DE FROMENT René

Par Bernard Thièry, Jean-Paul Salles

Né le 2 février 1949 à Isserpent (Allier) ; à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) militant du MRJC (1966-1971) et de l’UNEF (1967-1969) ; ouvrier du BTP puis dans une filiale de Bouygues ; adhérent de la CFDT-Construction (1972-2003) et de la LCR (1981-1994) puis du PS (1994-2017) ; membre du conseil fédéral de la CFDT-Construction (1987-1994) ; secrétaire régional CFDT Auvergne (1994-2003), oppositionnel dans le CFDT ; adhèrent à la CGT en 2003 ; membre de la commission exécutive de la fédération CGT des salariés de la Construc-tion puis du bureau fédéral en 2007 puis en 2013 secrétaire adjoint fédéral.

René de Froment naquit à Isserpent petit village de l’arrondissement de Vichy (Allier) d’un père agriculteur et d’une mère sans profession ; il eut une sœur cadette. Sa famille était catholique plutôt de droite. Il fréquenta l’école primaire communale puis, en pension, suivit ses études secondaires dans un établissement privé à Riom (Puy-de-Dôme) et passa son Baccalauréat en 1966. Ce fut pour lui la première confrontation avec l’arrogance des riches qui généra sa volonté de se battre contre l’injustice. Il connut le monde paysan et les travaux manuels en participant chaque été aux travaux agricoles.
Fin 1966, il poursuivit ses études de mathématiques à la faculté de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) où il milita au Mouvement rural de la jeunesse catholique (MRJC) ; il adhéra à l’UNEF à la rentrée universitaire de 1967. Il s’impliqua activement dans le mouvement de mai 68. Lorsqu’en septembre de cette année-là l’UNEF scissionna, il choisit la tendance « Renouveau » proche du PC, celle qui appelait à siéger dans les conseils d’administration qui furent alors créés dans les universités. Il obtint sa licence de mathématiques, s’inscrit au Capes en 1969 mais renonça à l’enseignement, convaincu que, pour être utile au mouvement ouvrier, il devait s’inscrire dans un autre parcours professionnel.
En septembre 1971, après avoir effectué plusieurs petits boulots, il entra au centre de forma-tion des adultes (FPA) et passa son CAP de maçonnerie. C’est là qu’il rencontra Jacques Laurent, prêtre ouvrier militant à la CFDT. René de Froment accepta sa proposition de se faire embaucher ensemble à Chambon, la plus grosse entreprise des bâtiments et travaux publics (BTP) de Clermont-Ferrand afin d’y implanter la CFDT à laquelle il adhéra en 1972. Le syndicat de la Construction CFDT ne comptait alors que soixante-dix adhérents mais, parmi eux une dizaine étaient des militants convaincus tels que Jean Passat, Daniel Lorin, Bernard Grangeon, Nello Frassetto et Jacques Laurent. L’entreprise Chambon comptait alors mille salariés. En 1973, ils menèrent une grève sur les salaires. Après deux jours de conflit, la direction accorda quelques maigres concessions et 50 % des ouvriers se prononcèrent pour la reprise. C’est là que René de Froment comprit à quel point la division syndicale était un poison et combien l’unité était indispensable pour gagner ; il se jura alors de toujours tout faire pour que la reprise du travail se fasse dans l’unité. À Clermont-Ferrand, le secteur de la construction était à cette époque un désert syndical. Sur les chantiers de gros œuvre, presque tous les ouvriers étaient d’origine étrangère ; ils étaient principalement algériens, marocains, portugais mais aussi turcs, italiens, espagnols ou yougoslaves. Beaucoup ne par-laient pas le français. Les tracts étaient édités en arabe et en portugais. L’été, la semaine de travail comptait cinquante heures. Pendant l’hiver, la journée était plus courte mais le same-di était un jour de travail. Chaque année dans le BTP mille ouvriers mouraient d’un accident du travail. Les confédérations CGT et CFDT multipliaient les journées d’action que René de Froment et ses camarades mettaient à profit pour démarrer des grèves dans des entreprises du BTP dépourvues de syndicat. Ils prolongeaient ces journées d’action afin de gagner sur les revendications salariales et pour permettre aux salariés de s’organiser, de créer leur section syndicale d’entreprise. En 1975, il se maria avec Thérèse qui militait à la CGT d’un entrepôt du groupe Casino. Ils partageaient les mêmes objectifs. Ils eurent trois enfants : Christine en 1976, Pascal en 1978 et Sandra en 1988.
