BAGEL Victor, Marius, Henri dit Henri alias Vincent dans la résistance

Par Eric Panthou

Né le 15 janvier 1910 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), mort le 26 janvier 1989 à Gerzat (Puy-de-Dôme) ; ouvrier Michelin ; militant du parti communiste (PCF) et de la CGT ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Fils de Louis Jules Bagel, employé de chemin de fer âgé de 25 ans et de Jeanne Chaussidière, 25 ans, sans profession, Victor Bagel, communément appelé Henri, se maria le 2 janvier 1932 à Gerzat (Puy-de-Dôme) avec Marie Desgeorges.
Il était ouvrier chez Michelin, membre de la CGT et du parti communiste depuis une date qu’on ignore.
Identifié comme communiste, il fut considéré comme actif chez Michelin et dénoncé par un informateur issu très certainement de la direction Michelin via une liste avec les adresses de plusieurs dizaines de suspects. Remise au commissaire, cette liste était accompagnée d’une suggestion de l’informateur afin que toutes les personnes citées soient internées. Contrairement à ce qui effectivement arriva pour la plupart des noms cités, Henri Bagel ne semble pas avoir été interné.
Courant 1942, il rencontra Raoul Calas à Clermont-Ferrand, ce dernier étant en charge du suivi de la région, avant de se faire arrêter et condamnée à mort (finalement gracié). La plupart des cadres communistes locaux étant soit en fuite, soit prisonniers de guerre ou internés, il est possible qu’Henri Bagel ait pu ainsi accéder à des responsabilités plus importantes que celles qu’il avait avant-guerre où il semble n’en avoir eu aucune.
Il rejoignit ensuite la Résistance armée au sein du Camp Gabriel des FTPF du Puy-de-Dôme, avec durée des services homologuées du 1er octobre 1943 au 24 août 1944.
Sous le nom de guerre Vincent, il fut adjudant au Service de renseignements (SR).
Il était présent quand est arrivé un groupe d’évadés de la prison du Puy, le 1er octobre 1943. Parmi eux Philomen Mioch, Jean Burles, Paul Maraval, etc. Le camp Gabriel Péri était alors installé au vieux moulins de Vergheas (Puy-de-Dôme), dans les Combrailles, à la limite du département de la Creuse. Il fut marqué par le refus de ces nouveaux arrivants de veiller le corps d’Alphonse Priouret, tué en mission le 18 novembre.
Traqué par les forces de répression, la compagnie dut évacuer les Combrailles et traversa le département du nord ouest au sud est avant de tomber le 27 décembre 1943 sur un barrage à Sarpoil, commune de Saint-Jean-en-Val. Les hommes furent alors dispersés et Vincent fut chargé de constituer le camp Guy Moquet. La première installation fut dans la maison forestière de Fournols (Puy-de-Dôme), près d’Ambert, au sud-est du département, mis à disposition par Jalabert. Par le biais de la filière de Pierre Mavel et de Charette alias Paul ou Chounet, le camp a reçu des renforts. Ce camp prit toute son importance sous la direction de Charette et de Philomen Mioch alias Titin. Le camp déménagea rapidement dans un moulin près de la rivière la Dolore, faute de place à Fournols puis il dut évacuer vers un buron à Saint-Bonnet-le-Chastel (Puy-de-Dôme), juste à côté. Henri Bagel estima que les hommes avaient passé ici un hiver épouvantable dans la paille, la neige et la glace.
Puis il puis devint capitaine dans le Cantal au sein de l’état-major FTPF. Il a reçu la médaille de la Résistance (JO 15/06/1945).
Il reprit son poste à la production chez Michelin à la Libération.

En 1956, Henri Bagel, en tant qu’élu CGT, était secrétaire du Comité d’entreprise des usines clermontoises du groupe Michelin et le resta plusieurs années.
Lors du scrutin de ballottage du 27 avril 1958, le socialiste Ambroise Brugière fut à nouveau élu avec 6 146 voix face au communiste Henri Bagel. Il est désigné par le PCF comme candidat aux cantonales pour remplacer le docteur Brugière, décédé, pour le canton Est de Clermont-Ferrand.
Il fut sanctionné par le Parti, à une date qu’on ignore. Selon Bagel, Georges Azam, secrétaire de la CGT Michelin et membre du secrétariat fédéral du PCF du Puy-de-Dôme, n’était pas étranger à cette sanction.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240605, notice BAGEL Victor, Marius, Henri dit Henri alias Vincent dans la résistance par Eric Panthou, version mise en ligne le 26 mai 2021, dernière modification le 30 mai 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296 W 75 : Le Commissaire divisionnaire Chef de la 6e Brigade de Police Mobile au Préfet, 6 décembre 1940. — SHD Vincennes, GR 16 P 27152, dossier résistant pour Victor Henri Bagel (nc). — La Voix des Bib, journal de la section PCF Michelin. — SHD Vincennes, 19 P 63/5 : état nominatif des cadres ayant appartenu au Camp Gabriel Péri ou 1103e Compagnie FTPF, signé Commandant Delmas, dit Lucien, 21 novembre 1947. — SHD Vincennes, ; dossier 19 P 63/5. — Résistance d’Auvergne, n°36, octobre 1979. — Lettre d’Henri Bagel à Philomen Mioch, circa 1985. Copie transmise par Rose Blin-Mioch. — État civil Clermont-Ferrand (en ligne). — Généanet.

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