Épaignes (Eure) 4 août 1944

Par Jean-Paul Nicolas

Épaignes (Eure) : le 4 août 1944, à la ferme Bréval, quatre hommes du maquis Surcouf furent torturés puis fusillés par un commando composé de militaires allemands et d’un groupe d’Action des Brigades Antiterroristes (police de Rouen).

Robert Leblanc, chef du maquis Surcouf dans le nord ouest de l’Eure
Robert Leblanc, chef du maquis Surcouf dans le nord ouest de l’Eure

Situé dans le département de l’Eure, le maquis Surcouf fut un important mouvement de la Résistance normande durant la Seconde Guerre mondiale. Ce maquis, fondé et dirigé par Robert Leblanc, (épicier à Saint-Étienne-l’Allier), s’organisa en 1942-43 avec l’aide et la complicité de l’abbé Meulan, curé du village, et de Robert Samson dit La Torpille. Organisation presque militaire, son action se déroula principalement dans la région du Vièvre et du Lieuvin au nord-ouest de l’Eure non loin de Pont-Audemer. Non loin de la route D27, entre Épaignes et Lieurey, se trouve un monument dédié au Maquis Surcouf. La ville d’Épaignes a également un monument à la mémoire de quatre membres du Maquis Surcouf fusillés par les Allemands.
La situation géographique du maquis de Robert Leblanc correspondait à une douzaine de communes de la limite est du débarquement de juin 1944, difficile à libérer et où les troupes anglaises piétinèrent particulièrement au cours de la bataille de Normandie.
Au petit matin du 4 août 1944, l’inspecteur collaborationniste Alie, de Rouen, à la tête d’une troupe silencieuse de plus de deux cents hommes, cernait le bâtiment et la cour de la ferme Bréval située sur la commune d’Épaignes. C’était une expédition dirigée contre le maquis Surcouf composée de SS et d’un groupe d’Action des Brigades Antiterroristes dirigé par le policier Alie. Ce dernier ne vient pas par hasard à la ferme Bréval un nommé Geogius l’a renseigné sur le lieu et l’inspecteur comptait y arrêter le leader Robert Leblanc. Il ne l’y trouva pas.
A l’intérieur de cette ferme se trouvaient en particulier les agents de renseignement du maquis Surcouf : René Sortemboc dit Le Pélican, Kléber Mercier dit Raspail, Jean Ribault dit Jean Labbé, prêtre catholique, aumônier du maquis.
Les trois hommes, battus et torturés, après plusieurs heures d’interrogatoire, refusèrent de donner les renseignements concernant leur chef des Surcouf. Ils furent fusillés près de la ferme Bréval au lieu-dit Le Comty, près d’un poirier avec à leurs côtés un quatrième homme non-identifié, qualifié d’inconnu.
La horde d’hommes en armes reprit ensuite la route vers Pont-Audemer, l’après-midi du 4 août pour affronter le groupe Surcouf de Quillebeuf-sur-Seine à Bouquelon. Là, six Francs tireurs du Surcouf sont abattus et Leblanc échappe aux griffes de la Gestapo.
Plus tard, au cours du même mois d’août 1944, la chance tourne pour le policier Alie : en fuite de Rouen depuis le 23 août il sera arrêté par les FFI à Aumale (à l’est de la Seine-Maritime) le 1er septembre 1944. Son procès qui se tint du 14 au 16 novembre 1944 à Rouen, aboutit à une condamnation à mort pour intelligence avec l’ennemi. Il sera fusillé le 27 décembre 1944 à Petit-Couronne par les militaires français de la France libérée.

René Sortemboc dit Le Pélican
Kléber Mercier dit Raspail
Jean Ribault dit Jean Labbé
Un inconnu fusillé à Épaignes

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240567, notice Épaignes (Eure) 4 août 1944 par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 24 mai 2021, dernière modification le 3 juin 2021.

Par Jean-Paul Nicolas

Robert Leblanc, chef du maquis Surcouf dans le nord ouest de l'Eure
Robert Leblanc, chef du maquis Surcouf dans le nord ouest de l’Eure
Le monument d'Epaignes
Le monument d’Epaignes

SOURCES : Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944]. Edité par l’Association Départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime (1994).— Raymond Ruffin Les Lucioles de ma nuit Presses de la Cité 1976.— Le Journal du maquis, du débarquement à la Libération, rédigé par Robert Leblanc, chef du maquis Surcouf, présenté et commenté par Alain Corblin, Société historique de Lisieux, 2014.

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