En 1976, la deuxième grève dans l’entreprise Chambon pour obtenir le paiement du panier, fut victorieuse. Cela représentait une augmentation de 10 % de la paie. La revendication fit tache d’huile dans le secteur du bâtiment clermontois. Au printemps 1977, pendant dix jours, cinq cents ouvriers de tous les gros chantiers de Clermont-Ferrand se mirent en grève. Les négociations se menèrent entreprise par entreprise avec des résultats variables mais par-tout positifs. Cette indemnité de panier de dix euros par jour fut généralisée, y compris aux apprentis. C’est alors que la CFDT-Construction s’imposa. Nombre de luttes furent ensuite menées portant principalement sur les salaires et permettant la création de nombreuses sections syndicales. En 1979, juste avant la grande crise économique qui provoqua de nombreuses fermetures et restructurations avec une diminution de 20 % de l’effectif global du BTP, le syndicat local CFDT-Construction se composait de trois-cent-cinquante adhérents.
Les années 1970 furent aussi marquées par la lutte pour les droits des immigrés. Ce fut aussi le soutien à la révolution portugaise dite des œillets de 1974 qui eut un impact majeur sur l’entrée en action des salariés portugais très nombreux dans la profession. A la fin des an-nées 1980, René de Froment et ses camarades organisèrent et animèrent une lutte de sans-papiers turcs à Clermont-Ferrand au moment où, à Paris se mobilisaient des ouvriers des entreprises textiles du quartier du Sentier. Pendant un mois, au centre diocésain, vingt-deux ouvriers du secteur du bâtiment firent une grève de la faim. À l’issue de ce mouvement seuls deux furent régularisés mais six mois plus tard après l’élection de François Mitterrand, ils le furent tous. C’est pendant cette période qu’Edmond Maire, secrétaire général confédéral, organisa le tournant stratégique de la CFDT. René de Froment et son syndicat, comme beaucoup d’autres, s’opposèrent farouchement à ce « recentrage » mené par la confédération. L’entreprise Chambon fut rachetée, licencia, puis ferma début 1981. René de Froment devint chômeur. La chambre patronale faisait passer le message dans les entreprises qu’il était « un tueur de boîte ».
C’est à cette période qu’il adhéra à la LCR qui appelait en 1981 à un gouvernement commun de la gauche avec des ministres communistes. Cette même année, après six mois de chômage, il parvint à se faire embaucher à GFC, filiale du groupe Bouygues qui s’implantait dans la région. Dans sa nouvelle entreprise, il fut contraint d’accepter les « grands déplacements » et de renoncer à un mandat syndical. Il poursuivit ses activités syndicales en de-hors de l’entreprise. En 1987, il refusa un déplacement à Nantes, trop éloigné, ce qui motiva à nouveau son licenciement. Il travailla en intérim et en CDD dans l’artisanat jusqu’à fin 1990. La décennie 1980 fut difficile. Le syndicalisme dans son ensemble était affaibli par la crise économique et par le chômage qui explosait. La division syndicale et le manque d’indépendance des confédérations par rapport à la gauche au pouvoir aggravèrent la défiance des salariés à l’égard de tout le mouvement syndical. La CFDT-Construction s’effondra, passant à quatre-vingts adhérents. Presque tous les membres du bureau syndical furent licenciés de leur entreprise. En 1987, Edmond Maire, répétait à l’envi que « la CFDT n’était pas le syndicat de la fiche de paye », et affirmait que la grève était obsolète. La cen-trale perdit des adhérents. René de Froment pensa alors que la CFDT n’attirerait plus les militants combatifs. Il demanda à adhérer à la CGT, ce que refusa le secrétaire CGT de l’Union syndicale de la construction de Clermont-Ferrand. Il resta donc à la CFDT et se rendit vite compte que beaucoup de militants combatifs continuaient d’y adhérer. En 1987, Re-né de Froment fut élu au conseil fédéral national de la CFDT-Construction. Avec ses cama-rades oppositionnels, il mena de front le développement du syndicat et le débat interne à la CFDT. Lors