ESMONIN Edmond [ESMONIN Jean, Edmond]

Par Jacques Girault

Né le 24 octobre 1877 à L’Etang-Vergy (Côte-d’Or), mort le 22 mars 1965 à Grenoble (Isère) ; professeur ; résistant ; adjoint au maire radical-socialiste de Grenoble ; président de la Ligue des droits de l’Homme en Isère.

Fils d’un vigneron, Edmond Esmonin fut élève aux lycées Carnot à Dijon (Côte-d’Or), puis Michelet à Vanves. Il effectua son service militaire en 1898-1899. Après avoir obtenu une licence ès lettres (mention histoire) en 1900, un diplôme d’études supérieures (1901) à la Sorbonne, il fut reçu l’agrégation d’histoire et géographie en 1904.

Il rencontra à cette époque Ernest Lavisse, dont il devint le secrétaire personnel quand il était professeur au petit lycée Condorcet de 1906-1908 puis au lycée Charlemagne à Paris. Pierre Goubert assurait qu’il avait pris un part considérable dans la préparation de l’Histoire de France. Il demanda un congé en 1910, pour terminer ses thèses, tout en donnant des cours aux étudiants étrangers à la faculté de Grenoble de 1910 à 1914 pendant les vacances d’été. Il devint docteur d’État en 1913 ; sa thèse principale, La taille en Normandie au temps de Colbert, obtint le prix d’histoire de l’Académie française en 1914.

Il fut mobilisé d’août 1914 à février 1919 avec le grade de capitaine et obtint deux citations. Il se maria en janvier 1926 à Strasbourg avec la fille d’un pasteur

Edmond Esmonin fut professeur d’histoire à la faculté des lettres de Grenoble, de novembre 1918 à sa retraite en 1945, chaire qu’il qu’il cumulait avec celle d’histoire de l’art. Il était doyen de la faculté de 1925 à 1928 (selon les archives municipales), de 1928 à 1931 (selon son dossier administratif).

Membre du Parti radical-socialiste, président de la Ligue des droits de l’Homme en Isère, Edmond Esmonin fut très actif au moment du Front populaire. Il participa aux actions du mouvement de résistance Combat. Il fut « obligé de quitter Grenoble le 25 décembre 1943 en raison de menaces d’assassinat » et entra dans la clandestinité. Relevé de ses fonctions, le 6 juin 1944, il fut réintégré à la Libération.

Élu troisième adjoint au maire de Grenoble, le 29 avril 1945, chargé de l’Instruction publique et des Beaux-arts, Esmonin fut candidat radical-socialiste aux élections aux assemblées nationales constituantes en 1945 et 1946.

Pierre Goubert écrivit un article nécrologique très élogieux à ce pionnier de la société de la démographie historique, grand érudit, "rude, implacable". Il légua sa bibliothèque contenant 20 000 ouvrages environ à l’Université de Grenoble. Aux archives départementales de l’Isère, un fonds Edmond Esmonin a été constitué. Une avenue porte son nom à Grenoble.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24073, notice ESMONIN Edmond [ESMONIN Jean, Edmond] par Jacques Girault, version mise en ligne le 1er janvier 2009, dernière modification le 5 août 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Parmi les titres figurant au fichier de la Bibliothèque nationale de France : La taille en Normandie au temps de Colbert (1661-1683), Paris, Hachette, 1913. — Études sur la France des XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, PUF, 1964, 539 p. — "L’anticléricalisme au temps de Louis XIV (bull. de la Soc. d’Hist. moderne, 1914)

SOURCES : Arch. Nat. F/17 25125. — Arch. mun. Grenoble (A. Boulenc). — Pierre Goubert, article nécrologique, Annales de démographie historique, 1966. — Notes d’Alain Dalançon.

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