DUPUIS Marcel

Par Michel Thébault

Né le 3 novembre 1882 à Persac (Vienne), massacré le 17 juillet 1944 à Nérignac (Vienne) ; cultivateur ; victime civile.

Marcel Dupuis était le fils d’Étienne Dupuis âgé de 34 ans, cultivateur au lieu-dit Favard, commune de Persac et de Françoise Lachaume également âgée de 34 ans. Après avoir fait son service militaire de novembre 1903 à septembre 1904, il fut mobilisé le 12 août 1914 dans l’infanterie. Gravement blessé à la jambe droite par un éclat d’obus, le 22 août 1914 à Boureuilles (Meuse) en Argonne, il fut réformé en 1916 avec un pension d’invalidité de 50 %. Au recensement de 1921, il résidait à Persac, au lieu-dit Favard, était marié et père de deux enfants, deux filles Marie et Marcelle nées avant 1914. il exerçait la profession de cultivateur.

Les autorités allemandes lancèrent dans le mois de juillet et au début du mois d’août 1944, de nombreuses opérations de ratissage dans le but d’anéantir les maquis du département de la Vienne, en plein développement. Le 17 juillet 1944, une colonne allemande (SS de la section rapide n° 608) renforcée par des miliciens, partit de Poitiers à l’aube pour se diriger vers les communes de Moussac et l’Isle-Jourdain afin d’arrêter sur dénonciation, des résistants à la ferme de la Reue (commune de Moussac) qui fut incendiée et à la gendarmerie de l’Isle-Jourdain. Sur leur route à Persac, un réfugié mosellan Hippolyte Digniel fut abattu vers 6 heures 30 du matin, alors qu’il se rendait à son travail. Marcel Dupuis fut abattu le même jour plus au sud, à la Croix de Nérignac. Le dossier d’homologation du groupe AS Vauquois et Alsace (Mémoire des Hommes op. cit.) précise dans l’état des morts : « Dupuis Marcel, Croix de Nérignac, tué par les boches et les miliciens ce jour 17 juillet alors que l’ennemi croyait avoir affaire à Vauquois ». Le même dossier indique page 13 dans le récit des opérations qu’à Nérignac « fut tué le résistant Dupuis Marcel », mais son dossier AVCC à Caen le classe dans les victimes civiles. Le même jour, 17 juillet, 25 kilomètres au sud-ouest de Persac à Joussé, cette colonne motorisée, à son retour de l’Isle-Jourdain, après un court engagement avec des maquisards, incendia 22 maisons du village et prit une centaine de personnes en otage, ne les libérant que quelques jours plus tard.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Persac.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241169, notice DUPUIS Marcel par Michel Thébault, version mise en ligne le 21 juin 2021, dernière modification le 21 juin 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD Caen AVCC Cote AC 21 P 339465 (nc) — Arch. Dép. Vienne (état civil, registre matricule, recensements) — Archives collectives des Forces françaises de l’intérieur (site Mémoire des Hommes) AS Vauquois et Alsace GR 19 P 86/2 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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