LAMANT Jules, Eugène

Par Michel Thébault

Né le 24 mars 1894 à Neuilly-sur-Marne (Seine, Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-Saint-Denis ), exécuté sommairement le 26 août 1944 à Forfry (Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-et-Marne) ; artisan plombier - couvreur ; résistant, 1er Régiment Franc de Paris, groupe Charles Hildevert (SOE-F Buckmaster).

Jules Lamant était le fils d’Albert, Antoine Lamant âgé de 36 ans et d’Emma, Clotilde Bernier âgée de 25 ans, cultivateurs. Il apprit le métier de plombier – zingueur.
Il fut mobilisé le 9 septembre 1914 dans un régiment d’artillerie lourde, arme dans laquelle il fit toute la première guerre mondiale. Il fut démobilisé le 9 septembre 1919 et se maria le 23 avril 1921 à Neuilly-sur-Marne avec Louise Leblanc, veuve de guerre. Cette dernière, née le 1er mai 1893 à Ainay-le-Château (Allier), s’était mariée le 1er août 1914 à Ainay-le-Château avec Jean Bernard (né le 21 mars 1888 à Givardon, Cher). Mobilisé dès le 3 août pour la première guerre mondiale, Jean Bernard fut tué au combat le 3 décembre 1916 à Ablaincourt-Pressoir (Somme), déclaré Mort pour la France. Un fils Daniel était né en 1915 à Ainay-le-Château. En 1921, Louise Leblanc, exerçait à Neuilly-sur-Marne (Seine-et-Oise), Val-de-Marne) le métier d’infirmière. Trois enfants naquirent à Neuilly, Albert en 1922, Louis en 1925 et Georges en 1929. Au recensement de 1931, la famille résidait 6 bis, boulevard Carnot. Jules Lamant était artisan plombier, son beau-fils Daniel Bernard, âgé de 16 ans, était à ses côtés, apprenti plombier. Sa femme était infirmière à l’hôpital de Maison-Blanche. Ses deux fils Albert et Louis devinrent à leur tour ouvriers plombiers auprès de leur père, métiers qu’ils exerçaient en 1944.

Jules Lamant s’engagea dans la Résistance avec ses deux fils, Albert et Louis, rejoignant un corps-franc lié au réseau Armand Spiritualist, dépendant du SOE-F Buckmaster et plus particulièrement le bataillon Hildevert, créé par Charles Hildevert, marchand de légumes au Raincy, ancien combattant et médaillé militaire de la Grande Guerre, qui recruta à partir de 1942 des résistants dont un certain nombre d’anciens combattants dans la banlieue Est de Paris. A la mi-août, le réseau Armand-Spiritualist s’organisa militairement grâce aux armes reçues et forma plusieurs compagnies, créant le 1er Régiment Franc de Paris. Le 26 août le bataillon Hildevert, vint du Raincy réceptionner un parachutage à Oissery (Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-et-Marne), aux alentours de l’étang de Rougemont. Oissery et ses alentours furent le théâtre de violents combats, mais la disproportion des forces et des armements aboutit à un véritable massacre dans les rangs des résistants. Jules Lamant et ses fils réussirent à survivre à ce premier combat et parvinrent à se réfugier avec plusieurs camarades (dont Alfred Ruelle, également de Neuilly-sur-Marne) dans la commune voisine de Forfry, à l’intérieur des ruines du château Boissy. Découverts par les Allemands, ils furent tous exécutés sommairement, abattus d’une rafale de mitrailleuse. Jules Lamant et ses deux fils furent inhumés dans le carré militaire du cimetière communal de Neuilly-sur-Marne. Louise Leblanc qui avait perdu son premier mari lors du premier conflit mondial, perdit le second lors de la Deuxième guerre mondiale ainsi que deux de ses fils.

Jules Lamant obtint la mention Mort pour la France, fut homologué FFI et obtint le statut interné-résistant (DIR) par décision du 11 décembre 1958. Il reçut la Médaille militaire à titre posthume par décret du 4 janvier 1961. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) place Henri-Barbusse. Une rue « Jules Lamant-et-ses fils » à Neuilly-sur-Marne fut dénommée ainsi par délibération municipale du 22 octobre 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240854, notice LAMANT Jules, Eugène par Michel Thébault, version mise en ligne le 9 juin 2021, dernière modification le 9 juin 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Cher et Seine-Saint-Denis (état civil, registre matricule, recensements) — SHD, Vincennes, GR 16 P 332899 et SHD, Caen, AVCC, AC 21 P 63490 (nc) — Monique Houssin Résistantes et Résistants de Seine-Saint-Denis, un nom, une rue, une histoire, Éditions de l’Atelier, 2004 — Site internet de Gilles Primout La Libération de Paris — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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