du congrès fédéral de la CFDT-Construction à Castres (Tarn) en 1990, ce débat permit d’imposer par 60 % des mandats, la revendication des 35 heures sans perte de sa-laire. En 1991 après une année de chômage, il devint permanent du syndicat CFDT-Construction, embauché au début sur un emploi aidé par l’État. Fin 1991, le syndicat comp-tait deux-cents membres et sa progression continua fortement. Le salariat avait changé, l’intérim avait explosé ce qui posa le problème nouveau de l’unité d’action entre ouvriers et intérimaires. La précarité entravait considérablement les capacités de lutte. En dépit de ces difficultés René de Froment et ses camarades créèrent le premier syndicat de France dans l’entreprise Ecco (devenue ADECCO) et fit adhérer une quarantaine d’intérimaires. Dans le même temps, en Haute-Loire, Raymond Vacheron avec le syndicat oppositionnel Hacuitex-CFDT menait une grève de deux-mille salariés et développait une très forte syndicalisation. La démonstration de l’efficacité du syndicalisme combatif pesa au congrès de la région Au-vergne (désormais intégrée dans Auvergne-Rhône-Alpes) à Saint-Pourçain (Allier), en 1990. Tous les amendements qui prônaient un syndicalisme de lutte et de conquêtes y furent majo-ritaires (les 35 heures sans perte de salaire, une pratique permanente d’unité d’action, l’affirmation que le salaire n’est pas l’ennemi de l’emploi, le fonctionnement démocratique). Cependant faute de préparation, René de Froment et ses camarades ne furent pas élus à la direction régionale CFDT-Auvergne. C’est alors qu’ils décidèrent de mettre en place une équipe alternative prête à diriger la région. L’éviction de <Jean Kaspar par Nicole Notat du poste de secrétaire général confédéral fut vécut par René de Froment comme une sorte de putsch. En 1994 René de Froment quitta la LCR et rentra au PS avec le courant interne Gauche socialiste animé par Gérard Filoche. Fin 1994 au congrès régional CFDT-Auvergne à Brioude (Haute-Loire), l’opposition à la ligne confédérale gagna aussi bien sur le vote des textes que sur celui de la direction. René de Froment devint secrétaire régional. Le poids de l’Union départementale de la Haute Loire dont le secrétaire était Jo Chapuis fut déterminant. L’union régionale CFDT-Auvergne comptait quatre-vingt-cinq-mille syndiqués. En mars 1995, elle contribua à faire tanguer la centrale lors du congrès con-fédéral de Montpellier (Hérault) au cours duquel Nicole Notat fut mise en minorité, fait sans précédent dans l’histoire de la CFDT. Son bilan (vote du quitus) fut rejeté par 52 % des mandats par ceux qui estimaient que « la direction nationale qu’elle animait n’avait « pas rempli le mandat qu’attendaient les syndicats ». L’amendement soutenu par les oppositionnels portant sur une loi pour les 35 heures sans perte de salaire fut voté. Nicole Notat fut élue à la suite d’un vote physique à huis clos consécutif à une subite panne informatique empêchant le vote électronique. Fin 1995, elle affirma son « soutien critique » au plan Juppé, comprenant un ensemble de mesures d’austérité portant sur les retraites des fonctionnaires et des entreprises publiques et sur la Sécurité sociale. Ce soutien intervenait pendant un mouvement de trois semaines, sans précédent depuis 1968, qui le 12 décembre mit deux-millions de personnes dans la rue dans toute la France. La CFDT-Auvergne rejetait ce plan, revendiquant la retraite pour tous après 37,5 annuités de carrière et l’unité du public et du privé. L’ampleur des manifestations fut sans précédent (dix mille au Puy-en-Velay, quarante mille à Clermont-Ferrand). Le bureau de l’Union Régionale adressa une lettre ouverte à Ni-cole Notat parue dans l’édition du 4 janvier 1996 du journal Libération, pour demander un congrès extraordinaire, en raison du fait que les adhérents « ne peuvent accepter que la CFDT apparaisse comme un soutien au gouvernement en recevant à longueur de journée les félicitations du patronat et des privilégiés du système. » Dans un entretien au