DESBRUYÈRES Philippe

Par Michaël Boudard

Né le 11 novembre 1878 à Paris (XIIe arrondissement), mort le 5 août 1963 à Château-Chinon (Nièvre) ; cheminot révoqué, aubergiste-épicier à Corancy (Nièvre) ; conseiller municipal socialiste puis communiste de Corancy (1919-1929).

Fils d’un homme d’équipe et d’une journalière, Philippe Desbruyères fut tout d’abord domestique à Civry-en-Montagne (Côte-d’Or). Il partit effectuer son service militaire entre novembre 1899 et septembre 1902. Lors de son mariage en février 1904 à Corancy (Nièvre), il est alors cultivateur avec ses parents dans cette commune. Puis, il partit s’installer dans le XIIe arrondissement de Paris où il fut manœuvre aux chemins de fer PLM en 1907 et révoqué en août 1911.
Mobilisé dès août 1914, il fut fait prisonnier le 4 juillet 1915 et subit 40 mois de captivité dans le camp de Landau (Palatinat). Rapatrié en décembre 1918, il fut démobilisé en février 1919 et rejoignit Corancy où il devint aubergiste.
Le 7 décembre 1919, alors qu’il était secrétaire du groupe socialiste de Corancy, il fut élu conseiller municipal de cette commune. Quelques jours plus tard, il se présenta avec Gustave Devière à l’élection pour le Conseil d’arrondissement de Château-Chinon (canton de Château-Chinon). Mais, les deux hommes ne furent pas élus et rejoignirent le Parti communiste l’année suivante comme leur ami Charles Thépénier. Philippe Desbruyères fut réélu conseiller municipal au scrutin de mai 1925.
Pour les élections législatives d’avril 1928, les communistes nivernais choisirent, pour l’arrondissement de Château-Chinon, Ernest Girault, ingénieur agronome à Paris. À l’issue du premier tour, il recueillit 1 641 voix, derrière les deux autres candidats des gauches, le SFIO Henri Gamard et le radical-socialiste Jacques Poulet. À la veille du second tour le 29 avril, une déclaration de Philippe Desbruyères, datée du 24, fut publiée à la « une » du journal radical-socialiste L’Écho du Morvan :
« Je soussigné, Desbruyères Philippe, commerçant, conseiller municipal communiste de Corancy et secrétaire de la cellule communiste de Corancy, affirme que trois membres d’un comité électoral de Nevers, qui n’ont pas voulu décliner leurs noms, sont venus me trouver le 23 avril à 10 heures du soir. Ils m’ont demandé de poser ma candidature au deuxième tour de scrutin dans l’arrondissement de Château-Chinon, sous l’étiquette communiste afin d’amener l’échec du candidat socialiste Gamard. Ils m’ont offert une grosse somme d’argent (45 000 francs), au cas où j’accepterais ; d’autre part, la propagande était à leurs frais (bulletins, affiches, professions de foi etc.). J’ai naturellement refusé avec indignation. En présence d’une manœuvre aussi odieuse de la réaction, j’engage tous mes camarades communistes à reporter leurs suffrages, le 29 avril, sur le nom du citoyen Gamard ». D’autres communistes de la Nièvre appelèrent également à voter pour les candidats socialistes tels Sylvain Debret et Antoine Coudertqui furent exclus du Parti.
Après les élections municipales de mai 1929, Philippe Desbruyères ne fit plus partie du Conseil municipal de Corancy où il continua d’exercer le métier d’aubergiste-épicier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240679, notice DESBRUYÈRES Philippe par Michaël Boudard, version mise en ligne le 1er juin 2021, dernière modification le 1er juin 2021.

Par Michaël Boudard

SOURCES : Arch. Dép. Paris : état civil de Paris (XIIe arrondissement). — Arch. Dép. Nièvre : état civil de Corancy ; M 408 : élections cantonales de 1919-1920 ; M 519 : élections municipales de Corancy ; série R (classe 1898) ; 1628 W 105 : dossier ONAC-VG n°11224. — Journal L’Écho du Morvan.

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