GOBRON Émile, Octave

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 16 août 1910 à Charleville (Ardennes), disparu probablement fusillé le 18 février 1945 à Hirschberg, aujourd’hui Jelenia Góra (Pologne) ; cheminot ; supposé résistant .

Émile Gobron était le fils de Victor, journalier et de Marie Launois. Il se maria le 18 août 1934 à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) avec Fernande Tremblay, âgée de 21 ans, rebrousseuse. Le couple s’installa 29 rue Jarreau-Brégevin à Drancy chez les parents de la mariée et eut un enfant né en 1936. Émile Gobron entra à la Compagnie de chemin de fer du Nord le 15 février 1937 comme auxiliaire manœuvre au dépôt du Bourget et devint manœuvre à l’essai le 1er mars 1937 puis manœuvre le 15 février 1938. Il fut muté à La Plaine-Saint-Denis comme manœuvre autorisé le 19 juin 1939 puis fut mobilisé comme soldat de 2e classe au 46e régiment d’infanterie en septembre 1939. Il fut fait prisonnier dans las Ardennes le 11 juin 1940 et interné au Stalag VIII A Kommando 310 à Hirschberg, en Silésie. Il fut transformé en travailleur civil et affecté à l’usine Zellwolle, qui était une fabrique de viscose.
Entre le 15 novembre 1944 et la fin du mois de janvier 1945, une petite centaine de Français furent arrêtés par la Gestapo à Hirschberg. Cette vague de répression au sein de la population française de la ville avait pour objectif le démantèlement d’un groupe de résistance, dit « FFI 667 », qui s’était progressivement constitué dans la région et auquel adhéra sans doute Émile Gobron. Ce groupe fut accusé d’avoir « pour projet d’intervenir à l’approche des troupes soviétiques sur les arrières allemands ». En réalité, son activité principale était l’organisation de l’écoute clandestine des radios étrangères, ainsi que la diffusion des nouvelles auprès des travailleurs étrangers des environs. Il semblerait qu’il ait également travaillé au développement du sabotage au sein des usines et à l’évasion de prisonniers de guerre vers la France.
85 travailleurs français furent arrêtés durant cette période à Hirschberg. Il y avait parmi eux 74 prisonniers de guerre transformés en travailleurs libres comme Émile Gobron et astreints au travail dans plusieurs usines de la ville et de ses environs immédiats. Émile Gobron fut arrêté avec une quinzaine d’entre eux le 30 janvier 1945 et ils furent tous conduits à la Gestapo d’Hirschberg pour interrogatoires et fusillés le 18 février 1945, à proximité du cimetière d’Hirschberg par les SS. Ils était considérés comme les responsables du groupe et auraient été exécutés sommairement pour cette raison. La présence parmi eux d’Albert Lemieux, considéré comme le chef du groupe « FFI 667 », permet de confirmer en partie cette hypothèse. Mais le fait que ces 15 Français aient été arrêtés à la fin du mois de janvier 1945 peut aussi laisser supposer qu’avec l’avancée des troupes russes, le processus de déportation vers Gross Rosen était rompu et que ces prisonniers devenaient « encombrants ».
Il obtint la mention « Mort pour la France » attribuée le 7 février 1951.
Il n’a pas été trouvé de trace de son nom sur une plaque ou monument aux morts.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240807, notice GOBRON Émile, Octave par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 6 juin 2021, dernière modification le 6 juin 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : dossier AC 21 P 193532.— Arnaud Boulligny dans Cheminots victimes de la répression 1940-1944 Mémorial, sous la direction de Thomas Fontaine, Perrin/SNCF, Paris, 2017.— Wikipédia Jelenia Góra, chapitre Seconde Guerre mondiale.

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