MAYEUR Raoul, Henri

Par Michel Thébault

Né le 15 août 1896 à Paris (XVIIe arr.), exécuté sommairement le 26 août 1944 à Oissery (Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-et-Marne) ; représentant de commerce ; résistant, 1er Régiment Franc de Paris, groupe Charles Hildevert (SOE-F Buckmaster).

Raoul Mayeur était le fils d’Émile, Albert Mayeur âgé de 30 ans, chemisier et de Léonie, Eugénie, Andréa Thiberge âgée de 29 ans. Il s’engagea volontairement à Paris pour la durée de la guerre, le 27 août 1914, à l’âge de 18 ans, dans le 3ème Régiment de Cuirassiers. Il fut deux fois blessé, le 28 septembre 1915 par shrapnell au genou gauche et plus gravement le 13 août 1916 par un éclat de torpille qui lui perfora le tympan. Il en garda après la guerre de lourdes séquelles, une surdité à peu près totale de l’oreille droite accompagnée d’une hyperacousie de l’oreille gauche, qui lui valurent une pension d’invalidité. Cité à l’ordre du régiment le 4 octobre 1916 « bon soldat, très courageux, blessé à son poste de combat le 13 août 1916 », il fut décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Il fut démobilisé le 3 avril 1919. Revenu à Paris, domicilié 27, rue Morère et exerçant la profession de voyageur de commerce, il se maria le 17 août 1922 à la mairie du XIVème arrondissement avec Franciska, Catherine Marquet (née à Limoges, Haute-Vienne, le 7 septembre 1891). ils eurent une fille Monique née à Paris en 1924. Le couple divorça le 11 janvier 1927. Raoul Mayeur, installé à Chelles (Seine-et-Marne) depuis 1925, s’y remaria le 3 novembre 1928 avec Marie, Eugénie Morin. Au recensement de 1936, la famille résidait à Chelles 25 rue de l’Ardenne. Raoul Mayeur était alors représentant de commerce aux établissements Meyer de Romainville (Seine-Saint-Denis).

Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit un corps franc lié au réseau Armand Spiritualist, dépendant du SOE-F Buckmaster et plus particulièrement le bataillon Hildevert, créé par Charles Hildevert, marchand de légumes au Raincy, ancien combattant et médaillé militaire de la Grande Guerre, qui recruta à partir de 1942 des résistants dont un certain nombre d’anciens combattants dans la banlieue Est de Paris. A la mi-août le réseau Armand-Spiritualist s’organisa militairement grâce aux armes reçues et forma plusieurs compagnies, créant le 1er Régiment Franc de Paris.
Le 26 août, le bataillon Hildevert, vint du Raincy réceptionner un parachutage à Oissery (Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-et-Marne), aux alentours de l’étang de Rougemont. Jean Richard conduisait l’un des nombreux véhicules qui transportaient le bataillon Hildevert composé de plus de 200 hommes. Mais les déplacements des résistants furent découverts par les Allemands. Ce 26 août, Oissery et ses alentours furent le théâtre de violents combats, mais la disproportion des forces et des armements aboutit à un véritable massacre dans les rangs des résistants. Les circonstances de la mort de Raoul Mayeur restent à préciser, mais le fait qu’il ait reçu après guerre le statut d’interné-résistant permet de penser qu’il a dû être capturé par les troupes allemandes et exécuté sommairement le jour même.

Il obtint la mention Mort pour la France, fut homologué FFI et obtint le statut interné-résistant (DIR). Il reçut la Médaille militaire à titre posthume par décret du 5 janvier 1959. Son nom est inscrit sur le monument aux morts 1939 – 1945 de Chelles (Seine-et-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240879, notice MAYEUR Raoul, Henri par Michel Thébault, version mise en ligne le 9 juin 2021, dernière modification le 9 juin 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Seine et Seine-et-Marne (état civil, registre matricule, recensements) — SHD, Vincennes, GR 16 P 406770 et SHD, AVCC, Caen, AC 21 P 98599 (nc) — Site internet de Gilles Primout La Libération de Paris. — Mémoire des Hommes. — Mémorial Genweb.

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