DHANIS Antoine, dit Tony.

Par Marie-Thérèse Coenen

Charlesville (Congo belge ; aujourd’hui NDjoko Punda à Tchikapa, pr. Kasai, République démocratique du Congo), 26 février 1929 – Bruxelles (Région de Bruxelles-Capitale, 4 septembre 2003). Prêtre, directeur des Œuvres sociales chrétiennes, aumônier du Mouvement ouvrier chrétien, président du Séminaire Cardinal Cardijn.

De gauche à droite : Tony Dhanis, Ernest Michel, cofondateur et directeur du Séminaire Cardijn de 1967 à 1985, et Marie-Claire Florin, 1ère femme permanente au Séminaire, s.d. (collection Cefoc).
De gauche à droite : Tony Dhanis, Ernest Michel, cofondateur et directeur du Séminaire Cardijn de 1967 à 1985, et Marie-Claire Florin, 1ère femme permanente au Séminaire, s.d. (collection Cefoc).

Ainsi qu’il le précise dans son curriculum vitae (transmis au CARHOP en 1995), Antoine, dit Tony, Dhanis naît à Charlesville au Congo belge en 1929, mais arrive en 1930 à Schaerbeek (Bruxelles). Il est le fils d’un industriel, Ernest Dhanis (1897-1967) et d’Irène de Timary (1900-1988). Tony est l’aîné d’une fratrie de six enfants : Marie-Thérèse (1932-1999), Michel (né en 1933), Élisabeth (1935-1989), Irène (née en 1937) et Christian (né en 1939), auteur d’un arbre généalogique, qui sert de base à cette présentation familiale.

Formation

De 1934 à 1936, Tony Dhanis a une institutrice particulière vu sa santé fragile. En 1936, il entre à l’École primaire communale de Cul-des-Sarts (aujourd’hui commune de Couvin, pr. Namur, arr. Philippeville) et poursuit ses humanités gréco-latines au Collège Saint-Joseph à Chimay (pr. Hainaut, arr. Thuin) de 1939 à 1945.
Adolescent, au collège de Chimay, Tony Dhanis est membre de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) et devient président de la section. Pendant l’Occupation, il participe aux journées d’étude de la JEC. Il suit les cours du chanoine Jean Dermine*, professeur de théologie morale et directeur diocésain des Œuvres sociales chrétiennes de Tournai (pr. Hainaut), qui donne à ces jeunes, des leçons de patriotisme. Malgré la guerre, il participe à plusieurs camps scouts.

À l’âge de seize ans, Tony Dhanis entame une formation en philosophie préparatoire au séminaire au Collège Notre-Dame de Bonne-Espérance, sis dans la commune de Vellereille-le-Brayeux (aujourd’hui commune d’Estinnes, pr. Hainaut, arr. La Louvière). Il est ordonné prêtre le 2 septembre 1951, à vingt-deux ans, avec l’autorisation spéciale de Rome. Il poursuit sa formation en théologie au séminaire de Tournai de 1947 à 1950 et fait un doctorat à la Faculté de théologie à l’Université catholique de Louvain-UCL (Leuven, aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Louvain), de 1950 à 1954. Sa thèse, défendue en 1954 et publiée en 1955 sous le titre L’anti-pélagianisme dans le De captivitate et redemptione humani generis de Jean Driedo de Turnhout, porte sur un théologien louvaniste, Jean Driedo, auteur du De captivitate et redemptione humani generis. Originaire de Turnhout, Jean Driedo, décédé en 1535, étudiant, puis professeur à Louvain, doyen de la faculté de théologie à plusieurs reprises, et, deux fois, recteur de l’UCL, est considéré par Érasme comme « un théologien capable de discuter (contre Luther) sans recourir aux cris et aux conspirations ». Driedo était un érudit acquis aux principes humanistes préconisant le retour aux sources. Dans un article qu’il consacre à Tony Dhanis, Maurice Cheza, souligne la rapidité avec laquelle ce dernier a réalisé ce parcours, son intelligence très vive et l’influence que cette recherche a eu sur sa posture d’ouverture : « Ayant étudié cet ancien théologien louvaniste et ayant baigné dans une faculté qui donnait une grande place à la recherche historique et à la théologie positive, Tony Dhanis avait acquis un sens de l’incarnation et de la relativité des choses, y compris des dogmes » (CHEZA M., « Tony Dhanis, prêtre et théologien wallon », Église-Wallonie. Bulletin de l’association Église-Wallonie, n° 1, 2006, p. 1-2).

