GIOBELLINA Émile dit Louis

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 27 décembre 1890 à Jaux (Oise), tué le 3 juin 1908 à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, depuis 1964 Val-de-Marne) après avoir été blessé par des gendarmes, terrassier, gréviste.

Émile Giobellina était le fils d’un terrassier d’origine italienne prénommé Emiliano, né à Cigliano en 1862, naturalisé français en 1901 et de Marie Chollet née à Marnay (Haute-Marne) en 1857. Les lieux de naissance des enfants du couple attestent de ce qu’était la vie itinérante des travailleurs de force : outre Emile né à Jaux dans l’Oise, Emilia, son aînée (1888) était native de Troyes (Aube), Joseph (1893) de Mexy (Meurthe et Moselle), Marie (1894) de Melun (Seine et Marne) et Antoinette (1897) de Dammary-les-Lys (Seine-et-Marne).
Lors du recensement de 1906, la famille était établie à Vigneux (Seine-et-Oise, depuis 1964 Essonne), dans le quartier de la Longueray, à proximité des sablières dans lesquelles travaillaient le père, le fils et le beau-fils. Emilia était mariée avec Alexandre Lagodier, mécanicien de profession. Et Emile était devenu terrassier comme son père, employé comme lui par la société Leneru-Guérin spécialisée dans les travaux de remblayage et d’extraction de sable et de graviers pour les grands chantiers parisiens.
Le 2 juin 1908, la grève durait depuis un mois déjà. Le patronat du secteur s’était entendu pour résister aux revendications salariales des carriers. Le comité de grève s’était installé à l’hôtel-restaurant du Progrès à Vigneux tenu par M. Ranque à l’angle de l’avenue du Parc (aujourd’hui rue Jean Corringer) et de l’allée Alphonse Daudet . Une salle de bal à coté du restaurant était utilisée pour les réunions ; sous la véranda, devant cette salle, était installée la « soupe communiste », qui fournissait des repas aux grévistes.
Une intervention désordonnée et hasardeuse d’une escouade de gendarmerie dégénéra bientôt en fusillade. Pierre Le Foll fut tué sur le coup. Atteint en pleine tête par une balle de revolver, Emile Giobellina fut transporté dans un état désespéré à Villeneuve-Saint-Georges au numéro 100 de la rue de Paris, juste en face de la gare, où sa mère tenait un débit de boisson. Il y décéda le lendemain sans avoir repris connaissance.
Le 5 juin, 5000 personnes suivirent le cortège funéraire jusqu’au cimetière de Villeneuve-Saint-Georges où il fut inhumé. Une photo fut éditée en carte postale dans une série consacrée aux « grèves de Draveil-Vigneux », signe du retentissement national que connurent les évènements tragiques des mois de juin et juillet 1908.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241321, notice GIOBELLINA Émile dit Louis par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 29 juin 2021, dernière modification le 29 juin 2021.

Par Jean-Pierre Ravery

Obsèques de Giobellina à Villeneuve-Saint-Georges.

SOURCES : vigneuxhistoire.com ; l’humanité des 3, 4 , 5 et 6 juin 1908 consultés sur gallica.bnf.fr. — AD 94. — AD 60. — Filae.com.

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