ESPIÉ Étienne, Albert, Joseph

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 19 mars 1891 à Embrun (Hautes-Alpes), mort le 28 août 1975 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ; professeur de lettres ; militant syndicaliste, secrétaire général du Syndicat national des professeurs de collège, militant du SPES puis du SNES en Seine-et-Oise [Yvelines].

Fils de César, Isaac Espié, secrétaire à la sous-préfecture d’Embrun, et de Marie Mathilde Soubra, sans profession, Étienne Espié obtint le baccalauréat en 1908 et fut élève en classe de première supérieure au lycée du Parc à Lyon (Rhône). Il poursuivit ses études à la Faculté des Lettres de Lyon, où il obtint une licence de lettres en 1912, un diplôme d’études supérieures de philosophie en 1913, qu’il compléta la même année par un certificat de sciences physiques. Boursier d’agrégation, deux fois défaillant au concours, il ne fut pas mobilisé pendant la Première Guerre mondiale en raison de son exemption du service militaire.

Professeur délégué pour enseigner la philosophie et l’histoire au collège de Nantua (Ain) en 1914, Etienne Espié, outre son enseignement en philosophie, remplaça dans diverses autres matières les professeurs mobilisés. En 1919-1920, il s’étonna de n’avoir à enseigner que les lettres et le latin, alors que ses élèves avaient eu de bons résultats aux épreuves de philosophie les années précédentes. Un échange de correspondance, en juin 1920, entre le principal du collège, le rectorat et le ministère, permet de comprendre les raisons de cette mise à l’écart. Le principal expliquait qu’Espié allait jouer au football avec ses élèves, non pas pour faire de l’exercice mais pour mieux « leur inculquer des idées politiques et sociales » conformes à celles qu’il développait lors des campagnes électorales de la fin 1919. Il cherchait à entraîner ses élèves dans des manifestations en « faveur des soviets ». Le principal demandait qu’il ne soit pas renommé à Nantua. Aussi fut-il muté comme professeur délégué de lettres et de philosophie au collège de Bourgoin (Isère) à la rentrée scolaire 1920. Il avait pris en charge sa mère, sans ressources, devenue veuve en 1919 et il épousa Delphine Montange en décembre 1922 à Mornay (Ain).

En 1924, Etienne Espié fut nommé professeur délégué au collège de Clermont-sur-Oise (Oise), puis obtint sa mutation dans les années 1930 pour occuper la chaire de lettres-grammaire en classe de seconde au collège de garçons de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). Dans les années 1930, il devint secrétaire général du Syndicat national des professeurs de collège, constitutif en 1928 de la Fédération générale de l’enseignement-CGT, affilié à la Fédération générale des fonctionnaires dont il fut candidat à la commission administrative nationale en décembre 1932. Il fut élu membre du Conseil supérieur de l’Instruction publique au titre des licenciés ès lettres. En 1937, il participa à la fondation du Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire affilié à la FGE-CGT unifiée.

Etienne Espié bénéficiait de l’appui des autorités municipales pour sa candidature puis son maintien sur la chaire de philosophie au collège de garçons de Saint-Germain en Laye, ce qui permit son inscription, en 1939, sur la liste d’aptitude pour enseigner dans les établissements du cadre parisien. Maintenu en poste dans l’établissement, quand il se transforma en lycée d’État en 1942, dénommé Claude Debussy en mars 1943, il fut titularisé professeur de philosophie en 1944. Il demeura dans ce lycée qui fut renommé Marcel Roby en 1948, jusqu’à sa retraite prise en 1956.

À la Libération, il était secrétaire de la section de son établissement (S1) du Syndicat national de l’enseignement secondaire.

Son épouse mourut accidentellement à l’automne 1945. Il bénéficia alors d’une aide importante de ses collègues mais cessa de militer activement. Il se remaria en décembre 1948 avec Gabrielle Lebas à Saint-Germain-en-Laye.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24070, notice ESPIÉ Étienne, Albert, Joseph par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 1er janvier 2009, dernière modification le 18 janvier 2018.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 24341 (dossier Jean-Baptiste Berthet), 26560. — Arch. IRHSES (SPES, SNES).

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