MAZZEI Mathieu

Par Jean-Marie Guillon

Né le 10 février 1912 à Luri (Haute-Corse) ; ajusteur ; communiste, syndicaliste.

Fils de Jean-Baptiste Mazzei et de Maris Crescioni, marié et père d’un enfant, Mathieu Mazzei habitait à Marseille (Bouches-du-Rhône) et travaillait à l’usine SNCASE de Marignane (Bouches-du-Rhône) comme ajusteur depuis mars 1938. Il était membre du syndicat des Métaux CGT et de la Fédération sportive et gymnique du Travail (FSGT). Il avait fait son service militaire au 22e régiment de chasseurs alpins à Nice (Alpes-Maritimes). Affecté spécial à Marignan dans un premier temps, il fut mobilisé en février 1940 au CIF n°1 à Menton (Alpes-Maritimes) jusqu’au 23 juillet 1941. Ayant repris son travail à la SNCASE, sollicité par Fernand Lévêque, il adhéra au parti communiste clandestin, collecta de l’argent pour les militants emprisonnés ou internés (environ cent francs tous les quinze jours, les ouvriers donnant deux à cinq francs), diffusa la propagande qu’il recevait tous les quinze jours (en particulier le journal d’entreprise Les Ailes françaises). Toujours membre du syndicat des Métaux, il fut désigné au comité social de l’entreprise et était délégué de son hangar. Vers juin 1942, il devint secrétaire général du syndicat à la demande du secrétaire administratif, Grollier. À partir de ce moment, il ne put assurer le même travail clandestin. Lévêque lui fit intégrer un trio composé de Maurice Amphoux, ancien secrétaire de la cellule communiste de Berre (Bouches-du-Rhône), et de Jules Ferrus. Il continuait à s’occuper de la solidarité. Il renseignait aussi Lévêque sur l’activité syndicale officielle. Il participa à un stage à l’École des cadres civiques à Mayet-de-Montagne peu après sa désignation comme responsable syndical. Ce stage dont il rendit compte verbalement à Lévêque portait sur la politique sociale du gouvernement et la Charte du Travail. Il fut arrêté en octobre 1942 lors du démantèlement d’un groupe de militants communistes de Miramas (Bouches-du-Rhône, voir Armel Puppo 196059) dont certains travaillaient à Marignane. Dans son interrogatoire du 5 octobre devant un inspecteur de la 9e brigade de police judiciaire, il reconnut les faits, mais nia avoir été membre du parti communiste avant guerre. Il affirma avoir fait avorter une tentative de grève avec laquelle il était en désaccord en août 1942 en obtenant de la direction la possibilité de se déplacer dans les hangars pour discuter avec les ouvriers. Déféré devant la section spéciale de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), il revint sur sa déposition devant le juge d’instruction le 3 avril 1943, nia toute implication dans l’organisation clandestine, affirma que ses aveux avaient été obtenus à la suite des coups reçus, « une véritable torture » d’après lui. Il ajouta avoir toujours combattu le communisme, être favorable à la Révolution nationale et avoir été la cible de graffitis injurieux dans les toilettes, l’accusant d’être « un cagoulard » et un « vendu au patron ». Il fut condamné le 15 février 1944 à quinze mois de prison et mille deux cents francs d’amende par la section spéciale. Le conseil d’administration du syndicat des Métaux des Bouches-du-Rhône était intervenu en sa faveur le 8 février en niant sa culpabilité et en signalant que son épouse était malade.
Le dossier de Résistance de Mathieu Mazzei conservé au SHD le fait apparaître comme membre du Front national, ce qui, généralement, recouvre la participation au parti communiste clandestin. Il fut reconnu comme « interné résistant ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240834, notice MAZZEI Mathieu par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 7 juin 2021, dernière modification le 7 juin 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : SHD Mémoire des hommes Caen AC 21 P 595 223, et Vincennes 16 P 407 830. —Arch. dép. Bouches-du-Rhône 8 W 62 (dossier Section spéciale cour appel Aix-en-Provence).

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