière appris que son mari et trois de ses camarades trotskystes, également évadés du Puy, avaient disparu fin octobre 1943 à Queyrière, très vraisemblablement exécutés sur ordre.
Il fut homologué membre de la Résistance intérieure française (RIF), membre du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (FN). Il ne figure pas sur la liste nominative des membres du camp Wodli homologués.

Après-guerre, il fut naturalisé par décret du 26 septembre 1947. Il habitait encore à Beaucaire, toujours ouvrier agricole. Il se suicida à la fin des années cinquante.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240564, notice MORO Salvatore par Eric Panthou, Antonio Bechelloni, version mise en ligne le 23 mai 2021, dernière modification le 25 mai 2021.

Par Eric Panthou, Antonio Bechelloni

Avis de recherche pour Salvator Moro suite à son évasion du 1er octobre 1943

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 432120, dossier résistant pour Salvator Moro (nc). —"Des communistes sévèrement condamnés par la section spéciale", Le Petit Provençal, 24 juillet 1942. — Ministère de l’Intérieur, Direction générale de la police nationale. Etat Français. Circulaire n°40/43 U du 3/10/1943. — Lettre de Joseph Lamouroux à Philomen Mioch, 24 novembre 1973. Copie transmise par Rose Blin-Mioch. — Journal officiel de la République française, 28 septembre 1947. — Notice biographique Abraham Sadek. — Généanet. — A.I.C.V.A.S, site internet. — Archivio centrale dello Stato, CPC, busta 3425 (à consulter).

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