Directeur d’œuvres

Prêtre du diocèse de Tournai dès 1954, Tony Dhanis est aussitôt nommé directeur des Œuvres sociales chrétiennes de la région de Thuin-Beaumont-Chimay (pr. Hainaut). Dans les années 1960, il se désigne lui-même aumônier d’action apostolique et social de la région de Thuin. À ce titre, il soutient le développement des organisations ouvrières chrétiennes, la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) surtout qui doit constamment être relancée, les Équipes populaires, les Ligues ouvrières féminines chrétiennes (LOFC devenues en 1969 Vie féminine), les œuvres économiques, les mutualités, etc. Comme aumônier, il participe au rassemblement mondial de la JOC/F (F pour féminine) en 1957 à Rome (Italie) ainsi qu’à une session européenne des aumôniers nationaux de la JOC en Hollande. Il œuvre également avec les responsables des organisations et les militants à la consolidation de la Fédération régionale du Mouvement ouvrier chrétien (MOC) de Thuin. Cette région est écartelée entre plusieurs pôles : Namur (pr. Namur), Charleroi (pr. Hainaut), le Centre (pr. Hainaut) avec une identité semi-rurale et des noyaux industriels. Autre caractéristique, dans les années 1945-1960, un nombre important de travailleurs frontaliers vont travailler en France.

En 1971, Tony Dhanis est nommé aumônier général du MOC pour la Belgique francophone, poste qu’il occupe jusqu’en 1985. Il s’installe dès lors à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale). À ce titre, il accompagne l’évolution du mouvement ouvrier chrétien et son ouverture au pluralisme politique. Il contribue à l’élaboration des options fondamentales du MOC (voir dans les Sources sa contribution à ce sujet dans l’ouvrage collectif sur les 75 ans du mouvement) qui oriente le mouvement vers l’autonomie par rapport à la branche néerlandophone l’Algemeen werknemersverbond (ACW), ainsi que dans ses relations avec le politique et l’Église institutionnelle. En 1985, le quotidien La Cité lui consacre un entretien où il témoigne de ce tournant : « 1971, c’est quatre ans après la mort de Cardijn, la crise postconciliaire qui bat son plein [...], j’ai connu la crise communautaire qui a abouti cette année à l’autonomisation complète du MOC et de l’ACW, j’ai vécu une mutation politique considérable dans le mouvement ouvrier chrétien : d’une appartenance quasi exclusive au PSC [Parti social-chrétien] au pluralisme politique et à la création de SeP (Solidarité et Participation). C’est également la période d’élaboration des options fondamentales du MOC pour lesquelles j’ai beaucoup travaillé. On y affirmait, par exemple, d’une manière nette l’option ouvrière du MOC, on y acceptait la reconnaissance pour d’autres conflits de la lutte des classes, on y présentait la foi comme une des références pour les chrétiens dans un projet global accessible à d’autres » (ROUSSEL L., « Rencontre avec Tony Dhanis. Du MOC au séminaire Cardijn, 14 ans de réflexion d’engagement et de travail sur le terrain », La Cité, 17 octobre 1985).

Après le décès de Monseigneur Émile Dejardin (Landen (aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Louvain-Leuven), 1905 – Bruxelles, 14 décembre 1983), Tony Dhanis devient aumônier général de l’Union chrétienne des pensionnés (UCP) jusqu’en 2001. Il succède également à Jacques Liffrauw, qui part pour le Rwanda, comme aumônier à la Fédération bruxelloise de Vie féminine, fonction qu’il assume de 1978 à 1995. Comme homme d’Église, Tony Dhanis n’hésite pas à prendre la plume pour faire bouger les lignes. À l’occasion de la visite du pape Jean-Paul II en Belgique, du 16 au 21 mai 1985, il signe un article dans le cadre d’une série publiée par La Cité sur le thème de la promotion de la femme, du couple et la famille (La Cité, 5, 6, 11, 16, 19 avril et 3 mai 1985) où il interpelle l’Autorité. Il plaide pour une pratique souple de l’Église face au divorce, à la contraception, il y souligne le rôle décisif de la conscience personnelle par rapport aux choix qui doivent permettre la parenté responsable. En ce qui concerne l’avortement, il pose la question du début de la vie humaine, souligne les conflits de valeur entre respect de la vie et les situations concrètes, mais aussi sur le rôle de la morale par rapport au droit qui ne peut « traduire et sanctionner la totalité d’une vision morale, qui de plus n’est pas partagée par d’autres philosophies ou religions ». Il poursuit : « L’Église catholique est à l’intérieur de la société contemporaine confrontée à un signe des temps majeurs qu’évoquait Jean XXIII, la promotion de la femme. L’Église saura-t-elle mieux qu’aujourd’hui, malgré des structures de pouvoir exclusivement masculines, accueillir l’indispensable mutation en cours, refuser le cloisonnement des rôles et œuvrer à une authentique égalité des personnes ? Aujourd’hui, beaucoup de chrétiennes engagées à fond dans la lutte contre les injustices – qui pèsent plus fort encore sur les femmes – se sentent étrangères au langage et à la pratique d’une Église qui n’a pas encore fait les pas nécessaires » (La Cité, 4 mai 1985). À son décès, les responsables de Vie féminine-Bruxelles reconnaissent sa contribution : « Il a mis ses énormes compétences au service du Mouvement. Nous lui devons de multiples matinées et journée de formation […] Il faisait passer le message du Christ, était habité par sa vocation de prêtre appelé à vivre sa Foi et à en témoigner. Il suscitait parmi nous l’envie de militer au cœur de nos sections. Nous lui devons beaucoup. » (Vie féminine-Bruxelles, Voir au féminin, n° 86-87, 9 octobre 2005).

Comme membre du Bureau du MOC national, Tony Dhanis assume des mandats à la Fondation André Oleffe, au Comité de direction de l’Institut Cardijn, au Conseil de la Faculté ouverte de politique économique et sociale (FOPES), au Comité de direction du quotidien La Cité. Il est également membre de l’assemblée générale du Centre d’animation et de recherche ouvrière et populaire (CARHOP) asbl depuis sa fondation en 1981 jusqu’à sa retraite en 1994.

1985-1994 : président du Séminaire Cardinal Cardijn

En 1985, la Conférence épiscopale le charge de prendre la présidence du Séminaire interdiocésain cardinal Cardijn à Jumet (aujourd’hui commune de Charleroi, pr. Hainaut, arr. Charleroi). Ce séminaire est créé en 1968 pour répondre aux besoins de candidats au sacerdoce provenant du milieu ouvrier ou populaire. En 1984, il doit mettre en œuvre la décision des évêques de fermer le séminaire. Il vit douloureusement la fin de cette expérience originale de formation conjointe entre futurs prêtres et laïcs engagés dans l’Église. Il garde la responsabilité de l’institution, devenu en 1990, le Centre de formation Cardijn pour les laïcs, hommes et femmes, de milieu ouvrier et populaire (CEFOC). Jean-Claude Brau, membre de l’équipe du Séminaire Cardijn, souligne les priorités qu’il mettait dans ce pilotage : la pastorale ouvrière et la présence de l’Église dans les enjeux sociaux majeurs. « Il développait la réflexion d’une pensée sociale de l’Église. Avec d’autres de sa génération, il a tenté de concrétiser les ouvertures du Concile Vatican II dans des formes d’Église en monde ouvrier. Ces ponts entre l’Église, les organisations ouvrières et le monde ouvrier lui tenaient à cœur, comme la formule de formations de prêtres du Séminaire Cardijn » (BRAU J.-C., « Tony Dhanis nous a quittés », En Marche, 18 septembre 2003).

Acteur dans la pastorale ouvrière et soutien aux laïcs dans l’Église

Dans les années 1960, de nouvelles structures d’apostolats des laïcs se mettent en place. Tony Dhanis est un des organisateurs de la session nationale de pastorale ouvrière à Malonne (aujourd’hui commune de, pr. et arr. Namur) en décembre 1964. Cette dernière donne naissance, en 1965, à la Commission d’études et de pastorale ouvrière (CEPO) dont il est membre de bureau et assure la présidence pendant de nombreuses années. Il est coordinateur du Groupe européen de pastorale ouvrière. Il est secrétaire du CIA, qui devient plus tard du Conseil interdiocésain de l’apostolat (CIDA). Pendant son mandat d’aumônier du MOC, il est également secrétaire du Conseil interdiocésain de l’apostolat (CIA) , dont l’acronyme changera en CIDA (précision apportée par Joseph Pirson, 30 juin 2021). Ce Conseil a pour pendant néerlandophone l’Interdiocesaan Raad voor Apostolaat (IRA) et réunit les représentant.e.s des mouvements d’Action catholique avec les vicaires généraux ou épiscopaux en charge de ce secteur. En 1972, il est secrétaire et conseiller théologique du Conseil général de l’apostolat des laïcs (CGAL), aujourd’hui intitulé Conseil interdiocésain des laïcs (CIL). Il est aumônier de deux équipes de l’Action catholique indépendante (ACI) à Bruxelles.

Tony Dhanis est également l’initiateur des communautés d’Église du monde ouvrier dans le diocèse de Tournai, membre du Conseil d’administration de Prospective, membre et président du conseil presbytéral de Tournai. Dans les années qui suivirent Vatican II, il est à l’origine de la concertation européenne des délégués des conseils presbytéraux dont il assume, pendant des années, la présidence et la coordination des représentants des prêtres d’Europe occidentale. Il joue un rôle d’intermédiaire entre ces lieux « contestataires » et la hiérarchie de l’Église. Plusieurs témoins soulignent ce rôle-lien, de passerelles entre l’Église, dont il est un représentant, et l’action sociale. « Il a toujours recherché l’intersection entre les deux. Au plan intellectuel, il a réfléchi la façon dont la doctrine sociale de l’Église légitime, un souci constant de ce qu’elle avait appelé la question sociale. Il a été sans discontinuer une personne qui faisait le pont entre des mondes différents, dans le souci de construire une cohérence, une intelligence commune de la réalité et des actions convergentes » (BRAU J.-C., « Tony Dhanis, l’optimisme de l’action », Démocratie, n° 20, [2003] p. 6-7, et Regards, Périodique mensuel du MOC Liège-Huy-Waremme, octobre 2003, p. 6).

Tony Dhanis est également membre d’Entraide et Fraternité, de la Coordination nationale de l’action pour la paix et le développement (CNAPD).

Professeur, formateur, animateur

Tony Dhanis est professeur de philosophie sociale à l’école libre sociale de Charleroi où il succède au chanoine Raymond Goor*. À l’Institut supérieur de culture ouvrière (ISCO), formation créée par le Centre d’information et d’éducation populaire (CIEP), un service du MOC, il donne le cours de philosophie, d’histoire du mouvement ouvrier ou simplement un cours d’histoire pour les groupes de Couvin, Charleroi, La Louvière, Bruxelles, Ath, etc. À la Faculté de théologie de l’UCL, il remplace Charles Moeller après le concile Vatican II en 1965 et donne cours, pendant deux ans, sur la formation dans l’Église. Il a en charge un cours sur la pastorale au séminaire de Tournai jusqu’à la nomination de Paul Scolas comme vicaire épiscopal de Tournai ainsi qu’au centre de formation Lumen vitae où il traite des idéologies contemporaines (marxisme, libéralisme, etc.).

Des engagements multiples

Actif dans le domaine de la paix, Tony Dhanis participe comme délégué du mouvement ouvrier chrétien, avec Victor Michel, au Congrès mondial de la paix, tenu à Moscou en octobre 1973. Il participe à la Concertation Paix et développement avec entre autres Pierre Galland, Jules Pollé, Jean Van Lierde, etc. Il est membre de l’assemblée générale et du conseil d’administration de Justice et Paix (BePax aujourd’hui), mais aussi dans le mouvement Église en Wallonie, avec Entraide d’Église Wallonie et Bruxelles. Il est membre d’Église-Wallonie et du groupe Démocratie dans l’Église. Avec Jean-Émile Humblet et d’autres prêtres et laïcs, il est membre fondateur d’un groupe de travail qui réfléchit à l’enjeu que représente la présence de l’Église dans cette région marquée par le socialisme et en proie à une grave crise économique. Ce groupe aboutit en 1983, à la création du mouvement Église-Wallonie qui pose la question du passé et du présent du catholicisme dans une perspective wallonne (PIROTTE J., « Les catholiques et la prise de conscience wallonne », dans PIROTTE J., ZÉLIS G. (dir.), Pour une histoire du monde catholique au 20e siècle Wallonie-Bruxelles. Guide du chercheur, Louvain-la-Neuve, ARCA Église-Wallonie, 2003, p. 396-397).

Les principales fonctions de Tony Dhanis s’accompagnent de nombreux autres engagements au niveau européen et international. Ses nombreux voyages et rencontres internationales en témoignent. Il a des liens avec la République démocratique du Congo, mais aussi beaucoup de contacts dans plusieurs pays et continents. Il soutient la dimension internationale des mouvements de paix, des mouvements ouvriers notamment par Solidarité mondiale, par la Confédération mondiale du travail (CMT) et le Mouvement mondial des travailleurs chrétiens (MMTC) (Info CSC, 12 septembre 2003). Ces nombreux voyages et rencontres en attestent.

Comme prêtre, Tony Dhanis est membre de l’Institut séculier des Prêtres du cœur de Jésus (aujourd’hui Famille Cor Unum). Cet institut séculier a une longue histoire qui évolue avec les époques. Au lendemain de la guerre, la Société des Prêtres du Cœur de Jésus évolue et demande sa reconnaissance comme institut séculier au Vatican, ce qu’il obtient en 1952. Tony entre dans l’institut en 1959. En 1972, il y est élu puis réélu en 1978 premier assistant à Chartres (département d’Eure-et-Loir, France). Il est aussi chargé de formation à Nantes (département de la Loire-Atlantique, France), mais cette dimension ne s’est pas développée. Il a par contre joue un rôle dans les différentes rencontres internationales pour ouvrir l’Institut aux questions internationales.
1972 correspond à un moment clé : l’Assemblée de Chartres adopte l’ouverture à « toutes les nations et à toutes celles et ceux qui cherchent une vie évangélique, prêtres et laïcs, hommes et femmes ». Tony Dhanis fait partie des prêtres qui réfléchissent à cette ouverture, avec Jean Canivet et Jacques Delaporte. Après des négociations avec Rome pour se faire reconnaître comme institut séculier qui rassemble tous les États de vie, cette proposition est refusée : « un Institut séculier ne peut que regrouper des chrétiens ou prêtres consacrés dans le célibat. Et soit des femmes, soit des hommes consacrés célibataires ». C’est ainsi que la décision est prise en 1996 de fonder une Famille spirituelle avec trois instituts séculiers et une association de fidèles : la Famille Cor Unum est mise en place en 1997. Tony y anime des retraites tous les deux ans.

En 1994, comme prêtre retraité, Tony Dhanis devient coresponsable de la paroisse de Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) et attaché à la même paroisse où il retrouve une communauté africaine dynamique, n’hésitant pas à ouvrir sa porte à quelques Africaines sans papier, comme beaucoup d’autres en toute illégalité. Il vient également en soutien à la paroisse du Saint-Curé d’Ars à Forest (Bruxelles), dont la communauté paroissiale souligne la chance qu’elle a eue de le rencontrer.

Tony Dhanis, qui meurt le 4 septembre 2003, lègue son corps à la science, à l’Université catholique de Louvain.

ŒUVRE :
-  Collaboration aux revues des organisations constitutives du MOC : Démocratie, mensuel publié par le MOC-CIEP pour promouvoir la réflexion critique et les débats de société, Vie féminine, L’équipe populaire, Au travail, etc.

-  Intervention régulière aux semaines sociales wallonnes du MOC entre 1967 et 1993 : « L’aménagement de la société pour la libération de la femme », dans VAN DER ELST N., VONECHE J., DHANIS T., SCHUIND S., HENNIN R., LAURENT J., BASTIN M., DECHAMPS J , La femme et la société contemporaine, Bruxelles, Vie ouvrière, 1967, p. 47-61 (collection Semaines sociales wallonnes) – « Table ronde sur l’information religieuse à partir de la presse quotidienne, compte-rendu », dans DHANIS T., MICHEL V., RAES J., SAMYN A., SCHOONBROODT J., Information et pouvoir, Bruxelles, Vie ouvrière, 1976, p. 105-109 (collection Semaines sociales wallonnes) – Avec MICHEL V., RAES J., Information et pouvoir, exposés suivis d’un dossier pédagogique, Bruxelles, Vie ouvrière, 1977 (collection Semaines sociales wallonnes)) – « Les principales conceptions doctrinales sur la propriété et la richesse », dans CARTON L., COBBAUT R., DHANIS T., DUSOULIER L., JULIEN C., VALENDUC C., La richesse en Belgique. Mécanismes de production et de redistribution, Bruxelles, Vie ouvrière, 1993, p. 3-12 (collection Les semaines sociales du MOC).

-  Contribution aux revues suivantes : La Revue nouvelle, Notes de pastorales ouvrières, Chrétien en monde ouvrier, La foi et le temps. Revue des diocèses francophones de Belgique (Nouvelle série, 1971), Église-Wallonie. Bulletin de l’association Église-Wallonie : « Le clergé en crise ou en recherche », La Revue nouvelle, 1965, n° 12, 15 décembre 1968, p. 523-527 (numéro thématique « L’Église de Wallonie ») – « Jean-Paul II, un catholique intransigeant ? », La Revue nouvelle, n° 3, mars 1980, p. 301-310 – « Histoire du monde et du mouvement ouvrier, deux conférences données à Bruxelles les 19 janvier 1973 et 16 février 1973, Colloque européen du monde ouvrier à Rome, 9-12 octobre 1972, conférence donnée à Bruxelles le 17 mai 1973 ». Notes prises d’une bande enregistrée, Ottignies, Atelier Saint-Dominique, [1973] – « L’action Église-Wallonie : conclusions. Quelques réflexions à partir des carrefours », Église-Wallonie, 2 mai 1986, p. 18-20 (Dossier consacré à la journée de réflexion : « Au cœur de la Wallonie, quel avenir pour notre pays wallon ? Et quelle présence d’Église ? », 1er mars 1986) – « Des choix pour l’Église en Wallonie », La foi et le temps. Revue des diocèses francophones de Belgique, vol. XXII, n°1, janvier-février 1992, p. 40-48.

-  Ouvrages/articles : L’anti-pélagianisme dans le De captivitate et redemptione humani generis de Jean Driedo, Louvain, Publications universitaires de Louvain, 1956 – Avec AUBERT R., BOURGY P., DUMONT C.J., GROOTAERS J., Qu’attendons-nous du concile ?, Bruxelles, La Pensée catholique, 1960 – DHANIS T. (coord.), « Une Église en monde ouvrier », Tournai, La foi et le temps, 1974 – Avec GARSCHÉ A., La foi, acte d’Homme, Charleroi, Office diocésain de l’enseignement religieux (ODER), 1981– Avec MATHEN (Msg), QUÉVIT M., DAEMS J., BARBEAUX M., Session diocésaine de Nassogne, Analyse de la société, « Synthèse de carrefours », 15 et 16 mars 1980, s.l., [1980], p. 62-74 – Avec CASTIAU C., DEGIVE M.-R., DUCOLI B., FASTENAKEL D. et alii, « Différents de race... mais tous solidaires », Tournai, La foi et le temps, 1982 – Avec HUMBLET J.-E. (dir), Église-Wallonie, t. 1, Chances et risque pour un peuple, Bruxelles, Vie ouvrière, 1983, et en particulier, DHANIS T., « Une Église dans l’imbroglio belge ? », p. 139-161 – HUARD J., CANTINAUX R., DE BACKER M., DELCOURT A. et alii, Autour de l’encyclique de Jean-Paul II sur le travail humain : pour une lecture en lien avec la situation de notre pays et du monde d’aujourd’hui, Tournai, La foi et le temps, 1983 – Participation au groupe du centenaire de la naissance de Joseph Cardijn et à la préparation du recueil des textes : La pensée de Joseph Cardijn. Va Libérer mon peuple !, Paris-Bruxelles, Vie ouvrière, 1982 – « Les mouvements de paix aux USA », Lumen Vitae. Revue internationale de la formation religieuse, vol. XXXIX, mars 1984, p. 57-62 – Avec ARNOULD E., BRAGARD L., DOYEN J., DURY R. et alii, Victor Michel : fidélité et courage, Bruxelles, Vie ouvrière, 1985 – « Modernité, postmodernité, milieux populaire », Lumen Vitae. Revue internationale de la formation religieuse, vol. XLIII, mars 1988, p. 79-85 – Quelle Église, quelle Wallonie, voulons-nous ?, Charleroi, Fondation Élie Baussart, 1989 – Avec COENEN M.-T, DHANIS T., LORIAUX F., NEUVILLE J., ROUSSEL L., Le Mouvement ouvrier chrétien 1921-1998, 75 ans de luttes, Bruxelles, EVO-MOC, 1996, en particulier le chapitre « Au tournant des années 70-80, des options fondamentales » dont il est l’auteur, p. 157-168.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241379, notice DHANIS Antoine, dit Tony. par Marie-Thérèse Coenen, version mise en ligne le 4 juillet 2021, dernière modification le 12 juillet 2021.

Par Marie-Thérèse Coenen

De gauche à droite : Tony Dhanis, Ernest Michel, cofondateur et directeur du Séminaire Cardijn de 1967 à 1985, et Marie-Claire Florin, 1ère femme permanente au Séminaire, s.d. (collection Cefoc).
De gauche à droite : Tony Dhanis, Ernest Michel, cofondateur et directeur du Séminaire Cardijn de 1967 à 1985, et Marie-Claire Florin, 1ère femme permanente au Séminaire, s.d. (collection Cefoc).
Tony Dhanis à la manifestation pour la paix en Ex-Yougoslavie, Bruxelles, 1994 (CARHOP, fonds Tony Dhanis).
Tony Dhanis à la manifestation pour la paix en Ex-Yougoslavie, Bruxelles, 1994 (CARHOP, fonds Tony Dhanis).

SOURCES :
- Fonds d’archives au CARHOP : Fonds MOC national, Secrétariat national, Dhanis Antoine, inventaire n°25 D, octobre 1998 – Fonds Tony Dhanis portant sur son mandat d’aumônier national – Fonds des anciens de la JOC-JOCF, notices biographiques, Dhanis Antoine ou Tony – Fonds Antoine Dhanis, papiers privés, non inventorié.
- Publications : ROUSSEL L., « Rencontre avec Tony Dhanis. Du MOC au Séminaire Cardijn, 14 ans de réflexion d’engagement et de travail sur le terrain », La Cité, 17 octobre 1985 – Vie féminine-Bruxelles, Voir au féminin, n° 86-87, 9 octobre 2005 – BRAU J.-C., « Tony Dhanis nous a quittés », En Marche, 18 septembre 2003 – BRAU J.-C., « Tony Dhanis, l’optimisme de l’action », Démocratie n° 20, [2003], p. 5-6 – Info CSC, 12 septembre 2003, p. 1 – Regards. Périodique mensuel du MOC Liège-Huy-Waremme, octobre 2003 – Informations communiquées par Étienne Mayence, membre de l’Institut séculier de Famille Cor Unum, ancien aumônier national des Équipes populaires (entre autres), 2021 – MAYENCE É., Quelques flashes sur l’histoire de la Famille Cor Unum, PPT – MAYENCE É., « Tony Dhanis, une grande figure de notre Famille rejoint le Père », Cor Unum. Revue de Famille Cor Unum, 2003 – Site Web : famillecoronum.com – PIROTTE J., « Les catholiques et la prise de conscience wallonne », dans PIROTTE J., ZÉLIS G. (dir.), Pour une histoire du monde catholique au 20e siècle Wallonie-Bruxelles. Guide du chercheur, Louvain-la-Neuve, ARCA - Église-Wallonie, 2003 – CHEZA M., « Tony Dhanis, prêtre et théologien wallon », Église-Wallonie. Bulletin de l’association Église-Wallonie, n° 1, 2006 – TONDEUR J., « Le Cefoc. Partie 1 : le Séminaire Cardinal Cardijn (1967-1990), Analyse en ligne du CARHOP, 2015 : « Le Cefoc. Partie 2 : le Séminaire Cardinal Cardijn (1967-1990), Analyse en ligne du CARHOP, 2015.

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