Journal du Dimanche du 7 janvier, Nicole Notat répondit qu’elle refusait la tenue d’un congrès extraordinaire et demanda à ses opposants de partir, ce qu’ils refusèrent. Cet appel pour un congrès extraordinaire, partit de l’Auvergne, fut relayé par cinq-cent-cinquante syndicats et permit de structurer une opposition interne. C’est en Auvergne que se déroula l’assemblée constitutive du mouvement « Tous ensemble » qui rassemblait les oppositionnels de la CFDT. Les 7 et 8 juin 1996, un millier de militants de la CFDT se réunirent à Clermont-Ferrand pour formaliser une structure d’opposition interne et pour créer un journal dans le but de réorienter la CFDT et d’éviter la dispersion des militants. La confédération les accusa d’être « l’antichambre de SUD » ; ils rétorquèrent qu’ils en étaient « l’antidote ». L’activité des oppositionnels se partagea entre le développement de la CFDT dans la région Auvergne et le combat interne pour un autre syndicalisme confédéral fondé avant tout sur le contact avec les salariés. « La plus grande radicalité, c’est de rassembler le plus grand nombre » aimait à répéter René de Froment. Fin 1996 et fin 1997 deux grands et longs con-flits des routiers mobilisèrent jour et nuit René de Froment et ses camarades pour gérer l’occupation des ronds-points, organiser l’action notamment lors d’une assemblée générale extraordinaire à trois heures du matin ; en une semaine, René de Froment ne put dormir que dix heures. Ce fut, pour lui et ses camarades une expérience extraordinaire. Ce secteur des routiers qui avant le conflit était un désert syndical, compta près d’un millier d’adhérents quelques années plus tard en recrutant beaucoup de jeunes combatifs. À partir de 1998, le passage à la semaine de 35 heures quitta les débats de congrès pour devenir une revendication réelle portée par les salariés. Les militants de la CFDT en Auvergne organisèrent le dé-bat avec des milliers de travailleurs, prirent en main les nombreuses négociations qui s’engageaient alors dans les entreprises, en mandatant des milliers de salariés pour mener les négociations et en créant des sections syndicales d’entreprises. Le nombre de syndiqués de l’Union régionale CFDT-Auvergne doubla en huit ans passant de quatre-vingt-cinq-mille timbres en 1994 à cent-soixante-quinze-mille en 2002. Le syndicat CFDT-Construction atteignit les mille-deux-cent adhérents. Il était présent dans toutes les entreprises de gros œuvre de plus de cinquante salariés du Puy-de-Dôme. Nello Frassetto, ouvrier carreleur dont René admirait la détermination, en devint le permanent. Aux congrès régionaux de 1998 et de 2002 les syndicats de la région renouvelèrent leur confiance à la direction de l’Union régionale CFDT-Auvergne malgré l’implication confédérale forte pour tenter de l’empêcher. L’opposition interne à la CFDT fut battue au congrès confédéral de Lille (Hauts-de-France) en 1998 puis à celui de Nantes (Loire-Atlantique) en 2002, au cours duquel François Chérèque fut élu secrétaire général confédéral ; il le resta jusqu’en 2O12. Les oppositionnels comprirent qu’à l’épreuve de la réforme de retraites, ils ne survivraient pas dans la CFDT. Le 15 mai 2003, dans la nuit, la direction confédérale CFDT signa son accord pour la ré-forme Fillon qui allongeait la durée de cotisation, réduisait le montant des pensions et alignait le régime des fonctionnaires sur le régime général moins favorable. Comme Bernard Thibault, secrétaire général confédéral de la CGT de 1999 à 2013, les oppositionnels de la CFDT ont analysé cet acquiescement comme une trahison. Un vent de révolte souffla à nouveau dans la CFDT. Comme en 1995, René de Froment fut assailli de coups de téléphone de militants qui voulaient quitter la CFDT, convaincus que désormais il était vain d’espérer changer la CFDT de l’intérieur. René de Froment et ses camarades oppositionnels, soucieux de ne pas aggraver le morcellement syndical, organisèrent alors un départ vers la CGT le plus massif possible et dans l’unité.

René de Froment et son camarade de la CFDT Raymond Vacheron se trouvèrent dans le « carré de tête » de l’immense manifestation du 3 juin à Paris. Ils discutèrent de l’adhésion de leur courant à la CGT avec Maryse Dumas, secrétaire générale de la fédération CGT des PTT qui en décembre 1995 fut élue membre du bureau confédéral et qui était considérée comme la numéro deux de la Confédération. Son accueil fut très favorable. Un congrès régional extraordinaire de la CFDT-Auvergne fut organisé le 13 octobre 2003, au cours duquel les syndicats furent invités à ne pas se disperser, à poursuivre l’action et à rejoindre la CGT. Ce congrès fut chargé d’émotion chacun étant conscient que des équipes allaient se défaire, une histoire s’arrêter. Chaque syndicat organisa son congrès de désaffiliation. Le syndicat construction du Puy-de-Dôme vota l’adhésion à la CGT à 97,5% des mandats ; l’Union départementale de Haute-Loire vota sa propre dissolution. Sur les dix-huit-mille adhérents que comptait la CFDT en Auvergne, 55% la quittèrent, un tiers rejoignit la CGT. René de Froment intégra la commission exécutive de la Fédération CGT des salariés de la Construction. Il partageait avec Éric Aubin, secrétaire de cette Fédération, la même vision du syndicalisme. Ils développèrent leur action dans les PME. En juin 2004 à Clermont-Ferrand, dans six entreprises du gros œuvre du bâtiment comptant moins de cinquante salariés, fut menée une grève de quinze jours pour obtenir le treizième mois. Elle se termina par des accords positifs dans toutes les entreprises où les salariés s’étaient mobilisés. En septembre 2005 à Clermont-Ferrand eut lieu la plus grosse manifestation du BTP pour la retraite à cinquante-cinq ans avec mille salariés de ce secteur grévistes et manifestants. En 2008, pour la pre-mière fois la représentativité syndicale fut mesurée ; la CGT dans le BTP dépassa les 70 % dans le Puy-de-Dôme et l’Auvergne. En 2007, René de Froment fut élu au bureau fédéral et fut en charge du secteur juridique. Il anima le collectif des militants du groupe Vinci, expérience qui lui en apprit beaucoup sur le fonctionnement des multinationales, notamment lors de procès tels que le procès « Cardinal » à Rennes (Ille-et-Vilaine) au cours duquel le patron et le directeur de cette entreprise du BTP furent lourdement condamnés pour plusieurs in-fractions au droit du travail, notamment le travail non déclaré. Il apprit beaucoup aussi du procès Serrano Andrade, ouvrier d’Eurovia, filiale du groupe Vinci, mort d’un cancer des voies respiratoires, pour faire reconnaitre le bitume comme cancérigène. La revendication de la retraite à cinquante-cinq ans et la lutte pour les mêmes droits pour les salariés détachés avec nombre de procès dont celui de Bouygues à Flamanville (Manche) ont été les points forts de l’activité syndicale de cette période. En 2013, René de Froment devint secrétaire adjoint de la Fédération CGT de la Construction afin qu’Éric Aubin puisse, comme le souhaitaient les militants de la fédération, être investi secrétaire de la Confédération pour suc-céder à Bernard Thibault. Alors qu’Éric Aubin était le militant le plus proche de Bernard Thibault, qu’il était reconnu pour sa rigueur, sa largesse d’esprit et sa modestie, ce dernier refusa qu’il lui succède, ce qui fut incompréhensible pour Éric Aubin, pour René de Froment et pour de très nombreux militants. En juin 2014, le congrès fédéral se tint à Clermont-Ferrand. A soixante-cinq ans, René de Froment quitta le bureau fédéral. Son épouse Thérèse décéda six mois plus tard. Il continua l’action syndicale en tant que militant local et de terrain. Suite à ce qu’il considérait comme la trahison des gouvernements Hollande et au refus du parti d’en tirer une analyse, il quitta le PS en 2017. Il continua à soutenir le petit courant Démocratie et socialisme (DS) animé par Gérard Filoche qui militait pour l’unité de la gauche.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241268, notice DE FROMENT René par Bernard Thièry, Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 25 juin 2021, dernière modification le 26 juin 2021.

Par Bernard Thièry, Jean-Paul Salles

ŒUVRE : « Syndicalisme de la CFDT à la CGT » Paule Masson (coordination) Jean-Claude Branchereau, Patrick Brody, Bruno Dalberto, René de Froment, Jean-Marie Roux, Éric Thouzeau, Raymond Vacheron. ; Syllepse 2008, 174 pages.

SOURCES : -Documents fournis par René de Froment ; -Paule Masson (coord.), Syndica-listes ! de la CFDT à la CGT, Syllepse, 2008, notamment les pages 81-98, une courte bio-grahie et un entretien avec René de Froment.

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