La Londe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), 26 août 1944

Par Jean-Paul Nicolas

Au sud de Rouen, du 21 au 28 août 1944, l’armée allemande, en repli, stationne dans la forêt de La Londe en attendant de franchir la Seine. Quatre habitants de La Londe sont exécutés sommairement dans une ferme du village.

"La nasse" de la rive gauche de Rouen après le bombardement du 25 août 1944 : le matériel allemand n’a pas pu franchir la Seine.

Le 21 août 1944, la Wehrmacht qui vient de perdre la bataille de Normandie dans la poche de Falaise (Calvados), reçoit l’ordre de se replier vers la Seine. Pour la traverser elle ne peut plus compter sur les ponts de Rouen détruits lors de la semaine rouge (31 mai au 4 juin 1944). Une armada de chars et de véhicules lourds s’engage dans le méandre, s’accumule rive gauche à Rouen et se trouve ainsi pris au piège dans la gigantesque nasse formée par le fleuve.
Les troupes Allemandes, coincées dans le méandre, rive gauche de Rouen, tenteront d’utiliser nuit et jour divers radeaux ou bacs afin de traverser en amont et aval de Rouen. Ces moyens de traversée ralentissent considérablement le repli des Allemands. Au sud de Rouen, les forêts de La Londe, des Essarts et du Rouvray, situées à l’entrée du méandre servent à camoufler ces troupes et leur matériel en attendant la traversée de la Seine.
Dans ce contexte, à La Londe, les troupes qui stationnent sont particulièrement nerveuses dans cette attente. Le 25 août, elles ont eu connaissance du spectaculaire bombardement aérien de la rive gauche de Rouen qui a mis à feu et à sang l’armada allemande bloquée aux bords du fleuve. C’est ainsi que des soldats multiplient les exactions contre les civils tout au long de la rive gauche de la Seine.
Quatre Londais, MM Jean Périer, André Hamon, Georges Mercier, Fernand Leroy qui effectuaient dans une ferme des achats de nourriture, le 26 août, sont pris à partie par des Allemands qui voulaient être servis avant eux. Entraînés à l’écart, ils sont mitraillés et Georges Mercier qui vivait encore est noyé dans une mare. Un peu plus loin, et quelques heures plus tard, une femme est violée puis égorgée pendant que son mari est assassiné. Leurs corps sont arrosés d’essence et carbonisés. Les quatre hommes dont les noms sont cités figurent sur le monument aux morts de La Londe comme fusillés dans la commune.
PÉRIER Jean
HAMON André
MERCIER Georges
LEROY Fernand

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240728, notice La Londe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), 26 août 1944 par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 4 juin 2021, dernière modification le 4 juin 2021.

Par Jean-Paul Nicolas

"La nasse" de la rive gauche de Rouen après le bombardement du 25 août 1944 : le matériel allemand n'a pas pu franchir la Seine.
"La nasse" de la rive gauche de Rouen après le bombardement du 25 août 1944 : le matériel allemand n’a pas pu franchir la Seine.

SOURCES : « Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine Maritime. 1940-1944 ». Edité par l’Association Départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime. 1994.— Visite au Monument aux morts de La Londe.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément