MAHLER Jacob, Jean, Henri [dit MALHER] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 31 juillet 1832 à Hanau (Allemagne), mort par suicide le 10 mars 1894 à Sainte-Pélagie à Paris (Ve arr.) ; sellier, cordonnier ; soupçonné d’anarchisme à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.

Jacob Malher avait quitté la Prusse à cinq ans et avait été élevé à Saint-Pétersbourg. Il vint en France à l’âge de dix-huit ans et fut employé dans une maison de sellerie.
Le 2 mars 1861, Jacob Malher épousait à Paris (XIIIe arr.) Marie, Louise Wiedmann, giletière. Il fut naturalisé français en 1880.

Jacob Malheur figurait sur une liste d’adresses d’anarchistes de la 3e brigade de recherches de la Préfecture de police du 29 avril 1892. Il était noté comme étant un anarchiste militant. Son dossier à la Préfecture de police portait le n°3.351. Il était marié, sans enfants.
Le 3 mars 1894, une perquisition était effectuée à son domicile, 10 rue de la Voyette à Ivry, le commissaire Duponnois saisissait un grand nombre de journaux et brochures mais selon son épouse, il s’agissait de son livre de ménage et de lettres de famille ou d’amis, lettres annonçant des naissances, des mariages ou des morts.
Arrêté ce jour-là, il se suicida à la prison de Mazas le 10 mars. Il avait déchiré sa chemise en longues bandes, les avait tressées et en avait fait un nœud coulant dans lequel il avait engagé sa tête, puis fixant solidement le bout de la corde à l’extrémité du lit, d’une forte secousse, il s’était étranglé.

Selon la presse quotidienne, Malher n’aurait jamais été anarchiste et aurait été victime d’une dénonciation d’un indicateur de la Préfecture de police qui s’était fait passer pour un journaliste et avait cherché à obtenir des renseignements dans le quartier la veille de son arrestation. Une autre hypothèse fut évoquée : Malher aurait été confondu avec un homonyme, fiché comme anarchiste et voleur. La fiche jointe à la photo anthropométrique de Malher indiquait que celui-ci avait été arrêté pour « anarchisme » et non pour vol. Un document de la Préfecture de police donnait comme date de sa mise en liberté, le 9 mars. Il était fort probable que le juge d’instruction avait décidé de le libérer à cette date. Pour quelle raison Malher se serait-il suicidé le 10 mars ? Une partie de la presse contestait le suicide, laissant entendre que Mahler serait mort « d’émotion » des suites d’une arrestation arbitraire. La Préfecture de police refusa de s’expliquer sur cette affaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241134, notice MAHLER Jacob, Jean, Henri [dit MALHER] [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 19 juin 2021, dernière modification le 27 septembre 2021.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.

SOURCES : Archives de la Préfecture de police Ba 310, 1500. — Le Radical, 13, 15, 28 mars 1894 — Le Mot d’ordre, 6 mars 1894. — Le Journal des débats, 11, 14 mars 1894. — L’Écho de Paris, 13 mars 1894 — Le Petit Parisien, 11 mars 1894. — Archives de Paris, État civil. — Vivien Bouhey, Les anarchistes contre la république. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine.

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